‹ Etude des Représentations Pathologiques dans l'Art EgyptienChapitre 32 sur 44 · MANN ES · texte numérisé non relu

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est fréquente mais qu’il s’agit bien de seins véritables, proéminents et saillants avec mamelon et arécle nettement visibles qui permettent de se prononcer sur le

- caractère gynécomaste de cet ensemble.

Fig. 5. — D'après Davies. The rock tombs of « El Amarna» Part. AT PI V. Par ©. Tolstoï.

Certains égyptologues (Weigall, Jequier) ont voulu voir dans les exagérations du nouvel art réaliste la cause de cette morphologie féminine.

Il est vrai que non seulement le roi est figuré avec

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le crâne démesurément long, le nez et le menton proéminent, le cou mince, la poitrine étroite, le ventre et les cuisses énormes, mais les courtisans eux-mêmes imitent dans leurs portraits ces formes étranges ; et J’on pourrait croire à voir ce type nouveau si répandu que toute la population de l'Egypte s’est modifiée d’un jour à l’autre.

Il est évident que le type morphologique des Egyptiens n'avait pas subitement changé. L’explication de ce phénomène doit être recherché dans les idées religieuses qui présidaient au culte funéraire; les particuliers pour s’approprier une parcelle de vie éternelle dont le roi seul en principe était dépositaire, cherchaient à s’assimiler à lui, à Jouer au roi pour ainsi dire, donc à copier ses traits physiques dans les représentations funéraires.

De plus comme le remarque justement Ruffer ces déformations sont plus apparentes que réelles. La saillie de l’abdomen chez les personnages de Tel el Amarna est souvent due au mode de vêtement adopté à cette époque qui consistait en un pagne embrassant les hanches et dont les deux pans se relèvent pour s'attacher au-dessous de l’ombilic exagérant ainsi la proémimance de l’abdomen. Chez les sujets qui ne portent pas ce vêtement le ventre est plat; il reste plat chez Nefertiti et ses filles.

Nous voyons donc que les déformations présentées

par les contemporains du roi ne corréspondent pas

à la réalité. Certains auteurs se sont alors demandé si les traits du roi lui-même étaient aussi déformés par ces artistes.

C'est ainsi que Beneditte croit que certaines représentations où les traits du gynécomorphisme sont particulièrement accentués étaient dues à des ordres du roi. Cet auteur se demande si ce pharaon homme de gynecée par-dessus tout, n’a pas poussé l’aberration et le déséquilibre jusqu’à vouloir changer de sexe. Pour ce qui est dé l’enlaidissement intentionnel qu’on observe sur quelques représentations, l’auteur se rallie à l'hypothèse de Weidman qui l’explique par un motif religieux. Prenant jusqu’au bout «le contrepied des coutumes thébaines, Akhnaton exalte le dieu à ses dépends. Non content de répudier tous les accessoires d’apothéose il pousse dans un accès de fanatisme religieux d’humilité jusqu’à s’amoindrir et s’enlaidir ».

D’autres auteurs se demandent s’il ne faut pas voir une signification symbolique dans l’aspect du roi.

On sait que le dieu Nil qui est un mâle a des mamelles en signe de fécondité. Akhnaton qui se considérait comme le père de l'humanité est figuré avec des formes généreuses, un ventre saillant qui s'étale, un large bassin et des seins de femme.

Nous ne nous rangerons pas à ces hypothèses et

tout en admettant que certaines représentations du

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