GENDRES VOLCANIQUES
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avant de retomber sur le sol. C'est ainsi qull est fréquent que les cendres de TEtna, du Vésuve soient transportées en Grèce, en Asie Mineure, en Egypte ; en 1878 des cendres volcaniques d*Islande s'abattirent sur Stockholm distante de 1900 kilomètres, en ligne droite, du foyer éruptif.
Elles reiiferment en cristaux brisés ou quelquefois complets les feldspatbs de la lave (andésine, anortbite, labrador, oligoclase leucite), de Taugîte, de l'hypersthène, de la magnétite, du fer oxydulé, des agrégats microlitbiques d'angite etdeferoxydulé, et des parties vitreuses. Souvent des cristaux sont noyés ou soudés entre eux, par cette matière vitreuse dont la structure variable d'un cas à Tautre présente parfois des particularités intéressantes
Cette structure est tantôt pore use, buUeuse, tantôt esquilleuse, rappelant celles de^ larves bataviques, tantôt fluidale avec inclusions.
La composition du verre amorphe se rapproche de celle de Tobsidienne.
Fig. 7. — 1, augite ; 2, agrëgat d'augite et de fer oligiste; 3, matière vitreuse.
39. — Les plaines avoisinant les volcans se recouvrent d'une couche de cendres de 50 à 60 centimètres
d^épaisseur, tandis que, dans les ravins et les courbes, le vent en accumule parfois une hauteur de plusieurs mëtres. Même sous une faible épaisseur^ Taction des cendres sur la végétation est pernicieuse^ et ce, d'autant plus qu'elles seront davantage imprégnées d'acides sulfhydrique et sulfureux que Thumidité transformera ultérieurement en acide sulfurique.
40« Orages volcaniques. — Les pluies des orages volcaniques abattent sur le sol une fraction supplémentaire des cendres et quand elles sont suffisamment violentes, forment des torrents qui charrient une masse boueuse plus ou moins pâteuse qui détruit et renverse tout sur son passage. Ce sont les torrents de boue (voir n® 184).
41. Formation du cône volcanique. — L*émission par les cratères et Assures, des gaz, des projections du sous-sol, des projections laviques, des cendres, a une durée absolument variable ; quelques heures et souvent des mois, pendant lesquels les explosions continuent dans les profondeurs, souvent perceptibles à plusieurs centaines de kilomètres si grande est leur violence — avant que la sortie des Javes ne commence à s'effectuer (voir chap. VI).
Pendant ce temps, les divers produits tombés autour de la fissure ou du cratère circulaire forment un bourrelet périphérique qui croît chaque jour, pendant que d'autres débris tombant et roulant au pied du bourrelet ébauchent le cône volcanique que les laves consolideront. Notons seulement en passant, pour montrer la rapidité de construction des cônes que, en 1538, celui du Monte-Nuovo s'éleva en 48 heures.
42. Emissions gazeuses. — Simultanément^ par les Assures nouvelles ou réouvertes, sortent des dégagements gazeux dont le rôle est très important ; on les désigne sous
TUFS ET CINÉRITES 37
le nom de fumerolles et nous prions le lecteur de se reportei% pour ce qui les concerne, au chapitre III.
43. Tufs et cinérites. — Les projections grossières ultérieurement agglutinées par les eaux peuvent prendre une grande dureté avec le temps, et des éruptions successives venant chacune accroître Tépaisseur du dépôt engendreront des masses stratifiées souvent d'une grande puissance, dénommées tufs.
C'est une couche de cette nature et d'une puissance de 45 mètres qui recouvre Herculanum.
Ces dépôts peuvent aussi se former dans un lac, une rivière, une mer, aussi renferment-ils souvent des débris végétaux et animaux qui se manifestent à nous par des empreintes, des restes siliciflés ou simplement pétrifiés.
Les cendres produisent des dépôts analogues, de couleur blanche ou grise pouvant renfermer des débris de la faune et de la flore de l'époque. Au Pas de la Mogudo, près Vie sur Cère, dans le Cantal, se trouvent des bancs de cinérites particulièrement riches en empreintes végétales.
Les dépôts alluvionnaires ou stratifiés, intercalés dans les tufs et les cinérites permettent de se rendre compte de la succession des éruptions, de leur chronologie et de leur âge géologique.