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CONCLUSIONS

Les laryngocèles peuvent être définies comme étant de véritables hernies du larynx survenant à l’occasion d'une surpression intra-laryngée, dans un trajet congénitalement préformé.

Anatomiquement, on en distingue trois variétés :

1° Laryngocèle interne développée à l’intérieur de la cavité laryngée ; £

2° Laryngocèle externe, s’échappant du larynx pour s’étaler au devant de cet organe, entre les muscles de la loge antérieure du cou ;

3° Laryngocèle mixte, combinaison des deux variétés

précédentes. £

Dans l’une et l’autre variété, la poche de laryngocèle est formée complétement et exclusivement par la muqueuse laryngée herniée.

Cette poche, en tous points comparable à un sac herniaire, n’adhère ni aux musclés, ni au tissu conjonctif environnant. Quelle que soit sa minceur, on la reconnaît toujours facilement. On peut toujours la cliver et la séparer des plans environnants. Ù

Cette notion de paroi propre, indépendante, facile à libérer, à structure analogue à celle de la muqueuse laryngée, constitue la caractéristique anatomique essentielle. Elle suffit à individualiser la laryngocèle et à la séparer complètement des autres tumeurs gazeuses prélaryngées.

Cette hernie du larynx se constitue progressivement et parfois tardivement dans un trajet pré-formé dont l'existence est liée à une malformation laryngée congénitale.

En faveur de cette prédisposition congénitale plaident de nombreux arguments :

a) Arguments analomiques :

Normalement, le ventricule de Morgagni est prolongé par un diverticule, l’appendice, développé verticalement à l'intérieur de la paroi laryngée latérale et s’élevant jusqu’à 1 centimètre environ du bord supérieur du cartilage thyroïde.

Anormalement, et le fait a été vérifié par de nombreuses dissections, cet appendice peut se prolonger beaucoup plus haut, dépasser la hauteur du cartilage thyroïde, perforer la membrane thyro-hyoïdienne et s'étaler au milieu des muscles pré-laryngés.. Il en résulte la formation d’un sac ventriculaire extra-laryngé auquel il suffit d’être insufflé pour devenir laryngocèle.

b) Arguments cliniques :

1° On connait plusieurs cas de Jaryngocèles

AE “das

constituées dès les premiers jours après la naissance ;

2° Il existe plusieurs observations de laryngocèles bi-latérales, symétriques, pour lesquelles une explication purement mécanique ne saurait donner satisfastion. |

c) Arguments tirés de l'anatomie comparée :

Les formations ventriculaires extra-laryngées - ne constituent vraisemblablement que des vestiges ontogéniques rappelant la disposition normale observée chez certains mammifères. L’anatomie comparée apprend comment, chez le singe en particulier, on observe fréquemment des poches laryngiennes remplies d’air développées -au devant du cou et du thorax et en communication avec la cavité laryngée.

Dans ce trajet congénitalement pré-formé, la hernie laryngée s’effectue à la faveur d’un état de surpression intra-ventriculaire

Cet état peut être réalisé dans des conditions différentes :

1° Existence d’un obstacle sus-glottique (tumeurs, polype, hypertrophie des cordes vocales supérieures) ;

2° Destruction des cordes vocales inférieures permettant à l’air de s’engouftrer à l’intérieur des ventricules ;

3° Efforts expiratoires répétés expliquant en particulier les cas de laryngocèles professionnelles (souffleurs de verre, instrumentistes),

La confusion établie entre les diverses tumeurs gazeuses pré-laryngées a fait (enir pendant longtemps le traitement chirurgical comme difficile ou inutile et a fait conseiller un traitement plus simple par la compression. Celle-ci a donné sur la hernie du larynx-ce

que donne habituellement le bandage herniaire en.

d’autres régions. Nul doute que ce ne soit pas là le traitement de choix.

En réalité, toute laryngocèle, mais à la condition qu’il s'agisse vraiment d’une laryngocèle, et non pas d’une tumeur gazeuse pré-laryngée simple, doit être extirpée chirurgicalement.

La ‘laryngocèle vraie possède toujours une paroi propre. Cette paroi est indépendante des tissus environnants dont on peut toujours la séparer. Elle n’adhère ni au tissu conjonctif ni aux muscles. On peut toujours la disséquer facilement et, par conséquent, l’extirper.

Il est donc possible, pour tous les cas de laryngocèle de proposer une pathogénie simple et univoque et de donner des indications thérapeutiques précises.

Mais il est nécessaire dans ce but de séparer complètement cette affection des autres tumeurs gazeuses prélaryngées. |

Celles ci, d’ailleurs beaucoup plus rares, relèvent d’üun mécanisme tout à fait différent : elles sont conséculives à une perforation du larynx, à une effraction pathologique (tuberculose, syphilis) ou traumatique (tubage) de la paroi laryngée.

er 2e

L'épanchement aérien est ici enkvsté dans une loge artificiellement formée par les muscles, les aponévroses pré-laryngées et le cartilage thyroïde. Il ne possède pas de paroi propre ; la muqueuse laryngée qui s’est laissée perlorer mais qui n’a pas élé refoulée n’entoure pas l’épanchement gazeux.

Ce sont les insuccès opératoires obtenus dans des cas de ce genre, où on avait vainement tenté de cliver et d’extirper une poche qui n'existait pas qui ont fait longtemps déconseiller l'intervention chirurgicale dans le traitement des lar ÿngocèles.

Vu, le Doyen, | Vu, le Président de La thèse H. ROGER. P. SEBILEAU, Vu et permis d'imprimer :

Le Recteur de l’Académie de Paris, CHARLÉTY.

Cal + Le

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