DES ENS
où la lésion initiale siège au poumon et constitue le point de départ d’une infection généralisée.
M. Claisse (thèse de Paris 1893) a décrit une infection bronchique suraiguë, généralement streplococcique, survenant au cours des bronchites banales et emportant l’enfant en quelques jours.
C’est primitivement une bronchite simple et bénigne avec température peu élevée. En quelques heures la fièvre atteint 40°, 41° et s'accompagne de signes immédiatement graves : pâleur avee cyanose des lèvres et des joues, battements des ailes du nez. L'auscultation ne donne pas de signes bien précis.
Le foie est légèrement augmenté de volume.
La mort survient en 2 ou 3 jours dans un état d'adynamie.
M. Claisse admet qu'en général les germes ne sortent pas des voies aériennes et reconnait à ces accidents une origine toxémique.
MM. Hutinel et Rivet, dans leur mémoire original de 1909, confrontent ces accidents avec ceux que l’on observe au cours des dermatoses et concluent pour les uns et les autres à une pathogénie analogue : il s’agit là, disent-ils, d’une septicémie à streptocoques.
Enfin, Delestre, étudiant chez les prématurés les infections sanguines, décèle des septicémies extrêmement fréquentes, au cours d'états divers, septicémies d'évolution suraiguë (saug recueilli par piqûre de la pulpe de l’orteil ou,
après la mort, par ponction du cœur).
Caractère général de ces septicémies
Dans tous ces cas intervient un mécanisme identique : l’action des germes irritants du milieu hospitalier,pénétrant par le tégument externe, la muqueuse digestive, le poumon, envahissant la circulation et réalisant un véritable syndrome d'infection suraiguë hyperpyrétique propre à la première enfance
© Il y aurait là, semble-t-il, un type clinique, sinon bactériologique, de septicémie.
On l’observe presque exclusivement dans le milieu de crèches hospitalières.
Il survient au cours d'états divers : dermatoses, bronchites, affections gastro-intestinales.
Il est caractérisé dans tous les cas par l’aggravation soudaine, inattendue d’une affection d’apparence bénigne.
La température monte en quelques heures, d’une façon progressive, en échelle et atteint 40°, 41° et dans une de nos observations 42° 7, Cette ascension thermique s’accompagnant très souvent, dans les premières heures, de convulsions. |
Le visage de l'enfant traduit un malaise inexprimable, sa face est pâle avec cyanose des lèvres et des joues, les ailes du nez sont animées de battements, et cependant l’auseultation montre peu de signes ou du moins ces signes sont hors de proportion avec Paggravation observée.
Le symptôme le plus frappant est, à la période d'état, l'adynamie extrême de lenfant : il ne s’agite pas, il est au
contraire immobile dans son berceau, réagissant à peiné aux excitations : l'enfant est foudroyé, si l’on peut direet cet état s'aggrave d'heure en heure : le teint se plombe, les yeux
s’excavent et se cernent d'un halo bleuâtre, les cornées sont
vitreuses, le myosis est souvent observé (Claisse).
La mort survient en 24 ou 36 heures, en hyperthermie.
Il s’agit là, disent MM. Hutinel et Rivet, d’une septicémie par surinfection d'hôpital.
C’est, dit M. Triboulet, la septicémie des crèches hospitalières, qu'il attribue au pneumocoque Phiver, à la flore intestinale l'été.
Sa réalisation nécessiterait deux conditions :
Firulence des germes renforcés par des passages.
Inhibition des défenses de l'organisme.
Tel est le syndrome septicémique spécial à la première enfance. La ponetion du sinus longitudinal supérieur nous a permis d’en reprendre l’étude bactériologique sans tomber dans les causes d’erreur que créent les autres modes d’hémoculture utilisés chez le nourrisson.
On observe, d'autre part, chez lui, des septicémies analogues,comme caractères cliniques, à celles que l’on rencontre chez l'adulte et le grand enfant: ce ne sont souvent, en réalité, que des Bactériémies prolongées ; citons-en quelques exemples :
Septicémie à méningocoques au cours de la cérébrospinale. Pneumococcémie et Méningo coccémie à forme purpu-
rique.
LR PER
(Triboulet, Debré et Paraf, Netter et Sala rier, Nobécourt et Paraf, Rolland et Buc).
L'hémoculture pratiquée systématiquement dans les formes graves des maladies du nourrisson :
Bropcho-pneumonie à forme typhoïde.
Erysipèle.
Méningite cérébro-spinale trainante, mais non celoisonnée, etc.
Nous montrera si, chez lui le sang, plus facilement qui chez l'adulte,se laisse envahir par les germes. En un mot se la septicémie constitue, dans les maladies du premier âge,
ui facteur de gravité qui intervienne avec fréquence.
LES BACILLÉMIES TUBERCULEUSES PRIMITIVE ET SECONDAIRE
Les faits suivants nous ont conduit à joindre, à cette étude, des recherches sur la bacillémie tuberculeuse.
La tuberculose du nourrisson est très souvent une tuberculose à évolution rapide.
Le P' Marfan, s'attachant surtout à l'influence du terrain, voit là une preuve de l'impuissance où est l'organisme de lutter, dans les premiers mois de la vie, contre la primoinfection tuberculeuse.
Pour le P' Calmette, ce n’est pas le terrain qui est en cause, mais le bacille : la tuberculose du nourrisson ne doit son aspect qu'au caractère massif, réitéré, des infections auxquelles est soumis l’enfant (enfant allaité ou soigné par une mère ou une nourrice tuberculeuse).
A la crèche de l'hôpital des Enfants-Malades, un certain nombre d’enfants ont fait sous nos yeux, en quelques semaines, des phénomènes de généralisation tuberculeuse par
voie sanguine : granulie, méningite tuberculeuse, granulie
La 06e
pulmonaire à forme de catarrhe suffocant, cas particulièrement favorables, comme l’ont montré les recherches taites chez l'adulte, à l'étude de la Bacillémie tubereuleuse secondaire.
D'autre part, M. Jousset à insisté sur l'intérêt que présepterait chez le nourrisson l'étude de la Bacillémie tuberculeuse primitive, précédant de plus ou moins longtemps la formation d’une lésion tuberculeuse, Bacillémie latente ne se révélant que par un syndrome gastro intestinal banal, par de lathrepsie, de lPanémie, une chute régulière de la courbe de poids. La cuti-réaction à la tuberculine étant à cette période, dit M. Jousset, plus souvent négative que positive.
Cetauteur a pu en déceler plusieurs cas (ponction du cœur après la mort : recherche du bacille dans le sang, et inoculation au cobaye).
MM. Nobécourt et Darré ont observé un cas de Bacillémie tuberculeuse primitive, révélée par l'inoculation du sang au cobaye, chez un enfant atteint de pseudo-rhumatisme infeetieux, avec température à 40°, délire et dyspnée,
Nous avons, dans le service de notre maître, M. le P' Marfan,repris la double étude des septicémies et de la Bacillé-
mie tuberculeuse.