‹ Étude des phénomènes volcaniquesChapitre 4 sur 105 · DU FOYER D'ÉBRANLEMENT · texte numérisé non relu

DU FOYER D'ÉBRANLEMENT

1. — Des frémissements agitent le sol d'une façon à peu près constante et ce n*est que par exception que nos sens en perçoivent l'existence, quand Tamplitude du mouvement atteint une certaine valeur.

Les mouvements imperceptibles sont appelés microséismes par opposition à ceux que nous ressentons directement et que l'on désigne sous le nom de séismes.

L'étude des microséismes se fait à l'aide d'appareils très délicats, les tromomètreSy et celle des séismes utilise des

MiRON. — Les phénomènes volcaniques. 1

sismographes et des sismomètres^ les premiers révélanl l'existence de rébranlement et la direclion qu'il a suivie» les seconds donnant la mesure de Tintensité de la secousse. Les indications sismographiques sont généralement fournies par le déplacement d'un pendule ou de la colonne de mercure d'un baromètre recourbé.

9. Sismographe à pendule. — Un pendule très flexible est terminé par un style qui frotte contre une surface spbérique et concentrique à l'arc de cercle décrit par la pointe du style.

Cette surface courbe est recouverte d'une couche parfaitement unie de sable très fin ou de papier enduit de noir de fumée.

En temps normal, le pendule est immobile et la trace du style est un point. Une secousse vient-elle à se produire, le pendule est déplacé dans le sens contraire du mouvement et le style décrit une ligne continue sinueuse, enchevêtrée, photographie du mouvement de la masse pendulaire, et dont l'aspect indique les directions des forces principales qui ont agi et montrent, par suite, la direction du mouvement sismique.

3. Sismographe à mercure. — Ces appareils reposent sur ce principe que si Ton abaisse ou élève brusquement un baromètre recourbé, à mercure, la colonne liquide prend un mouvement de sens contraire au déplacement.

Généralement, l'appareil comprend une série de tube» répartis circulairement, de façon qu'il s'en trouve toujours un dans la direction du mouvement, d'où qu'il vienne. Des index permettent de suivre les oscillations des colonnes^ de mercure.

4. Sismomèlre. — Destiné à donner une idée de l'amplitude de la secousse, le sismomètre comprend les mèmea^

MICROSéiSMES 3

éléments que le sismographe précédent, mais le mercure arrase reKtrémité de la petite branche.

L'amplitude de la secousse a pour mesure la quanlilé de mercure projeté, au passage du séisme, hors de la petite branche du tube dont la direction coïncide avec celle du mouvement sismique.

5. Microséismes. — Après avoir écarté les causes externes de microséisme telles que le grand vent, les marées, les coups de tonnerre, les chocs contre le sol provoqués par rhomme, on constate qu*une liaison intime existe entre les microséismes d'une part, les tremblements de terre et les variations de la colonne barométrique d'autre part.

D'après M. de Rossi, les indications du tromomètre peuvent permettre de déterminer la zone dangereuse si le microséisme se transforme en séisme ; et la conclusion que ce savant a tirée d'expériences microphonîques qu'il serait trop long de résumer ici, est que les microséismes sont dus à des mouvements de masses gazeuses dans les profondeurs du sol.

6. Séismes artificiels* — Toute cause de mouvement des couches de l'écorce terrestre étant susceptible de provoquer un séisme, il y aura lieu de distinguer ceux dont l'origine réside dans les couches superficielles du sol.

Les séismes de cette catégorie sont peu intenses et n'affectent qu'une zone peu étendue ; ils sont dus généralement à la disparation par dissolution de masses salines, de sel gemme par exemple, et Ton sait qu'il existe des couches de cette matière dont la puissance dépasse plusieurs centaines de mètres et dont la longueur atteint plusieurs kilomètres.

Les régions salifères sont le siège de fréquents séismes.

\ THEMBLEHENTS DI TEBHB

nais en raison de l'origine du phénomène nous n'insiste- «DS pas davantage.

T. Sélsmes. — l^s séismes perceptibles à nos sens et lésignës sous le nom général de tremblements de terre sont les secousses produites par des mouvements du sol gui leuvent être horizontaux, verticaux ou ondulatoires ou ésulter de la combinaison de ces mouvements entre eux.

Suivant que le mouvement est vertical ou horizontal, observateur reçoit un choc venant d'en bas ou de c6té, et |uand la forme est ondulatoire, il croit marcher sur le pont 'un bateau par une mer agitée et perd la notion de l'équiibre.

L'intensité des secousses varie depuis le frémissement à eiae sensible jusqu'au choc qui renverse les édifices les [lieux construits.

Nous citerons comme effet de secousses verticales : la rojeclion de personnes, par dessus une rivière, sur une oUine haute de 80 mètres, à Rio-Bamba en 1797 ; en 1885,

Forio-Ischia, le transport d'une jeune îllle, du sol de la lie sur un rocher de 23 mètres de hauteur, à la distance de 00 mètres.

Les mouvements ondulatoires produisent les effets les lus bizarres : On voit les murs des maisons se lézarder, nis se refermer, les arbres s'incliner au point que leurs mes touchent le sol, puis se redresser; divers observaiiirs l'ont constaté tant en Calabre en 1883 qu'au Brésil a 1811.

Les parties élevées des édifices peuveift osciller sans que ur base semble bouger ; c'est ainsi qu'au cours d'un iS séismes qui touchèrent Madrid, les spectateurs aux irties élevées d'un thé&tre sentirent l'oscillation alors l'au parterre personne ne se doutait qu'un tremblement ) terre venait de se produire.

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