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I. SYMPTOMES DE i/EMPOISONNEMENT

a) Par l'ipécacuanha. — Si l'on fait absorber à un animal, à un chien, par exemple, une doso trop considérable de poudre d'Ipéca, on remarque les symptômes suivants.

Tout d'abord, des vomissements abondants qui peuvent rejeter toute la substance qui a été introduite dans l'estomac; puis, si la matière n'a pas été rejetée, se produisent des selles verdâtres qui peuvent même devenir sanguinolentes. L'animal est dans un état de prostration profonde; il est triste, se couche, a par moments encore des efforts de vomissements, puis succombe au bout d'un temps plus ou moins long, suivant la quantité de poison absorbée.

A l'autopsie, on constate les lésions suivantes : injection plus ou moins considérable de la muqueuse gastrointestinale, cœur arrêté en diastole, poumons en général exsangues.

Chez l'homme, les choses doivent se passer de la même manière; la rareté des empoisonnements par PIpécacuanha ne permet pas d'avoir des notions précises à ce sujet. Les vomissements sont de règle; la dysenterie, le ralentissement du cœur, la décoloration des téguments, la prostration des forces ont été relatés dans des empoisonnements incomplets. Il y a tout lieu de croire que les autres symptômes se retrouveraient dans les cas plus graves.

Les seuls cas d'empoisonnement un peu fréquents qui aient pu être relatés au sujet de l'Ipécacuanha sont ceux qui se produisent dans les pharmacies ou les drogueries lorsqu'on pile ou pulvérise la racine. L'aspiration de la poudre d'Ipéca donne alors lieu aux accidents suivants : des vomissements, une sensation d'étranglement à la gorge, des accès de dyspnée, de l'asthme, une toux convuisive; le teint devient terreux, livide, d'une pâleur mortelle. La conjonctive est injectée et tuméfiée ; il se produit des troubles de la vue et des frissons.

La dose toxique de la poudre d'Ipécacuanha est diffî •

cile à déterminer à cause des vomissements qui survien dront presque immédiatement après l'ingestion de la substance et qui en rejetteront de suite la plus grande partie. Dans la pratique, il nous semble prudent de ne pas en administrer plus de 2 grammes en une seule dose. La décoction peut se donner à des doses plus considérables. b) Par l'Émétine et ses sels. — L'Emétine, peu employée encore per os en thérapeutique, ne Test en injections hypodermiques que dans les expériences de physiologie. Ce sont donc surtout les symptômes de l'empoisonnement chez les animaux que nous avons à déterminer. Ces symptômes sont, à peu de chose près, les mêmes que lorsqu'il s'agit de poudre d'Ipécacuanha. Les chiens périssent à peu près quinze heures après l'absorption de gr. 036 d'Emétine, et les lapins après gr. 05. Les symptômes varient un peu, suivant l'espèce d'animal qui est soumis à l'expérience, suivant que les vomissements peuvent (chiens, chats) ou non (lapins) se produire. Quoi qu'il en soit, on remarque toujours des efforts dus aux contractions stomacales, la circulation du sang baisse, la mort est probablement due à la paralysie du cœur. Il est à remarquer que; dans l'empoisonnement par Tlpécacuanha en nature, les poumons sont exsangues,

tandis qu'ils sont gorgés de sang dans l'empoisonnement

par l'Emétine, ce qui tend à prouver que cet alcaloïde n'est pas le seul que contienne la racine brésilienne. Nous avons d'ailleurs émis déjà cette opinion dans l'étude chimique de la substance qui nous occupe.

Les accidents dus à l'ingestion d'une trop forte dose d'Ipéca ou d'Emétine répondent soit à l'action irritante du médicament sur les muqueuses (dyspnée, asthme, toux),

soit à son action sur le système nerveux et le système circulatoire (vomissements, pâleur des téguments, arrêt du cœur). Ces deux dernières actions peuvent d'ailleurs se confondre dans celle-ci : excitation du pneumogastrique.

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