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COULÉES DE LAVES — MORAINES

Elles se présentent en masses aux replis ondulés, tordus en spirales, cannelés, repliés sur eux-mêmes avec des lambeaux tordus, formant les laves cordées.

Au cours de sa marche, la coulée se solidifie à l'extérieur, maïs moins vite que les laves acides et la gaine scoriacée se formant plus lentement, conserve plus longtemps sa flexibilité et ne présente pas Taspect déchiqueté et hérissé des coulées acides ; mais l'allure du phénomène reste la même» et quand rémission des laves prend fin, le front de la coulée continue à avancer et la colonne d*amont poursuit sa descente à rintérieur de la gaine ; grâce à la grande fluidité de la matière, le chemin parcouru par le front pourra être considérable, sans apport de nouvelle matière, et les vides à l'amont se trouveront être très grands.

Tel est le mode de formation des tunnels d'Angra, aux Açores, dont Tun mesure plus de l.OOOmètres de longueur sur 10 mètres de largeur et 6 mètres de hauteur, et de la grotte de Graciosa, toujours aux Açores, dont les dimensions principales sont 2.000 mètres, 100 mètres et en hauteur 30 mètres.

Des grottes et cônes creux produits le long des coulées par des explosions ratées ou Taccumulation des gaz de fumerolles se rencontrent aussi, mais avec des dimensions plus grandes que dans le cas de laves acides. La grotte de Rosemond, sur une coulée du cône Bory, à la Réunion, mesure 40 mètres de longueur, 20 mètres de largeur et 5 mètres de hauteur.

Les couloirs et grottes^ dans les laves basiques, sont généralement couverts à l'intérieur d'un enduit vitriflé et portent des stalactites descendant des parties élevées et dont rassemblement reproduit les illusions d'optique des stalactites des grottes calcaires.

La prise en masse des laves basiques s'accompagne de la subdivision en prismes hexagonaux dans les conditions que nous avons énoncées plus haut pour les laves acides.

MiRON. — Les phénomènes volcaniques. 4

50 LES ÉRUPTIONS VOLCANIOUES

55. Coulées interrompues. — Il arrive parfois qu'une lave très fluide suivant une pente très raide ne donne pas une coulée continue de Toriflce de sortie jusqu'au front, et que ce soit en quelque sorte par paquets que la lave descende. Aussi^ quand le tout est solidifié, trouve4-on sur les pentes douces des masses de lave réunies entre elles, et sur les pentes raides, des blocs, des paquets isolés de lave.

Ce fait s*est souvent produit dans la Cordillère des Andes et à nie de la Réunion.

56. Vitesse d'écoulement des laves. — Antérieurement aux études de Sainte-Claire Deville on admettait que l'état de la surface extérieure d'une coulée reflétait Tallure et la pente du sol sous jacent, car on ne tenait pas compte de l'influence des trois éléments qui entrent en jeu : la fluidité de la lave, la valeur de la masse en mouvement^ la pente du sol. Depuis, on a reconnu qu'aucune règle précise ne peut être établie et que Ton doit se contenter d'évaluations approximatives de la vitesse que prendra la lave sur une pente déterminée — et de la distance qu'elle parcourra avant de se prendre en masse.

En effet, d'après Sainte-Claire Deville (*), une coulée du Vésuve s'épancha liquide sur une pente de 30* et se solidifia en partie là où le sol présentait une inclinaison plus grande, de 35*. Au Mauna Loa, des coulées se solidifièrent sur des pentes de 60* et même de 80*.

On ne peut donc considérer que les vitesses extrêmes contatées sur des coulées : 8 mètres et O^jOB par seconde.

Toutes autres conditions égales, la distance que la coulée parcourra dépendra de l'importance de masse de la lave en mouvement et de ce que Ton peut appeler la densité de lave sur la coulée considérée. On ne peut donc dire, apf^iofi, si une

(1) JBulL s. G. F. (2) XII, p. 1073.

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