THÉORIE DES INFLUENCES SIDÉRALES
Taurioas vu à peine séparé de la lune. En effet, il y avait eu du 7 au 8 mai une éclipse de soleil, ce qui veut dire que Tastre des nuits venait à peine de glisser devant le rayonnant Phébus.
Pendant que la terre tournait, par conséquent, sous les deux globes et lui présentait successivement tous ses méridiens — celui de la Martinique compris — les deux géants célestes qui produisent nos puissantes marées, exerçaient leur action en commun : ils tiraient de toute leur force dans une seule direction.
Mais, il y avait plus. La force des deux colosses s'exaltait parce fait qu'ils étaient placés à une proximité rare — la lune surtout, dont l'influence est prépondérante. En effet, l'attraction augmente comme le carré de la distance diminue, de sorte que la douce Phébé a une puissance d'attraction autrement grande à son périgée, c'est- à-dire à son passage près de la terre, qu*à son apogée où sa distance est la plus grande. Or, les deux circonstances réunies que nous venons de signaler, c'est-à-dire la réunion des efforts du Soleil et de la Lune, plus l'exaltation des forces par le rapprochement de nous, ne sont pas les seuls facteurs qui aient concouru à la catastrophe.
En effet, Lune et Soleil eussent pu passer dans des régions plus australes ou plus boréales de la Terre, au moment considéré. Or, il se trouve, comme nous le disions au début, qu'ils ont passé au zénith de la Martinique, c'est-à-dire qu'un fil à plomb abaissé des deux astres fût tombé sur les Petites Antilles au passage méridien. Gela fut ainsi successivement pour tous les méridiens, et il n'y a pas jusqu'aux entrailles volcaniques de l'Espagne qui n'aient senti la terrible attraction, puisqu'à Alicante et à Elche il y eût des tremblements de terre.
Inutile, d'ailleurs, d'aller si loin. Il y eût à Anvers — et il devait y avoir à Anvers, qui n'est cependant pas situé à
MiRON. — Les phénomènes volcaniques. il
18^ de TEquateur — une des f^randes, sinon la plus grande marée de Tannée. En effet, le 9, le coefficient de hauteur qui oscille entre 25 et 165 atteignait, en quelque sorte, le maximum, toujours par l'effet combiné des attractions lunaire et solaire.
Lors de Téruption du 30 août, ce coefficient était de 104.
Toutes ces circonstances réunies ont provoqué aux Antilles une marée extraordinaire, en agissant tant sur les eaux de rOcéan que sur les matières ignées du globe. Les eaux de TAtlantique ont, soit par leur élévation, soit par leur pression, trouvé le point vulnérable de la région volcanique, une colossale infiltration s'est produite avec l'épouvantable conflit qui s'ensuit entre l'eau et le feu, et la Montagne Pelée a sauté comme une chaudière ne résistant pas à une surproduction de vapeur. »
Voici dans ses grandes lignes, la théorie de M. Dierckx. Nous verrons bien si elle se confirmera.
Notons en passant que les éruptions de la Montagne Pelée de juillet, du 30 août, et celle de la Soufrière de Saint- Vincent du 19 septembre 1902 nous avaient été prédites par M. Dierckx le lendemain de la catastrophe du 8 mai ; elles coïncident avec les causes astronomiques indiquées par ce savant.
Le lecteur trouvera dans les chapitres consacrés à la Martinique et au Volcanisme en 1902-1903 des rapprochements intéressants entre les dates critiques déterminées par le maximum d'attraction luno-solaire et les phénomènes sistniques et volcaniques produits à ces mêmes dates.
!ai8.— Il nous semble que l'existence de la marée lavique, si elle se produit, devrait provoquer un brassage de la masse qui tendrait à uniformiser la nature des couches supérieures, et à donner une comjmsitiori à peu près identique