CHAPITRE PREMIER
L'Ipécacuanha ' fut sans doute découvert par les Indiens, qui précédèrent les Portugais sur le territoire du
1 Synonymie de l'Ipécacuanha : Igpecaya, Pt0ay</,Purchas, 1625, Jean de Laet, 1640 ; — Jpecacuanha, Pison, 1648; Pomet, î 634 ; Monti, 1724, et presque tous les auteurs; — Ipepoeoanha, 1632; — Ipecacuana t Stroth;
— Hippecacuanha, Baglivi; — Hypecacuanha, Biessy, 1*780; — Ipécacoantia, Ipecacoanha, Marc g rave, 1618; — Herba Paris Brasiliana polycoccos, Raij, 1686; — Piquaquana, Saint Hilaire, 1702; — Badix Brasiliensis, Fermelhuis, 1706; — Periclymenum parvum Brasiiianum alexipharmacum^ Plukenett, 1720; — Periclymenum accèdent planta Brasiliana, floseulis oongestis albis. Hist. oxon. — Ipecaooanna, Père» boom; Walckierr, etc. 17t2; — Ipecacuan, Ipoeaouanha, d'Andrada, ifej;
— fpekakuana, Fleischer, 1823. — Radix dysenterica. — Ipéca. — Breohwurzel, Braakwortel, Krâkrot* Breakrod, Hippo, Ipêcac. — Poaya % cacosanga, Bexuyillo, Btguq'ieUo, Beoulo, Beloculo. — Mine d'or, etc.
Brésil. S'il faut en croire la tradition, l'homme aurait même été devancé par les animaux : les indigènes virent, dit-on, des Chiens sauvages déterrer cette racine, la manger et, au bout de quelques instants, éprouver des vomissements.
Un jésuite portugais, qui probablement vécut au Brésil de 1570 à 1600, nous rapporte dans ses mémoires, qui furent publiés en anglais, en 1625, dans les Voyages de Purchas *, que Ylgpecaya ou Pigaya était employé avec succès par les Brésiliens, contre le flux de sang. La description qu'il en fait et qui fut reproduite, en 1640, par Jean de Laet*, est très imparfaite; elle a donné lieu à quelques discussions; toutefois, le P. Labat pense que la substance désignée sous ce nom doit être ï ' Ipécacuanha mal nommé et mal décrit. La vertu purgative qu'on semblait lui reconnaître n'est pas même une raison à invoquer contre son identification ; il semble, en effet, très probable que le mot purge a été employé comme synonyme de vomitif, par les anciens écrivains anglais.
Guillaume Pison (De rnedicina Brasiliensi) et Georges Margorave de Liebstad (Historiée rerum naturalium Brasiliœ libri octo), dont les ouvrages ont été réunis en un
i Purchas : His Pilgrimes, vol. IV, 1311. Le manuscrit fut pris, bien contre la volonté de son auteur, par Francis Cook, de Dartmouth, dans un voyage qu'il fit au Brésil, en 1601. Il fut vendu 20 shillings à Hacket, qui remporta de Portugal en Angleterre ; ce traité, attribué a Mansel Tristam, enfermero del colegto de Baya, fut publié en 1625.
* Voici la description de Jean de Laet : « L'Igpecaya ou Pigaga guérit fort bien, comme on dit, la dysenterie. Son tuyau est haut d'une demi-coudée et sa racine est de même longueur. Elle produit pour le plus quatre ou cinq feuilles de fort mauvaise odeur. La racine étant pilée et laissée en l'eau au serin, et au matin donnée à un malade de ce qui a pu passer par un tamis, le purge eu telle sorte, qu'elle arrête par le même moyen le flux de ventre. »
seul volume, complétés et illustrés par Jean de Laet, en 1648, donnèrent les premiers une description un peu complète de l'Ipécacuanha.
Pison en décrit deux espèces :
1° L'une à racine épaisse, blanchâtre, nommée par les Portugais Ipècacuanha blanc; son action serait moins violente et conviendrait spécialement aux enfants et aux vieillards. Cette espèce croissait dans les endroits découverts, portait de nombreuses feuilles comme laineuses et de petites fleurs blanches;
2° L'autre espèce, qu'il dit se plaire dans les lieux couverts et même dans les bois les plus épais, était en partie rampante, portait 3 à 5 feuilles à son sommet et quelques baies noires ; la racine en était mince, tortueuse, noueuse, de couleur brune et d'une plus grande activité que la précédente.
Marcgrave ne décrit qu'une seule espèce (voir pi. I), qui se rapporte assez bien à la seconde de Pison ; voici textuellement cette description :
Ipecacoanha Brasiliensibus ex radice spithamse Ion gitudine et ampliori, flexuosa nodosa seu génie ulata, multis filamentis lateralibus prsedita, qweque corticem xltabet subruffum instar Tormentillse, int&nus autem alba est, ac in medio habens medullam, a qua reliquû substantia viridis radicis detrahi potest medullaque removeri; p*ogeneratur unus aut alter caulis semipedalis aut paulo longior, teres 9 lignosus, lentus, colwis cinerescentis ; partim terrœ incumbens, aliasque radiées agens, partim surrectus. In uniuscujusque hujus mmmitateseXjSeptemaut octo> utphtrimum. folia insu
dent y modo Herbse Paris, super tus saturât e viridia^ inferius dilutiora* nervo uno secundum longitudinem et multis venis transversisprœdita instar foliorum Lupini, ad tactum ut folia Asari, sed molliora. E medio foliorum in proprio pediculo enascuntur decem, duodecim aut quindecim flosculiincapitidum congesti, parvuli 9 albi, quinque foliolis constantes et totidem staminulis albis. Post flwes sequuntur totidem baccse brunnœ seu saturate baccœ coloris, magnitudine Cerasisylvestris; bacca continet intus pulpam albam, succulentam cum duobus granis seminis duris, flavescentibus, lenticularis figurée. — Aynat planta humidas sylvas... — In quibusdam plus superne quam inferne purgat.
On peut voir que cette description, que nous avons tenu à citer presque en entier, est très complète et qu'on ne peut lui reprocher, comme on le fait si souvent, d'être incompréhensible. Marcgrave est donc bien le premier auteur qui ait décrit l'Ipécacuanha ordinaire du commerce et l'étude qu'il en fait est beaucoup plus complète que celle de Pison qui est toujours cité en première ligne *.
Ce ne fut qu'en 1772, que Le Gras, qui n'était pas médecin 2 et qui était allé trois fois en Amérique, importa en France la racine brésilienne et la remit à un apothicaire #
1 Tournkport (Inst. rei herb.; Isagoge, p. 34) dit : Guilielmus Piso médiats Amstelœdamensis ejusqu* domcsticus Georgius Marogravius Liebstad, ce qui suppose qu'il existait des liens entre les deux auteurs, dont les ouvrages ont été réuni * par Jean de Laet. Mais ces deux traités sont absolument indépendants, n'ont pas été faits en collaboration et n'ont d'ailleurs plus été réunis dans les éditions postérieures.
* C'est ce qu'affirme James (Die t. us. de méd., trad. Eidou», 1747), bien que presque tous les auteurs qui ont écrit postérieurement aient cité un médecin du nom de Legros ou Legras.
, D*»|.rës Marcgiavk (mu. rr. nal. lira*.)
IPECACOANHA
du nom deCLAQUENELLE 1 , qui, l'administrant à trop hautes doses, nuisit à son succès.
En 1686, un marchand nommé Garnier 2 en apporta i50 livres, en France. Sur ces entrefaites, il tomba malade et fut soigné par un médecin du nom d'Afforty , auquel, après guérison, il offrit cette racine en témoignage de reconnaissance. Afforty refusa ; mais Adrien Helvétius, médecin rémois, qui raccompagnait, accepta et expérimenta Tlpécacuanha sur des gens de basse condition. Ses essais ayant donné des résultats satisfaisants, il obtint de Louis XIV qu'on expérimenterait Tlpécacuanha dans les hôpitaux et que, s'il réussissait, il recevrait, en récompense, le privilège exclusif de la vente de la racine brésilienne. L'une et l'autre conditions furent accordées à Helvétius, et le Dauphin ayant lui-même été guéri par cette substance, le médecin de Reims reçut, en outre, du roi mille louis d'or et plusieurs places honorifiques, à la condition de rendre public l'emploi de l'Ipéca. Garnier voulut aussi avoir sa part de ces avantages et intenta à Helvétius un procès en revendication; mais il fut condamné au Ghâtelet et au Parlement. Helvétius", resté maître d'administrer seul Tlpécacuanha, fut seulement obligé d'indemniser le droguiste. Ce médicament entra alors dans le domaine public, soit par suite des conventions stipulées entre le médecin et Louis XIV, soit que Garnier, pour se venger de son échec, en ait divulgué le secret. Un
i C'est ainsi que Pisrrk Pobijct (Uist. gèn. drog., 1694) orthographie le no.u de cet homme qu'il avait personnellement connu. Tout les auteurs disent Craquenel.
* Et non Grenier, comme on le dit depuis quelques années.
traité sur l'Ipécacuanha avait, d'ailleurs, déjà paru à Londres, en 1682.
Quant à l'Ipéca, apporté en France par Le Gras, il n'avait pas encore complètement disparu, et Poulain, gendre et successeur de Claquenelle, le remit en usage, sur les ordonnances d'Helvétius.
En janvier 1690, il fut soutenu à l'École de médecine de Paris une thèse * sur l'Ipéca, dans laquelle il est dit que les Américains en font beaucoup d'estime, comme antidote et pour la guérison de longues et fâcheuses maladies, principalement de la dysenterie. « Il faut, toutefois, dit l'auteur, se garder d'en faire prendre à ceux qui ont un flux hépatique. »
En 1694, Pierre Pomet, dans son Histoire générale des drogues, décrit trois espèces d'Ipécacuanha : le blanc, le brun et le gris. A partir de cette époque, on étudia beaucoup cette racine, et Leibnitz lui-même, en 1696, vanta son utilité contre la dysenterie. La vogue de la racine brésilienne était grande, en Europe, où on la vendait fort cher, et c'est d'Europe que sa réputation s'étendit aux établissements français d'Amérique. Le P. Labat raconte, en effet, en 1722, qu'un médecin français, nommé La Martinière, revenu depuis peu de Paris, rapporta aux Antilles une certaine quantité de cette racine, qu'il espérait vendre aussi cher qu'en Europe. Le P. Labat, qui a longtemps visité ces contrées, décrit trois espèces d'Ipécacuanha : le blanc, le gris et le noir; cette dernière était la meilleure et avait la réputation de ne se trouver que sur les mines d'or. On prétendait même, afin de la vendre
i Cette thèse dont nous n'avons pu trouver l'original est citée par Pomet
plus cher, qu'on n'eu pouvait recueillir qu'une douzaine de livres par an 1 . Voici la description que l'auteur a donnée de l'Ipécacuanha blanc :
Sa feuille est ronde, dentelée, d'un vert brun, tachetée de petits pointa rouges; elle est rude, parce qu'elle est couverte d'un petit duvet presque imperceptible, piquant à peu près comme les orties. Ses branches courent et rampent sur la terre sans s'élever; leur écorce, qui est assez mince, est d'un rouge obscur; le bois est gris ou blanc, spongieux, mollasse, flexible, en assez grande quantité. Les fleurs sont blanches, composées de cinq feuilles, avec un petit bouton qui produit des baies brunes qui renferment de pe tites semences en forme de lentilles de couleur jaunâtre, dures et amères. — La racine est longue, menue, noueuse, et de couleur blanche ou grise.
Quant à l'Ipécacuanha brun ou noir, il le décrit sur la foi d'autrui. Sa description n'est, en effet, que la traduction de celle qu'en avait faite Marcgrave. Il trouve que la première espèce est plus douce, convient aux femmes, aux enfants et à ceux qui sont d'une complexion faible ; l'Ipécacuanha noir, au contraire, serait plus actif et plus dange reux. « C'est, dit-il, le remède le plus spécifique pour la dysenterie et le flux du sang, jusqu'à ce qu'on mette quelque nouveau simple à la mode qui éclipse celui-ci, comme il est arrivé à tant d'autres dont on connaît à peine à présent le nom, quoique, dans le temps de leur vogue, on ne parlât partout que de leurs vertus et des effets miraculeux qu'ils produisaient. »
Après le P. Labat, de nombreux auteurs étudièrent les diverses applications de l'Ipécacuanha. Toutefois, il y
1 Pomkt disait déjà la même chose en 1694 et ajoutait que l'Ipéca était recueilli par ceux que Ton condamnait aux mines.
eut un moment de réaction et Neumann put, en 1781 , pour réhabiliter les vomitifs passés de mode, publier à Prague son Neglectus emeticorum per observata practicorum vindicatus.
Après la description de cette racine et l'étude de ses propriétés, devaient nécessairement venir les recherches sur sa composition chimique. Déjà, au commencement du dix-huitième siècle, Boulduc fait une analyse de l'Ipécacuanha ; plus tard, il faut citer les recherches de Lassone fils et Cornette (1779), Irvine (1784), Henry (1806), Masson-Four (1800). Mais toutes ces analyses, d'ailleurs incomplètes, ue conduisirent à aucun résultat positif. Ce n'est que depuis la découverte de l'émétine, par Pelletier et Magendie, en 1817, que les importants travaux d3 Dumas et Pelletier (1823), Klinsmann (1823), Vauquelin (1S28), Lofort (1869) Attfield (1869), Glénard (1875), Lefort et Wurtz (1877), Power (1878), vjn PjJwyssotzki (1880), Snelling, (1881), etc., firent connaître d'une façon satisfaisante la composition chimique de la racine brésilienne.
L'histoire de l'identification botanique des Ipécacuanhas vrais n'est pas moins intéressante que celle de leur découverte, de leur introduction en Europe et de leur analyse. Ray, dans son Histoire générale des piaules, pense que ce médicament est fourni par une espèce du genre Paris, de la famille des Asparaginées. Morison, Plukcnett, ont écrit que l'Ipécacuanha était produit par un Chèvrefeuille. Linné, dans la première édition de sa Matière médicale \ émit la même opinion; plus tard il rapporta cette racine à une espèce de Violette. Vandellé (1771) la nomma Pombalia lpecacuanha } genre voisin des Vio-
HISTORIQUE il
lettes et réuni postérieurement à VIonidium de Ventenat.
Des récits de voyageurs faisaient aussi rapporter la racine au Viola Boubou d'AuBLRT ou au Viola parviflora de Linné fils.
Par suite de cette ignorance ou de cette incertitude rela tivement à l'origine botanique de la plante productrice, on en vint à regarder, comme Ipécacuanha, toutes les racines des pays lointains qui avaient la propriété de faire vomir. On mélangeait ces racines dans le commerce, ce qui introduisit de la confusion dans leur nomenclature, encore plus dans les doses et par suite dans les effets de ce médicament, suivant la prédominance des racines de telle ou de telle espèce.
Cependant, en 1765, le célèbre botaniste Mutis avait envoyé du Pérou une nouvelle plante à Linné fils. Celuici la considéra comme la véritable espèce, la décrivit sous le nom de Psychotria emetica et cita, comme s'y rapportant, la figure de Marcgrave, sans remarquer que la disposition spéciale des fleurs de cette figure ne se retrouvait pas dans la plante nouvelle (voir pi. I).
La plante qui fournissait l'Ipécacuanha vrai avait été, toutefois, décrite par Aublet (Plant, de la Guyane, t. I, p. i57), sous le nom de Tapogonwa riofacea, et Swartz l'avait classée dans son genre Cephœlis (Nov. G en. et 8p. plant, p. 45). Mais on ignorait qu'elle produisît la véritable racine décrite par Marcgrave.
En i797, Antonio Gomez, médecin de la Marine portugaise, observa l'Ipécacuanha au Brésil, fit des essais de culture de cette plante et la rapporta à Lisbonne à son retour en 1800. Il consulta sur-le-champ don Avellar
l» HISTORIQUE
Brotero, professeur de botanique à l'Université de Goïmbre, et lui laissa ses échantillons, ainsi que les dessins de la plante qu'il avait faits au Brésil. Brotero lui dit que ce végétal appartenait au genre Callicocca du système de Linné. Sans s'en tenir à cette indication, Gomez publia la description de la plante, dès son retour à Lisbonne, et dut reprendre la mer. Son mémoire fut imprimé en son absence, avec une figure du Callicocca, par les soins de S. M. don Juan, prince régent. Pendant ce temps, Brotero envoyait en son propre nom, à la. Société Linnéenne de Londres, la description et le dessin 1 de la plante, sous le nom de Callicocca Ipecacuanha.
A son retour, Gomez réclama la priorité de la découverte et publia, en 1801, son Memoria sobre a ipecacuanha.
Vers la même époque, Hectot, botaniste de Nantes, ayant reçu de Brotero la plante en question, en envoya des échantillons à de Tussac, qui l'appela Cephœlis Ipecacuanha et fit paraître, à ce sujet, une note dans le Journal botanique de Desvaux. Tussac distinguait en même temps cette nouvelle espèce du Psychotria emetica de Mutis.
En 1818, Richard fils, dans un mémoire présenté à la Société de médecine, différencia d'une façon très exacte le Cephœlis Ipecacuanha et le Psychotria emetica. Il proposa de nommer Ipecacuanha an ne lé la racine fournie par la première espèce, et Ipecacuanha non annelé
1 Cetle figure fut reproduite par Merat dans Je Dictionnaire des sciences médicales (1818). Gomez la considère comme inexacte : « Il représente la tige du calicocca annulée, ce qui n'est pas; les branches ne sortent pas de la tige de la manière dont il l'a figuré, etc... » (Voir PI. II).
celle de la seconde. En 1820, dans sa thèse soutenue à l'Ecole de médecine de Paris, il compléta ces données et considéra la troisième variété ou Ipécacu an ha blanc, comme fournie par la Viola Ipecacuanha.
En 1820, Virey montra que l'Ipécacuanha blanc de Pison (Ipecacuanha amylacé de Mérat et de Lens) n'est pas fourni par le Viola Ipecacuanha, et le rapporta au Richardia ou Richardsonia brasiliensis. Cette racine avait, d'ailleurs, été déjà décrite, en 1801, par Gomez. La description de Virey est extrêmement complète et ne laisse rien à désirer.
On connaissait donc, en 1820, trois sortes d'Ipécacuanhas provenant des Rubiacées : 1° PIpp:cacuanha brun ou annelé, fourni par le Cephœlis Ipecacuanha ; 2° T Ipecacuanha gris ou non annelé, produit par le Psychotria emetica; 3° 1' Ipecacuanha blanc ou amylacé, dà au Richardsonia brasiliensis.
L'Ipécacuanha gris reçut bientôt le nom à! Ipecacuanha strié. Il fut étudié par Pelletier (1818), Guibourt, Vogl (1867), Attfield(1869), Georges Durand (1870).
En 1871, Charles Ménier décrivit, dans une thèse de pharmacie, toutes les espèces d'Ipécacuanhas et en fit l'examen microscopique.
En 1872, Planchon, dans un mémoire publié dans le Journal de pharmacie, 4° série, tome XV, décrit deux espèces d'IpÉCACUANH a strié: le majeur et le mineur, différant par la structure histologique autant que par l'aspect extérieur.
Enfin, il est d'usage actuellement, dans les traités do matière médicale, de décrire six sortes d'Ipécacuanhas vrais : l'Ipécacuanha annelé mineur (Psycholria
Ipecacuanha MuELL),ftp. annelé majeur ( Uragoga granatensis, H. Bn.), Tlp. strié mineur (origine botanique inconnue), Tlp. strié majeur (Psychotria emetica Mut.), l'Ip. ondulé mineur (Richardia scabral) et Tlp. ondulé majeur (Uragoga undata H.Bn.?).
Nous étudierons successivement ces différentes espèces.
Les effets physiologiques de l'Ipécacuanha et de Témétine ont fait le sujet des travaux de d'Ornellas (1873), de Pécholier (1862), de Ghouppe (1874), de Polichronie (1874), de Harnack (1875), de von Podwyssotzki (1880), etc. Quant à ses applications thérapeutiques, l'historique en sera fait lorsque nous aborderons leur étude.