‹ Etude des ipécacuanhasChapitre 53 sur 58 · FAMILLE DES ARISTOLOGH I ÂGÉES · texte numérisé non relu

FAMILLE DES ARISTOLOGH I ÂGÉES

raine, dans les Pyrénées, sur le Puy de Dôme, dans la Loire, la Côte-d'Or, dans toute la chaîne jurassique, dans le Dauphiné, au -dessus de la région des Vignes et principalement dans celle des Sapins.

De sa souche horizontale grosse comme une plume de corbeau, partent des sortes de hampes assez courtes terminées par une fleur et par deux feuilles géminées longuement pétiolées, réniformes, fermes, et persistantes. Leur parenchyme est peu résistant, légèrement charnu. D'un vert sombre en dessus, elles sont plus pâles en des sous, glabres, avec 5-6 nervures digitées à la base du limbe, et un réseau formé par les veinules anastomosées qui proéminent à la face inférieure du limbe. La coloration de la fleur est d'un vert plus ou moins vineux, lavé et tacheté de pourpre brunâtre, surtout en dedans du périanthe, dont les trois pièces triangulaires aiguës ou légèrement acuminées sont unies inférieurement dans une étendue variable. Leur préfloraison est valvaire. Dans l'intervalle des divisions du calice sont trois petites languettes aiguës et subuiées, alternes avec les sépales et qui tiennent la place de pétales. Peut-être représentent-elles des staminodes. Les étamines fertiles, épigynes et au nombre de douze sont formées chacune d'un filet court, et d'une anthère à deux loges allongées, extrorses, surmontées d'un prolongement subulé du connectif, égal au moins à la longueur des loges. L'ovaire, obconique, porte six arêtes longitudinales peu saillantes, équidistantes. Le fruit, dont le pédoncule se recourbe plus ou moins vers le sol, est une petite capsule coriace surmontée des restes du périanthe et s'ouvrant irrégulièrement. Ses graines nombreuses sont ovoïdes, un peu allongées, arquées, de cou-

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leur brune ou noirâtre ; et la production arillaire qui occupe leur raphé est allongée, charnue, faiblement mamelonnée et d'un blanc laiteux.

Les feuilles de cette plante ont été employées comme sternutatoires ; quant à son rhizome, il est usité depuis très longtemps à cause de ses propriétés vomitives énergiques. C'était certainement avant la découverte de l'Ipéca l'émétique végétal le plus employé. On le voit cité dans les plus anciens livres de matière médicale et de thérapeutique ainsi que dans les recueils de remèdes populaires.

Examen macroscopique. — La racine d'Asarum du commerce se présente sous forme *de fragments tortueux, souvent ramifiés, longs de 4 à 20 centimètres sur 1 millimètre de diamètre. Ils ont une couleur brun noirâtre, sont sillonnés de rides longitudinales par le fait de la dessiccation et présentent de distance en distance des sortes de nœuds d'où partent un plus ou moins grand nombre de radicelles de couleur plus claire que celle du rhizome. Celui-ci porte en outre souvent des débris de tiges et parfois quelques restes de feuilles. L'odeur est piquante et provoque des éternuements ; la saveur est fortement poivrée, très acre et irrite vivement la muqueuse buccale si on mâche quelques instants cette substance.

Étude chimique. — Lassaigne et Feneulle (1820) sont les premiers qui aient fait une analyse de la racine d'Asarum. Ils ont constaté dans cette substance la présence d'une huile volatile concrète ayant de grandes analogies avec le camphre ; 2° une huile grasse d'une âcreté remarquable; 3° une matière jaune, nauséeuse, douée de propriétés émétiques, analogue à la cytisine, et paraissant former le principe actif de la plante ; 4° de la fécule ; 5° du

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