LA PONCTION DU SINUS LONGITUDINAL SUPÉRIEUR PAR LA GRANDE FONTANELLE
Le P' Marfan a, dès 1898, utilisé la ponction du sinus longitudinal supérieur au cours de recherches bactériologiques qu’il entreprit alors sur le sang dans l’athrepsie.
La nécessité, d'autre part, dans un cas de choléra infantile d'extrême gravité, de pratiquer un: injection de sérum et l'impossibilité de trouver une veine superficielle accessible les conduisirent encore à tenter cette voie.
Séduit par la simplicité et l’inocuité de cette technique, il en autorisa la pratique dans son service, tout en mettant ses élèves en garde contre les phénomènes de shock que provoquerait peut-être chez un enfant gravement atteint une - ponction malbabile.
Rappelons-en les détails que nous empruntons à la description qu’en a donnée notre ami, le D° Blechmann.
Le S. L.$. occupe le bord convexe de la faux du cerveau, logé dans une gouttière sagittale que constituent d'avant en arrière de frontal, les pariétauwx et l’occipital. Sa forme est
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celle d’un prisme triangulaire à base supérieure. Son trajet est dessiné par le grand axe de la fontanelle et son calibre va croissant d'avant en arrière, d’où l'indication de ponctionner dans l’angle postérieur de la fontanelle.
Eu ce point une épaisseur de 2à3 millimètres le sépare de de la surface.
L'enfant sera couché sur le côté, la tête reposant bien à plat sur le bord de la table. :
Il est nécessaire pour réussir cette manœuvre de repérer très exactement la bissectrice de l’angle postérieur de la fontanelle : on pénètrera ainsi à coup sûr dans le sinus. Une ponction blanche est toujours due à ce que l'aiguille n’a pas été exactement dirigée dans l’axe de la fontanelle.
Piquer obliquement en rasant la face profonde de la voûte cranienne, l'aiguille dirigée vers la suture lambdoïde.
Il faut, à la fois, forcer pour traverser la calotte cranienne résistante en ce point, parce que partiellement ossifiée, et retenir pour empêcher l'aiguille « d'échapper » en profondeur.
On obtient par le sinus telle quantité de sang dont on a besoin:
. La sortie de laiguille laisse sourdre quelques gouttes de sang, hémorragie minime qu'arrête immédiatement un tampon collodioné.
Nous avons, par cette voie, pratiqué toutes nos prises de sang — souvent chez des enfants en état de mort imminente — nous n'avons jamais observé d'incident immédiat ou tardif, ni constaté à l’autopsie de lésions imputables à cette manœuvre.
Au point de vue bactériologique, cette technique n’est
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passible d'aucun reproche : signalons cependant, s’il s’agit d’une hémoculture, une cause d'erreur : la difficulté où l’on est parfois, après rasage, de débarrasser les téguments de l’exsudat séborrhéique accumulé à leur surface, exsudat que la teinture d'iode pénètre mal et qui ne cède qu'à un patient nettoyage à l'éther : 11 y aurait là, si l’on n'y prenait pas garde, une cause d'infection du milieu par les saprophytes de la peau.