ÉRUPTIONS DE BOUES
Les fumerolles fonctionnent comme dans le cas ordinaire.
Faisons observer que, presque toujours, ces éruptions boueuses ont lieu sur des volcans qui ne rejettent plus de laves proprement dites et que ces dernières, quand elles étaient épanchées, appartenaient à la catégorie des laves acides ; cette considération explique l'explosion brutale du cratère et, en même temps, la soudaineté et la violence des déluges de boues.
La boue, le plus souvent à la température de TébuUition, est acide et elle descend du cratère ou des fissures latérales, renversant tout sur son passage et s'étalant dans la plaine, au pied du cône.
La vitesse de translation des boues est, toutes autres conditions égales, presque toujours supérieure à celle des laves ; elle peut facilement atteindre 36 kilomètres à Theure, soit iO mètres à la seconde.
184.— S'agit-il d'une véritable éruption de boue? Le produit a-t-il été élaboré dans les profondeurs du sol ?
A l'heure actuelle, on ne possède aucune certitude sur Torigine du magma, mais de l'avis de presque tous, et en particulier de Fuchs, de de Lapparent et de Junghuhn qui, particulièrement, étudia de près les éruptions boueuses de Java, — la formation de la boue dans l'intérieur du cône serait un accident, et aurait pour cause la rupture d'un réservoir d'eau soit extérieur, dans le cas des cratères lacs, soit intérieur. L'eau se mélangerait aux cendres, aux débris de la cheminée et de la surface, emprunterait à la colonne de gaz ses éléments acides, solubles et formerait ainsi la boue que les gaz chassent devant eux et forcent à sortir.
Cette hypothèse est basée sur ce fait que les éruptions boueuses n'ont été constatées que sur des volcans réputés comme possédant un lac dans le cratère ou sur les flancs
133 LES ÉRUPTIOffS VOLCANIQUES
et qoe, éaaa les boues fréquemment rejeléea par les volcans des Andes, on a trouvé des poissons et des organismes ïMonnii» daas la régioa — ^u'eo&a la masse de boue rejetée est, autant qu'on l'a pu constater, proporliouDALLe à celle de L'eau du lac.
185. — L'action dévastatrice des éruptions de boues est au moins aussi grande que celle des laves.
En Islande où, pour certains volcans du moins, la boue semble avoir succédé aux laves, notamment au Scaptar Jokttlt le phénomène est grandiose (voir n" 240) et si le nombre des victimes est parfois des plus restreints, cela tient à ce que la presque totalité de la population habite des régions trop éloignées des centres éruptifs.
A Java, les éruptions boueuses oot une intensité et une soudaineté extraordinwres : les laves font presque toujours défaut dans cette région.
La coulée boueuse du Papandajan, en f~73, mesurut 12 kilomètres de longueur et 4 kilomètres de largeur avec une profondeur atteignant par endroits IS et 18 mètres.
En 1823, le Galvengceng engloutit plus de 10.000 personnes sous un fleuve boueux.
Le mont Pelé, h la Martinique, a rejeté, en 1903, des boues brûlantes et acides, à différentes reprises et dans diverses directions.
180. — L'allemanee des boues avec les lares, au cours de Dombreuses éraptions, s'esptique par l'origine du ni^iiBa que nous avons indiquée.
fea de btHiea. — À différentes teiiriaes, oa 1 début de l'éruption de certains volcfUi& à é, qu'un fleuve boueux descendait du craUo'e ; 'au cours de la crise, le phénomène se repro-