‹ Etude des Représentations Pathologiques dans l'Art EgyptienChapitre 22 sur 44 · LH · texte numérisé non relu

LH

Ce sont des formes monstrueuses du dieu Ptah.

Ils ont été autrefois considérés comme des représentations du fœtus humain et désignés sous le nom de Ptah embryonnaire

En réalité comme Parrot les reconnaît en 1878 il s’agit de représentations typiques d’achondroplases.

Les statuettes que nous avons examinées au musée du Louvre montrent toutes, à des degrés divers des ressemblances frappantes avec cette dystrophie. Les plus grandes sont si bien faites qu’elles pourraient avoir été modelées d’après nature ; les plus petites sont plus grossièrement faites «en série ».

Quelques unes ont des mains déjetées en dehors, leurs avant-bras formant par rapport aux bras un angle ouvert en dehors.

Nous avons vu que les achondroplases étaient fréquents en Egypte et quelques uns d’entre eux ont occupé des postes importants.

De plus, aux achondroplases de sexe mâle était attribué une sorte de pouvoir magique comme en fait foi le papyrus de Leiden qui révèle les mots « magiques du nain » sorte d’incantation qui se termine par la phrase suivante : « Dis ces mots quatre fois au dessus d’un nain en terre, placé sur le front de la femme qui est en train de donner naissance ».

Dans un autre papyrus magique conservé au Bri-

tish Museum (papyrus 10.042, p. 8 lignes 9-10) un

MO

nain est invoqué par la formule suivante «€ Oh ! toi nain du ciel, Oh ! toi nain du ciel ! Toi dont la tête est grosse, dont le tronc est long et dont les membres sont courts » |

A l’origine les dieux Patèques furent sans doute, des nains achondroplases et qui sous forme de fétiches, porte bonheur conjuraient le mauvais sort. De nombreuses statuettes portant un anneau sous la nuque se trouvent au Caire, au Louvre et dans des collections privées. Ces statuettes dont quelques unes reproduisent avec fidélité les signes de l’achondroplasie ne montrent aucune sorte d’ornementation allégorique ; le corps et la tête sont nus.

À un certain moment, le fétiche porte bonheur fut divinisé. À cause de leur aspect repoussant et cinique les dieux Ptah Patéque entrent dans la trinité des

dieux protecteurs.

Le dieu Bes

Comme le Ptah Patèque le dieu Bès est un dieu nain.

Tantôt grotesque, tantôt effrayant, il présente un curieux ensemble nettement pathologique dont les caractères prêtent à plus de discussion que ceux de son congénère.

Dans une vitrine du musée du Louvre se trouve

près de 80 statuettes de ce dieu curieux.

Page 1