INTRODUCTION
Le terme de Schwannome, qui rend compte de l’histogénèse et de la nature de telles tumeurs, n’a été admis qu’au terme de longues controverses. Pour tous, leur origine nerveuse ne faisait aucun doute et se situait au niveau des plexus intrapariétaux de Meissner.
Mais la génératrice de la tumeur était-ce la partie conjonctive, mésenchymateuse du nerf, ou la partie gliomateuse, ectodermique : la gaine de Schwann ?
Pendfield et quelques autres, parmi lesquels Stewart et Copeland, se firent les champions de la théorie conjonctive. Mais Verocay, Pick et Bielchowski, déclarant avoir vu sous le microscope les cellules de la gaine de Schwann faire suite aux cellules de très petits neurinomes, battirent fortement en brèche lopinion de Penfield.
Les travaux de Masson allaient prouver de façon définitive l’origine schwannomateuse des neurinomes : chez l’animal, Masson isole des segments de nerfs périphériques de telle façon que les cylindraxes en voie de régénérescence ne puissent venir au contact des cellules de la gaine de Schwann. Dans ces conditions, ces cellules se mettent à proliférer dès que la dégénérescence du cylindraxe est suffisamment avancée mais cette prolifération s’arrête dès le moment où l’axone pénètre la gaine de Schwann ; si l’on empêche cette pénétration, la prolifération se poursuit tant que dure l’expérience. La structure des tumeurs ainsi obtenue est identique à celle des neurinomes que l’on observe en clinique.
Partant d’une observation que le Professeur Agrégé Desjacques a bien voulu nous confier nous nous sommes proposé de faire l’étude des schwannomes de l’intestin grêle.