REFROIDISSEMENT DES LAVES
localité est ou non en danger quand une très grande distance ou des obstacles naturels suffisamment importants ne la séparent point du volcan*
5*7. Refroidissement des laves. — Contrairement
à ce que l'on croirait, les éruptions volcaniques provoquent peu d'accidents d'origine calorifique tant aux abords du cratère que sur le trajet des coulées.
Ainsi, un cône volcanique recouvert d'un manteau de neige et de glace, en temps de repos, conservera en partie celte couverture durant la phase éruptive. Au moment de l'explosion, des débris de neige et de glace seront projetés avec des scories et si l'épaisseur de neige est suffisante, la lave coulera sur celle-ci sans en amener la fusion jusqu'au sol.
L'eau de fonte de la neige et de la glace forme avec les cendres et les scories des torrents de boue et produit des inondations souvent plus malfaisantes que l'éruption lavique.
L'éruption du 26 Juin 1877, au Cotopaxiy dont le cratère €f^t à une altitude de 5 943 mètres, au sommet d'un cône de 40° d'angle, amena la fusion d'un dixième seulement de la neige et de la glace qui recouvraient la montagne, et cependant la lave s'épanchait par le pourtour entier du principal cratère. Les torrents de boue arrivaient en plaine à la vitesse de 10 mètres par seconde, charriant des blocs de glace mélangés à des cendres et des scories.
Souvent même, la neige et des couches de cendres et de lapilli alternent, parfaitement stratifiées. Les volcans Cotapaxi et Chillan montrent celte disposition.
Il est rare que les laves provoquent des incendies par leur contact ; quand ceux-ci surviennent dans les localités envahies, ils sont généralement dus à la chute d'un appareil d'éclairage, ou d'un objet facilement inflammable dans un foyer quelconque. La preuve en est que si une coulée rencontre une forêt ou même un seul arbre, elle enserre le
tronc, noie les branches et les feuilles, mais sans en carboniser les tissus extérieurs. On a vu des feuilles imprimer leur empreinte dans la lave sans présenter de traces d'altération.
L'exiguité de la quantité de neige amenée à fusion sur le cône et la non altération des tissus végétaux cependant très fragiles sont dues à ce que la surface extérieure de la lave se prend très rapidement ; la très faible conductibilité calorifique de la lave forme écran entre la masse interne en fusion et l'objet en contact.
Mais une conséquence de cet état de choses est la très longue conservation d'une température élevée au centre de la coulée : souvent l'explorateur marche sur une lave solidiflée, froide, dont le centre est encore à la température du rouge.
Au Vésuve, Spallanzani enflammait un bâton en le plongeant dans les fissures de la croûte d'une coulée épanchée depuis onze mois.
58* Volumes de quelques coulées* — Rien n'est plus variable même pour un volcan en particulier.
A titre d'exemple, nous citerons le volume de quelques coulées 0).
Eruption du Vésuve en 1794, volume de la coulée : 23400000 mètres cubes correspondant à un côté de 286 mètres.
Ile Bourbon, en 1776, volume de la coulée : 68700000 mètres cubes, correspondante un côté de 410 mètres; et en 1787, volume de la coulée : 86 000 000 de mètres cubes, correspondant à un côté de 440 mètres.
En 1852, au Mauna Loa, la coulée mesura 50 kilomètres de longueur, 200 mètres de largeur, 100 mètres de profondeur. A 16 kilomètres du cratère, on voyait par les fissures de la gaîne la lave à la température du rouge vif.
(1) De Lapparent. — Traité de GéologiCy p. 406.