CONCLUSIONS
En nous fixant pour but l’étude de l’iconographie égyptienne sous l’angle médical, nous avons cherché à faire la synthèse des représentations pathologiques dans cet art ; nous avons discuté chaque cas particulier pour tenter de lui attribuer un diagnostic aussi précis que possible.
L'étude de représentations d'acquisition récente, la découverte de cas pathologiques qui paraissent avoir jusqu'ici échappé aux chercheurs, la discussion enfin de certains diagnostics qui, à notre sens, méritaient d’être revisés à la lumière des notions médicales actuelles, nous ont permis d’apporter à ce travail
une modeste contribution personnelle.
1. — Dans des considérations d’ordre général nous avons cherché la signification exacte de ces représentations pathologiques. Nous croyons pouvoir conclure que l'intention caricaturale et satirique tient parmi elles une place infime ; leur caractère est avant tout
d'ordre rituel et funéraire.
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La nécessité de posséder du défunt une image, se rapprochant aussi fidèlement que possible de la réalité, explique l'exactitude de ces portraits véritables qui se devaient de reproduire sans pitié les infirmités de
celui qui en est affligé.
2. — Les nains possèdent une large place dans les figurations de l’art égyptien, et nous leur avons consacré une longue étude.
Parmi ceux-ci nous avons rangé certaine acquisition récente du Louvre, qui révèle un cas curieux et
complexe chez une femme de la XIe dynastie.
3. — Nous avons étudié la triade des divinités protectrices ,qui toutes à nos yeux sont la représentation
de cas pathologiques parfois complexes.
A) Le cas du dieu Bès méritait à notre sens d’être à nouveau discuté, à la lumière des acquisitions médicales nouvelles dans le domaine de l’endocrinologie.
Nous ne pensons pas qu'il faille voir dans cette divinité un cas pathologique isolé, mais un véritable complexe où l’on a associé à plaisir des éléments multiples et différents dans le but de créer un monstre qui par ses difformités poussées à l'extrême posséderait un rôle éminemment protecteur et «omnibus ». Dans cet ensemble pathologique, il nous a semblé que le rachitisme, le myxædème et l’acromégalie se dispu-
tent la première place.
B) Nous avons longuement étudié et discuté le cas de la déesse Toueris qui semble avoir échappé jusqu’à ce jour à l’attention des chercheurs. |
Nous avons exposé les arguments d'ordre archéologique et d’ordre médical qui autorisent à voir dans cette représentation un cas pathologique ; cette interprétation nous a semblé tout à fait en rapport avec
le rôle protecteur de cette divinité populaire.
4, — Passant à l’étude des souverains pathologiques, nous avons discuté avec deux cas énigmatiques pour lesquels il est difficile de donner une interprétation définitive.
A) Amenophis IV nous semble avoir été affligé d’un syndrome adiposo-génital avec hydrocéphalie qui explique les signes de féminisme lentement apparus et dont on trouve la progression sur les représentations que nous avons choisies à dessein pour soutenir notre argumentation.
Cesyndrome d'apparition tardive peut-êtreenrapport avec une tumeur hypophysaire, explique qu'il ait été
capable de procréer avant cet accident.
B) Après avoir exposé les discussions soulevées par le cas de la reine de Pount, nous nous sommes rangés à l’avis du Docteur Sloman pour diagnostiquer chez
cette souveraine une double luxation congénitale de
Ole
la hanche avec adiposité secondaire, peut-être exagérée encore dans un but caricatural exceptionnel, facile-
ment explicable ici.
5. — Nous avons enfin classé dans un ordre diagnostic aussi précis que possible un certain nombre d’autres affections qui trouvent leur représentation dans l’iconographie égyptienne.
Parmi elles nous avons réservé une place aux formes
ascitiques qui méritaient d’être signalées.
Vu : Le Doyen. # Vu : le Président de thèse, TIFFENEAU. LAIGNEL-LAVASTINE.
Vu et permis d’imprimer :
Le Recteur de l’Académie de Paris, G. ROUSSY.
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