GH
Az avec 10 o/o d'air 54,20 »
D'autre part, M. Gautier a montré qu'au rouge, le sulfure de fer traité par la vapeur d'eau se transforme en magnétite et bydrogène sulfuré. Ce dernier gaz, d'après les expériences de l'auteur, attaque, quand il est porté au rouge, les silicates avec formation d'hydrogène libre et de siilfosilicates, sels correspondant à des silicates dont une partie de l'oxygène est remplacée par du soufre.
r4es sulfosels se décomposent sous l'action de la vapeur d'eau à la température de 200 à 300° G avec formation de sulfures solubles.
Les principes sulfureux de l'hauyne, du lapîs, de Foutremer, seraient des sulfosilicates, et d'après M. Gautier, le granit et les autres roches acides contiendraient des sels de cette catégorie.
€ En résumé, dit M. Gautier, le soufre des sulfures métalliques est déplacé au rouge parla vapeur d'eau, sous forme d'hydrogène sulfuré qui, par dissociation, donne à son lour de l'hydrogène et du soufre libre. Les sulfosilicates se forment à leur tour quand, aidé des agents réducteurs, en particuUer des hydrocarbures, le soufre peut agir au rouge sur les silicates des roches profondes. Les sulfures solubles
et particulièrement celui de sodium et la silice ont pour origine la décomposition ultérieure des sulfosilicates parTeau. Si Tacide carbonique est présent, les carbonates alcalins prennent également naissance. L*oxysulfure de carbone se forme en même temps que les sulfosilicates par réaction, au rouge, des gaz carbures et du soufre sur les silicates naturels. Dès que Peau intervient, cet oxysulfure est décomposé en hydrogène sulfuré et en acide carbonique, acide dont le carbone a été emprunté aux carbures métalliques et Toxygène aux silicates.
L'hydrogène libre provenant de la réaction de Teau ambiante sur les sels ferreux s'écoule par les failles et avec les eaux minérales ; Toxyde de carbone provient de la réduction au rouge de l'acide carbonique par Thydrogène et pour une autre partie des carbonates renfermés dans les roches acides. Les hydrocarbures, en particulier CH*, accompagnés de pétrolènes et de traces de carbures benzéniques proviennent de l'action de l'eau sur les carbures métalliques ; l'azote et l'argon ont pour origine des azotures et des argonures ».
Du reste, des croûtes cristallines de Az^Fe* etd'Az^Fe'^ont été recueillies sur les laves de l'Etna.
L'ammoniaque provient de la décomposition des mêmes azotures qui, en réagissant à chaud sur l'acide carbonique et l'hydrogène sulfuré donnent des sulfocyanates ; les corps azotés ou amidés plus complexes semblent provenir de Faction réciproque de l'hydrogène, de l'oxyde de carbone et de l'ammoniaque dont la combinaison est favorisée par la porosité des roches »>.
Les roches éruptives ayant été formées et épanchées dans des conditions rappelant les éruptions actuelles, doivent contenir des traces des gaz que nous avons vu se former par l'action de la vapeur d'eau sur ces mêmes roches.
Voici, pour rammonîac et Tiode, les teneurs que M. Gautier a décelées :
Ammoniac :
grammes par kilogramme de roche
Granité de Vire 0,034
» d'Andorre 0,023
» de Cauterets 0,070
» de Fontana 0,130
» de Vologne 0,180
» de Clermont 0,041
Granulite en poches et filons à 40 o/q
d'apatile 0,110
Basalte d'Espaly 0,300
Micaschiste du Haut Tyrol 0,024
Apatite du Canada »
Iode :
milligrammes par kilogramme
de roche
Granité de Cauterets 1,25
Mica du granit ci-dessus 0,78
Granit à mica jaune de Clermont . . 0,23
Granulite 0,17
Micaschiste »
Apatite chlorée fluorée de Norwège. . 0,23
Apatite du Canada »
Ophite de Yillefranque »
En outre de l'explosion provoquée par la rupture de l'enceinte qui contient ces gaz surchauffés, vient s'ajouter TefTet produit par Tinflammation de l'hydrogène arrivant au contact de l'air.
D'après les calculs de M. Brun (^) une roche contenant 4 7o d'eau de constitution et simplement échauffée peut fournir assez de matière explosible pour projeter le double de son poids à 5 kilomètres de distance, en acceptant un rendement volcanique égal à celui d'une bouche à feu.
Néanmoins certaines éruptions présentent une soudai-
(1) Bull. So, nat, de Genève,
neté et une violence qui ne paraissent pas correspondre à la quantité apparente d^explosif hydrogène.
Cela tiendrait, d'après lui, à ce que une roche échauffée produit sur son enveloppe, en dégageant des gaz, une pression plus grande que toute grandeur connue si la densité des produits après la chauffe est plus petite que la densité de la roche primitive.
Cette condition réalisée dans les expériences de M. Gautier permettrait, d'après M. Brun, d'appliquer aux roches le principe ci-dessus et désigné, dans Tétude des explosifs, principe du co-volume.
!216. — Nous ne nous rendons pas compte pourquoi l'hydrogène si abondant dans les gaz obtenus par M. Gautier est très rare dans la colonne de fumée où les flammes sont des phénomènes peu fréquents et surtout pourquoi on ne le rencontre qu'exceptionnellement dans les fumerolles?
217. Théorie des influences sidérales.— Défendue par H. de Parville, Dierckx d'Anvers, Boudin de Londres, niée par des autorités comme M. de Lapparent de même par des astronomes et M. C. Flammarion est de ce nombre, cette théorie n'a pas encore acquis droit de cité. Néanmoins, elle recrute de nouveaux adeptes, aussi Texposerons-nous en remerciant ici M. Dierckx, astronome à Anvers, des renseignements si précis qu'il a bien voulu nous communiquer et nous ne saurions mieux faire que de reproduire les deux lettres qu'il a bien voulu nous adresser :
a Nous avons eu la curiosité de rechercher jusqu'à quel point les circonstances astronomiques peuvent avoir secondé, ou même provoqué l'effroyable cataclysme de la Martinique.
Au 8 mai, le Soleil et la Lune, dont l'attraction détermine nos colossales marées terrestres et souterraines, étaient non seulement en périgée, mais rapprochés en déclinaison et en
TUÉORIE DES INFLUENCES SIDÉRALKS 159
ascension droite au point que l'explosion de la Montagne Pelée a coïncidé avec une éclipse de soleil.
Il y a même lieu de se demander si la sagesse des nations n*est pas dans le vrai en attribuant aux éclipses une influence néfaste, puisque les mêmes faits doivent produire les mêmes causes lorsque les circonstances primitives se représentent.
Le parallélogramme des attractions exercées par le soleil et la lune détermine, par suite de la rotation diurne, la formation d'une vague dont la crête est dirigée suivant un méridien, et qui affecte non seulement l'atmosphère et Tocéan, mais aussi la croûte teiTestre et le noyau fluide du globe. Ce quadruple ellipsoïde de révolution, toujours à la poursuite des deux astres, serait très régulier dans les quatre couches à peu près concentriques, n'étaient les résistances qui interviennent et exagèrent par endroits l'amplitude de la marée. La marée atmosphérique, ne rencontrant pas d'obstacles, est très régulière et peu marquée ; la marée océanique, fortement contrariée, est beaucoup plus capricieuse. Les continents parallèles aux méridiens arrêtent et exaltent la vague, en vertu de l'impulsion reçue par celle-ci; et lorsque des détroits, des étranglements viennent s'opposer au passage normal des cubes d'eau entraînés, il se produit de remarquables coups de bélier. C'est ainsi que, sur les côtes de France, l'amplitude va jusqu'à dépasser 13 mètres, alors que normalement elle est de 78 centimètres à réquateur.
Eh bien, il me semble impossible de séparer de cette idée de marée océanique celle d'une marée souterraine aux puissants et redoutables ressacs. Océan igné à densité crois, santé, mer interne encore bouillante, origine des geysers lacs d'hydrocarbure d'où la pression fait jaillir les sources de pétrole auxquelles s'alimente lunivers, doivent au même titre que l'océan extérieur rouler la vague méridienne à amplitude maxima vers Téquateur, et présenter des puis-
CAUSKS DU VûtCANISMK
phénomëoes de ûux et de reflux. Leurs ûols gonQés lîsenl nos tremblements de terre dûs au frottement e les parois des galeries étranglées, et déterminent 'à un certain point la direction des secousses, d'autant vives qu'elles se rapprochent des marées de vives
Des courants d'une force incalculable se brisant sur e déchiquetée de la croûte intérieure, impalients de' irser les mille obstacles qu'elle leur oppose, doivent y er les rives, miner l'appui des voûtes et les faire s'efer, mettant en communication des bassins dangereux air, et déterminant de redoutables combinaisons chi-
croûte terrestre elle-même, trop laissée hors de cause 'à présent, subit l'action des marées disloquant sa i peu plastique et menaçant constamment de rupture plis de moindre résistance, comme ont été menacées npues sur la lune ces lignes de fumerolles aux sublins blanches, réunissant les cratères qu'elles traversent onnant notamment tout autour de Tycho Brahé.
circonstance du périgée lunaire coïncidant avec une e, sera d'autant plus significative pour les initiés, que eil et la Lune passaient littéralement au zénith delà nique pendant la terrible période. Ainsi, la Montagne est située par 15° de latitude, alors que le Soleil darar 17° 1/2, soit à peine deux degrés en dehors de la .aie surplombant le cratère, et la Lune presque exacil n», soit plus près encore du point considéré. Enfin, dis, jour de l'Ascension et jour de l'explosion qui 'a dans les airs le cône supérieur du volcan, c'est à res du soir que se présente le périgée lunaire. ir les profanes ces chiffres demandent quelques expli- 13, d'ailleurs très simples.
au moment de la destruction de Saint-Pierre de la nique, nous eussions regardé le soleil chez nous, nous