‹ Étude des troubles de la ménopause et leur traitementChapitre 7 sur 12 · PHYSIOLOGIE · texte numérisé non relu

PHYSIOLOGIE

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L'influence de la sécrétion interne de l’ovaire sur les différentes fonctions de l'organisme, et notamment sur le fonctionnement des glandes endocrines est actuellenent une notion courante en physiologie et on comprend que lorsque cette sécrétion vient à faire défaut, des troubles plus ou moins importants, d’une ou de plusieurs de ces fonctions, puissent faire leur apparition.

Nous allons passer en revue, d’une façon très résumée, quelques-unes des influences de la sécrétion ovarienne sur le fonctionnement d’autres organes, mais auparavant décrivons, en quelques mots, les relations existant entre le corps jaune de l'ovaire et la menstruation.

Relations du corps jaune avec la menstruation normale

On s’est demandé depuis longtemps si le corps jaune ne jouait pas un rôle important dans la menstruation normale.

À cet égard il nous paraît intéressant de citer avant

tout les recherches de Ochsner. Cet auteur a observé que lorsque le corps jaune n’accomplit pas sa régression physiologique normale dans l'ovaire de la vache, l’animal devient stérile et son état peut être comparé à celui d’une femme atteinte d'aménorrhée. L’extirpation chirurgicale du corps jaune dans un cas semblable amène la restauration de la fécondité. D'autre part, on sait que lorsque la femelle devient enceinte le corps jaune ne régresse pas et demeure pendant toute la durée de la grossesse ; c’est le corps jaune permanent de la grossesse.

On a pu étudier la présence du corps jaune chez la femme après les interventions chirurgicales sur les organes génitaux. Dans ces conditions on a observé qu’au cours des opérations pratiquées pendant la menstruation l’ovaire ne renfermait pas de corps jaune. Au contraire, au cours des opérations pratiquées dans l'intervalle des règles on a pu constater la présence des corps jaunes dans l’ovaire.

Dans quelques cas où l’on a pratiqué l’extirpation du corps jaune pendant des interventions pour déviations utérines, on a souvent observé dans les trois à cinq jours suivants une hémorragie semblable en tous points à celle des périodes menstruelles normales.

Ces constatations amènent à penser que non seule: ment le corps jaune n’a aucun rôle dans la production des règies, mais bien au contraire sa présence dans l'ovaire empêche les règles de se produire. Cette opinion est confirmée par le fait qu’on a pu démontrer

/ l’action antiménorragique de l'extrait de corps jaune dans certains cas d’hémorragies d’origine ovarienne. De plus, on sait que la durée normale du corps jaune périodique, avant que sa régression ne conmence, est de trois semaines, ce qui correspond précisément à la durée de la période inter-menstruelle.

Ovaire et glandes endocrines

On connaît la corrélation étroite des difiérentes glandes à sécrétion interne : l'ovaire n'échappe pas à cette règle générale.

Eludionstout d’abordunedes relations des plusimportantes de la séctétion ovarienne: celle qu’elle présente avec la surrénale.

Les travaux de Champy et Gley ont montré d’une façon indiscutable que l'extrait ovarien a une action antagoniste de celle de l’adrénaline. D'autre part, on observe une hypertrophie de l’écorce surrénale à la suite de l’ablation des 6vaires. Rumbry, après cette opération, a même vu le poids des capsules surrénales chez le lapin quadrupler en trois mois.

D'ailleurs, l’idéé qu'il doit exister une relation étroite entre l’appareil génital et les glandes surrénales s’éveille déjà par la constatation de l’origine embryologique commune des glandes génitales et surrénales, ainsi que par la constatation de tissu surrénal accessoire dans le territoire de l’appareil génital et la coexistence, constatée à plusieurs reprises, de troubles de développement de cet appareil et des capsules.

Nous allons passer en revue un peu plus en détail ces différents points communs :

Embryologiquement, l'ovaire et la surrénale reconnaissent une même origine ; elles proviennent de l’éminence génitale d’origine mésodermique, qui se forme chez l'embryon de chaque côté du mésentère pendant les quatrième et cinquième semaines. La partie supérieure de l’éminence génitale donne naissance à la substance corticale de la surrénale : la partie inférieure de l’éminence donne la glande génitale.

Au point de vue hastoloÿique, les cellules ovariennes et les cellules sidérophiles de la surrénale présentent les mêmes affinités tinctoriales. D'autre part, on observe les mêmés caractères généraux pour les cellules folliculaires et interstitielles de l'ovaire que pour les éléments cellulaires de la corticale surrénale (Mme Mulon).

La physiologie nous montre aussi de façon évidente les relations existantes entre l'ovaire et la surrénale. Nous avons déjà cité plus haut les expériences de Rumbry ; nous ajouterons maintenant celles de Kolmer sur le cobaye, qui ont montré que la surrénale présente dans sa couche corticale des variations parallèles aux diverses phases du cycle ovarien. On sait, d'autre part, que chez la femme la corticale de la surrénale subit une hyperplasie pendant la grossesse et cette hypertrophie persiste un certain temps après l’accouchement si la femme allaite son enfant.

Citons encore les expériences de Joffre et Marine.

Ces auteurs ont pratiqué une double surrénalectomie sur une série de lapins et ils ont observé dans les trois

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quarts des cas environ une augmentation évidente des glandes génitales et particulièrement une hypertrophie des cellules interstitielles représentant la glande à sécrétion interne. Chez d'autres animaux ils ont pratiqué seulement une surrénalectomie partielle et ils n’ont observé alors aucune modification des ovaires. D'autre part, divers auteurs ont montré que l’opothérapie surrénale entraîne chez les animaux une hypertrophie notable des ovaires. |

Chez les animaux castrés on observe une hyperplasie considérable de la zone cortiéale de la surrénale, ainsi qu’une accumulation de pigment dans la zone réticulée.

Citons, enfin, le cas de Boivin, qui a la valeur d'une expérience : ;

Il s'agissait d’une jeune fille aménorrhéique atteinte d'une tumeur surrénale. On pratiqua l’ablation de la tumeur et l’on vit la menstruation se rétablir par la suite.

Tous ces faits prouvent surabondamment l'intimité des relations qui existent entre l'ovaire et la surrénale. La clinique vient, d’ailleurs, confirmer toutes les données précédentes. L’hypertrophie de la surrénale, qui entraine une exagéralion des produits de sécrétion interne de cette glande, s'accompagne d’une modification profonde des signes extérieurs de la féminité : ces modifications sont plus ou moins accentuées selon l'époque de la vie où survient la lésion surrénale, mais se caractérisent toujours par la tendance au virilisme.

Au contraire, l’atrophie de la surrénale, dont le type

clinique classique est la maladie d’Addison, s’ac-

= der

ÿ | compagne de troubles génitaux constants, consistant essentiellement en aménorrhée et frigidité : les organes génitaux s’atrophient. L’insuffisance surrénale peut se manifester au moment de la ménopause : elle entraîne alors certaines manifestations morbides bien connues, parmi lesquelles nous signalerons les boufées de chaleur, les {roubles vaso-moteurs périphériques, la tachycardie, la faiblesse, l'aslhénie, les troubles digestifs avec anémie et la constipation.

Tous ces faits cliniques nent les relations très étroites qui existent entre l’ovaire et la surrénalé, et nous montrent que la surrénale corticale stimule le développement des organes génitaux, son hypertrophie entraîne le virilisme alors que son insuffisance entraine l'atrophie génitale.

Quand à la médullaire surrénale, nous avons eu l'occasion de voir qu’elle est angiotonique, HE Le antagoniste physiologique des ovaires.

Si les rapports entre la sécrétion ovarienne et celle de la surrénale semblent définitivement démontrés, du moins au point de vue expérimental, il n’en est pas de même pour les autres glandes endocrines. Mais si l’'expérimentation ne nous a pas encore donné ces preuves décisives, ilen est toutautrementde la clinique: qui, avec ses expériences « sponlanées », nous a fourni tout un faisceau de données nous permellant d'ores et déjà d’être plus ou moins fixés sur l’action indiscutable de l'ovaire sur maintes fonctions endocrines : la thyroïde, l'hypophyse, etc.

Nous n’en disons pas plus pour l'instant, nous réser-

CHELALA-À GUILERA È

vant d'y insister à propos de la partie clinique où nous apportons des observations tout à fait démonstratives à cel égard.

Ovaire et système vago-sympathique

Où connaît bien aujourd’hui les relations très intimes qui existent entre le système nerveux et certaines glandes de l'organisme. La nature des relations neuroglandulaires peut être interprétée de deux façons : ou bien ces relations sont constantes et il existe un système neuro-glandulaire unique et bien lié ; ou bien, au contraire, ces relations ne sont qu’éventuelles et il existe alors deux systèmes distincts et autonomes (Pachon). Quoi qu’il en soit, ce qui est certain c’est que toute altération du fonctionnement des glandes endocrines retentit immédiatement sur le tonus du sympathique : c’est ainsi que l'insuffisance ovarienne produit toute une série de phénomènes végétatifs que nous avons déjà eu l'occasion de signaler : nous avons dif, en eflet, que l’ovaire était considéré comme une glande a effet sympathico-dépresseur. L’insuffisanee ovarienne est, d’ailleurs, un syndrome fréquent qui traduit la suppression brusque de la sécrétion interne de l’organe.

Nous avons parlé à plusieurs reprises de l’action de l’ovaire sur le tonus végétatif, l’état d'équilibre fonctionnel dans lequel se trouvent nos organes par l’action double et antagoniste du système sympathique et parasympathique.

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On étudie le tonus végétatif par l'épreuve de l’atropine et de l’orthostatisme de Daniélopolu et Carniol. Voici le principe de leur méthode : ;

Supposons qu’un individu couché ait 70 pulsations par minute. Faisons-lui des injections intraveineuses d’atropine jusqu’à ce que le vague soit complètement paralysé. À ce moment le cœur n’est plus influencé par le vague et dépend uniquement du sympathique. Le nombre de pulsations augmente, jusqu’à un chiffre maximum : Supposons que ce chiffre soit par exemple 120. Ce chiffre, 120, nous indique évidemment le tonus absolu du sympathique (puisque c’est le sympathique: seul qui commande le cœur dans les conditions expérimentales indiquées).

Si on retranche de ce chiffre 120, représentant le tonus absolu du sympathique, le chifire initial de pulsations, 70, on obtient le chiffre 50, qui représentera évidemment la force d'inhibition du vague, c’est-à-dire le tonus du vague.

Mais pour que l’expérience puisse donner des résultats démonstratifs il est nécessaire de pouvoir apprécier à quel moment et à quelle dose d’atropine le vague est complètement paraiysé et partant inexistant en tant qu'inhibiteur.

La disparition du réflexe oculo-cardiaque peut déjà nous donner une première indication, mais elle est infi= dèle et inconstante, Danielopolu emploie une méthode assez simple : la tachycardie orthostatique. Supposons, comme tout à l'heure, que le rythme normal d’un indis vidu couché soit de 70 : lorsque cet individu passe à [4

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position debout ce rythme s'accélère et passe par exeniple à 78. Si l'individu se recouche le rythme revient immédiatement au chiffre initial de 70. Faisons maintenant une injection d’atropine à cet individu : si la dose injectée est insuffisante pour paralyser complètement le vague, la tachycardie orthostatique se produira évidemment, mais lorsque l’individu se recouche le pouls revient et tombe ensuite au-dessous du chifire initial. Si le vague avait été complètement paralysé ce ralentissement ne se serait pas produit lors du passage du sujet de la position debout à la position couchée. à

C'est-à-dire que le chiffre du pouls tombe au-dessous du chiffre initial 80, après injection d’atropine.

D'après Danielopolu et Carniol cette méthode permet de déterminer avec beaucoup de précision le moment où le vague est complètement paralysé. En tout cas, cette méthode est incontestablement supérieure à celle basée sur le réflexe oculo-cardiaque.

Sécrétion ovarienne et régulation de la pression sanguine

Schickelé, le premier, a démontré par des expériences sur les animaux l'influence nette des extraits d’ovaire sur la tension artérielle, particulièrement sur l'appareil vaso-moteur. Ces constatations l’ont conduit à conclure que le défaut de la fonction ovarienne doit avoir un retentissement sur le tonus du sympathique.

On sait que l'ovaire est actuellement classé parmi les glandes endocriniennes à effet sympathico-dépresseur.

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On connaît bien aujourd’hui, d’autre part, l’effet vasoconstricteur du sympathique. Toutes les fois qu'il y aura hyperfonctionnement ovarien il y aura une dépression marquée du sympathique, d'où vasodilatation et par conséquent chute de la tension artérielle. Au contraire, lorsqu'il y aura hypofonctionnement ovarien, l'effet inverse se produira, c’est-à-dire

qu'il manquera l’action frénatrice de l'ovaire sur le tonus

du sympathique, d’où vaso-constriction et hypertension artérielle.

Ceci nous fait déjà entrevoir les effets de la ménopause et de la castration sur la tension artérielle : l’hypofonctionnement de l’ovaire ou son ablation, en supprimant son. effet dépresseur sur le sympathique, sera cause d'hypertension. Les sécrétions de l'ovaire paraissent, en effet, avoir une action hypotensive. Leur suppression ou leur diminution provoque l'élévation de la tension artérielle. Daléas (Thèse de Toulouse, 1922) étudiant les accidents tardifs de la castration ovarienne trouve d’une façon constante une augmentation de la tension.

Les recherches faites par divers auteurs ont mis en évidence l’action des extraits d’ovaire sur la tension artérielle. On a fait beaucoup d'expériences pour démontrer cette action, en employant surtout des ovaires de vache,

mais aussi des ovaires de jument, brebis, lapins,

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Champy et Gley ont démontré, par leurs éxpériences et leurs travaux, que les extraits ovariens ontune action franchement hypotensive : en injectant dans la veine d'un chien 5 cc. d’une macération à 1/5 d’ovaire de

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vache, ils ont observé une chute de tension variant de 5 à 9 centimètres de mercure.

D’autres auteurs ont confirmé ce résultat, et sont arrivés à la conclusion que les extraits d’ovaires de vache, gravide ou non, déterminent une forte chute de la tension artérielle ; lorsque la pression -commence à se révéler il se produit souvent des ondulations vasomotrices très nettes : ces ondulations s’obtiennent plus facilement si l’on emploie des extraits de vache gravide. L'action des extraits d’ovaire sur la tension artérielle n’est pas empêchée par l'injection préalable d’atropine (Busquet). L'action hypotensive des extraits d’ovaire est très puissante : elle peut contre-balancer l’action hypertensive de l'adrénaline, si la dose de cette dernière n’est pas trop élevée.

Toutes ces expériences ont été faites avec des ovaires de vache, les extraits d’ovaires de jument et de brebis ont été trouvés inactifs ou à peu près. Par contre, les extraits d’ovaire de lapine ou de truie ont une action très marquée sur la tension artérielle. Ceux de truie sont les plus actifs de tous. Les extraits de chienne ou de femme se sont montrés peu efficaces. Dans toutes ces expériences on s’est servi d'ovaires débarrassés de leurs corps jaunes. L'action des extraits de corps jaunes à été étudiée à part, et les résultats obtenus ont été les suivants :

Les extraits de corps jaunes périodiques de vache produisent une très légère diminution de la tension artérielle. ;

Au contraire, les extraits de corps jaunes de la gros-

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sesse sont très hypotenseurs et produisent aussi une diminution de l'amplitude des contractions cardiaques. Si la dose employée est très forte le cœur s’affaiblit considérablement, la respiration s'arrête, et l'animal meurt. On voit, donc, que ce sont les extraits de corps jaunes de vache gravide qui sont les plus actifs, alors que les corps jaunes périodiques sont peu actifs.

Les extraits de corps jaunes de truie déterminent des phénomènes analogues à ceux qu’on observe avec les exiraits d’ovaire du même animal.

Les extraits de corps jaunes de jument et de brebis se sont montrés inactifs ou très peu actifs. Les extraits de corps jaunes de truie sont les plus actifs.

SYNDROMES HYPERTENSIFS

Il est de notion courante que parmi les causes de l'hypertension artérielle une place importante est réservée à la suppression des règles chez la femme.

Que la ménopause survienne spontanément, qu’elle soit la conséquence d’une intervention chirurgicale, des rayons X, ou d’une affection médicalo-chirurgicale des organes génito-pelviens, on voit assez souvent, dans ces diverses éventualités, des troubles très variés apparaître : parmi ceux-ci, l’augmentalion anormale de la pression artérielle est un des plus fréquents.

MM. Vaquez et Leconte, dans une stalistique portant sur 1000 hypertendus ont constaté sur 308 femmes : 55 fois une augmentation excessive de la pression après le retour d'âge ; 9 fois après l’hystérectomie totale ; 22 fois à la suite de fibromes.

À la suite de Vaquez et Leconte de nombreux auteurs ont rapporté des observations d'hypertension de la ménopause, naturelle ou provoquée.

Pélissier, dans sa thèse, rapporte notamment, parmi beaucoup d’autres, l’observation d’une femme ayant subi une ménopause chirurgicale à l’âge de 19 ans, A

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38 ans, on constate chez elle une augmentation anormale de la tension artérielle.

Paillard a publié des observations analogues et la thèse de M. Sagarra, publiée au début de l’année 1930, est très illusirative à ce sujet,

Pathogénie

D'après les données physiologiques exposées antérieurement nous avons déjà pu penser que l’hypertension était due à la suppression de la sécrétion interne de l'ovaire : nous savons, en eflet, que les extraits d'ovaire sont hypotenseurs. Nous connaissons, de plus, les relations existant entre les ovaires et les autres glandes de l'organisme, notamment les surrénales. Au point de vue de la tension artérielle il y a deux sortes de glandes endocrines : 1° Les glandes dont les extraits sont hypertensifs (surrénales) ; 2° celles dont les extraits sont hypotenseurs (ovaires). L'action antagoniste de ces glandes se contrebalance el s’équilibre à l’état normal. S'il survient une rupture de l'équilibre endocrinien il se produit une hypertension ou une hypotension selon le sens dans lequel cet équilibre s’est rompu. C’est ainsi qu’au moment de la ménopause l’absence du rôle hypotenseur de l'ovaire produit une rupture de l'équilibre endocrinien qui se manifeste par la prédominance de l’action hypertensive de la surrénale. C’est, par conséquent, la prédominance de la fonction surrénale sur la fonction ovarienne qui produit, au moment de la mé-

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nopause, l'élévation de la tension artérielle, selon la théorie pathogénique de Vaquez.

Il existe actuellement une autre théorie, très généralement admise, qui paraît mieux s'adapter aux faits cliniques : c’est la théorie de l'hypertension par hypertonie sympathique, l’ovaire étant aujourd’hui considéré, ainsique nous l'avons déjà dit, comme une glande à effet sympathico-dépresseur. Le défaut de la sécrétion ovarienne Ssupprimerait l’action frénatrice de l'ovaire sur le sympathique, ce qui entraînerait la vaso constriction et partant l'hypertension : l'hypertension de la ménopause pourrait, donc, être rangée parmi les hypertensions sympathicotoniques. Cette théorie n’est d’ailleurs pas opposée à la théorie glandulaire : elle vient, au contraire, la compléter, étant donné les rapports entre les glandes endocrines et le sympathique.

Donc, en résumé, l'hypertension ne serait pas produite par l’action directe des sécrétions internes des glandes hypertensives mais par l’action de ces glandes sur le système nerveux végétatif, les produits déversés dans le sang par les glandes endocrines faisant partie des excitants ou des dépresseurs normaux de l’excitabilité du système nerveux sympathique. Cette théorie peut nous expliquer pourquoi l’élévation de la tension artérielle n’est pas constante lors de la ménopause, et pourquoi elle apparaît beaucoup plus lentement, plus progressivement, insensiblement, à la suite de la ménopause naturelle qu’à la suite de l’ablation chirurgicale des ovaires.

Dans le premier cas, l'organisme a le temps de

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s'adapter progressivement à son nouvel état glandulaire, l'équilibre humoral peut se stabiliser plus ou moins, tandis que dans le second cas l'équilibre glandulaire est brusquement rompu : l’action frénatrice de l'ovaire sur le sympathique manque brusquement, et comme conséquence la tension artérielle s’élève rapidement.

Ceci explique aussi le fait que l'hypertension n’est jamais aussi élevée à la suite de la ménopause naturelle qu’à la suite de l’ovariotomie (Paillard) : dans la ménopause naturelle l'insuffisance ovarienne s’installe progressivement, comme le prouve l’irrégularité des règles à cette période, et elle n’est peut-être pas totale, alors que dans lextirpation chirurgicale la sécrétion ovarienne fait défaut brusquement et compiètement : il y a une rupture brusque de l'équilibre endocrinien et l'hypertension se manifeste plus rapidement et atteint des chiffres plus élevés que dans la ménopause spontanée. Il se réalise dans l'organisme une accoutumance progressive dans la ménopause naturelle, qui n’a pas le temps de se produire dans la castration. C’est pourquoi il paraît utile de faire suivre l'intervention chirurgicale de l'administration à dose suffisante des extraits ovariens afin d'éviter, dans la mesure du possible, la rupture brusque de l’équilibre endocrinien qui est la conséquence immédiate de la castration.

Par conséquent, et pour résumer la question, on peut actuellement considérer que la ménopause peut être la cause essentielle ou tout au moins adjuvante de lhypertension. La relation de cause à effet entre les fonctions

ovariennes et la tension artérielle ne peut plus être mise

en doute : elle devient surtout frappante dans la ménopause artificielle consécutive à la castration chez la femme. L’hypertension est primitive, indépendante, au

moins à son début, de toute lésion organique. Elle est

due à un trouble fonctionnel des organes régulateurs de

la tension artérielle, à un trouble de l’équilibre endo-

crinièen normal.

Actuellement on sait, en outre, que les surrénales ne sont qu’un des éléments d’un système d'organes (organes chromafines, producteurs d’adrénaline) disposés le long du sympathique et dont la structure est identique.

Syndromes psychiques etthyroïdiens

On sait depuis longtemps que parmi les multiples causes qui donnent lieu à un déséquilibre mental, la ménopause occupe un rang important et l’excellente thèse de Walleteau de Mouillac est très illustrative à ce sujet.

Voici deux observations empruntées à cet auteur, où les troubles psychiques ont apparu en même temps qu’un trouble profond dans l’anatomie et dans le fonctionnement de la thyroïde.

Mélancolie avec hypertrophie thyroïdienné succédant à la ménopause (C. Parthon, Revue Neurologique).

Obs. I. — Mme À..., 58 ans, entre à l'hôpital Pantelimon, service de M. le D' Turbure, le 23 janvier 1906. Nous ne

trouvons rien d'important à signaler dans ses antécédents héréditaires. La malade a encore un frère bien portant. Elle a été menstruée pour la première fois à treize ans, mais les règles n'ont reparu après, pour continuer normalement, qu'à. l’âge de dix-septans. Mariée pour la première fois à l'âge de vingt ans, elle eut de ce mariage quatre enfants, dont un seul est encore vivant. Les autres ont succombé en bas-âge (entre. sept et dix mois). Elle n’a pas eu d’avortement. À 23 ans, nous enregistrons une rougeole. Son premier mari étant un alcoolique, elle l’a quitté pour se remarier de nouveau plus tard. Mais ce deuxième mariage ne fut pas plus heureux que le premier. Une fille issue de ce deuxième mariage et âgée. actuellement de 23 ans est bien portante.

A 32 ans, la malade a eu une fièvre thyphoïde. La ménopause survint il ÿ a trois ans. En même temps son cou commença à grossir au point qu'elle arriva à présenter un véritable goitre. Il y a un an, elle a présenté la sensation de chaleur caractéristique des troubles relevant de l'insuffisance ovarienne ou de l’hyperthyroïdisme. Elle buvait beaucoup d’eau pour lutter contre cette sensation, mais, d’après son dire, elle n’urinait pas plus que d'habitude. Elle n'aurait pas observé une transpiration exagérée (phénomène fréquent à la ménopause).

Les troubles mentaux ont débuté également il y a un an. Elle commença à distribuer des choses qui lui appartenaient. Un soir elle porta ses objets chez une de ses voisines Elle prétend qu'elle se rendait parfaitement compte de ce qu’elle faisait et qu'elle n'avait aucune raison d'agir de cette façon mais elle ne le faisait pas moins. La malade, cuisinière de son état, n’élait plus capable de s'acquitter suffisamment bien de son service, ce qui détermina son maître à la congédier.

Elle fut enfin internée à l'hôpital Pantelimon. A son entrée dans le service, on constate ce qui suit : La malade, de taille moyenne, présente un développement moyen égale-

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ment de son tissu musculaire et adipeux. Son corps thyroïde présente une hypertrophie manifeste, Pas d'exophtalmie ou. d'autres phénomènes oculaires. Elle ne présente pas non plus une tachycardie manifeste; pourtant son pouls est plutôt fréqueut (86 par minute). Elle ne présente plus la sensation de chaleur ni d'autres troubles de la sensibilité subjective et objective. Les réflexes sont normaux. Pas de troubles apparents des diflérents viscères. La digestion semble se faire assez bien et la malade n’est pas constipée. |

Au point de vue psychologique, mous nous trouvons en face d'une malade anxieuse, qui ne reste presque jamais dans son lit; mais se promène dans les salles et les corridors. Elle ne parle jamais d'elle-même. Si on la questionne, elle répond correctement et on constate que la malade est parfaitement orientée dans le temps et l’espace. Elle sait où elle se trouve, l’an, le mois où nous sommes, les fêtes les plus proches (Pâques), etc. |

Mais elle présente, par contre, des troubles manifestes du côté de l'aflectivité.- Elle se voit très malheureuse. Elle nous dit qu'elle n’est ni morte ni vivante ; qu’elle n'a plus de cœur, en entendant par ces expressions qu'elle n'est plus capable de s'émouvoir. ?ourtant elle parle avec pitié de ses enfants, qu'elle croit également malheureux, Si auparavant, dit-elle, il lui était arrivé de tels malheurs, de rester sans occupation, de perdre ses objets, etc .., elle aurait versé des larmes, mais aujourd hui elle ne peut plus pleurer. Elle se sent comme ivre morte, pire que tout le monde.

Dans l'interprétation de ces troubles sénesthésiques, elle manifeste des idées de culpabilité, d'auto-accusation. Elle a péché contre la religion et c'est probablement à cause de cela que Dieu la punit en la rendant si malheureuse, pire que tout le monde, ni morte ni vivante. Elle a été protestante et a passé au catholicisme quand elle s'est mariée. Elle s'accuse également que dans sa jeunesse, bien qu'elle fréquentèt l'église, elle pensait ailleurs au lieu de prier. Elle à

énvoyé à la confession certaines servantes à mœurs légères, Pour tous ces péchés, pense-t-elle, le Bon Dieu la puait maintenant | :

Mais toutes ces idées d'auto-accusation, toutes ces interprétalions lui viendraient seulement maintenant, après l'apparition de ses troubles cénesthésiques.

Elle estime que ses enfants aussi doivent subir des malheurs à cause d'elle et que ce n'est qu'à elle et aux siens qu'il arrive de.si épouvantables malheurs que personne au monde n'a subis jusqu'à présent.

Si on lui demande si elle mange avec appétit, elle répond qu'elle n’a plus besoin de manger. Elle manifeste le désir de mourir, et de fait elle a fait une espèce de tentative de suicide. |

Le 9 mai 1906, elle disparut de l’hôpital le matin et sans être observée. Elle fut trouvée le soir du 11 mai dans un point voisin de l'hôpital. Elle présentait de nombreusespiqûres de moustiques. Interrogée sur la raison de sa fuite, elle répondit que c'était pour mourir plus tôt.

Elle étend ses idées de ruine aussi aux objets qui l'entourent, qui se détériorent à cause d'elle. Cest ainsi qu'elle prétend que le robinet d’eau n’est plus dans le même état qu'il était quand elle est entrée dans le service comme cuisinière ; elle trouvait les ustensiles cassés, etc. C'étaient les autres domestiques, ou à l'hôpital les autres malades, ou les infirmières qui faisaient ces choses pour lui faire mal à elle.

Mais ce n'est pas ici un véritable délire de persécution car ainsi que nous l'avons vu, la malade trouve en elle, en sa conduite de jadis, en son manque d'accomplissement des devoirs religieux, la source de tous ses maux. Elle est une auto-accusatrice.

D'ailleurs, les objets peuvent se détériorer par le seul fait qu’elle les a touchés. Elle soutient qu'une fois comme elle tenait une brossse entre ses mains, les poils de cette brosse se sont brûlés spontanément.

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Elle prétend les avoir vu brûler, mais — sur notré demande — elle nous dit n'avoir pas senti l'odeur caractéristique du poil brûlé.

Mélancolie goître ménopausique.

Obs. 2. — Mme B..., 49 ans. Mariée, elle est mère d’un fils et d’une fille et n'a pas eu de fausse-couche.

Elle n’a jamais eu de grave maladie dans son enfance et jusqu'à ces derniers temps sa santé fut toujours bonne. Ce qui nous frappe d’abord c’est une hypertrophie du corps thyroïde à gauche : ce grossissement s’est manifesté vers l’âge de quarante-cinq ans, au moment de la ménopause. La malade n'avait point de battements de cœur ni de bourdonnements de tête. Le jour de la deuxième fête de Pâques, elle fut très impressionnée par l'orage qui éclata dans la soirée ; elle avait été très triste toute la journée, avec des envies de pleurer sans savoir-pourquoi. Elle a eu des ennuis de commerce il y a vingt ans et depuis ce moment elle a toujours eu des regrets du passé.

On ne relève point de choc moral précèdent l'accès signalé. La malade sentit un étourdissement. Depuis ce moment elle ressent un tremblement dans tout le cœur ; avec battements de cœur surtout la nuit. Le matin, quand elle se lève, elle est plus fatiguée : elle est tout étourdie, envahie de tristesse, préoccupée de l'avenir, comme représentations mentales, elle voit des enterrements. Pourtant, physiquement, elle n'est pas abattue quand elle se lève. Il y a des heures où elle est assez calme. Elle doit bien dormir, bien qu'elle ait passé quelques nuits sans sommeil, assaillie, quand elle s’assoupissait, de la suite ordinaire de ses idées tristes. Elle n’a point de cauchemars. Elle est découragée et incapable de travailler.

On note : un assez bon appétit ; de la constipation parfois,

ün pouls radial très petit, un très léger frémissement du cœur ; pas de perte de mémoire.

La malade est soignée par le traitement décongestif et la thyroïdine. Le 28 juin elle va mieux et paraît plus souriante. Son cou s'est sensiblement dégonflé et le goitre est devenu plus souple. Le diamètre du cou est de 38 centimètres. 12 juillet. Le cou a diminué de 1 centimètre. L'état mental est toujours le même. La malade présente des phénomènes de congestion àprès lès repas.

Syndromes vago-sympathiques

On voit fréquemment des femmes à l’époque de la ménopause chez lesquelles on ne décèle, par aucun de nos moyens actuels, les troubles objectifs que nous avons décrits dans les chapitres précédents, et qui cependant accusent les symptômes subjectifs les plus variés : Troubles de la vue (brouillards devant les yeux), bouffées de chaleur, tachycardie, surtout émotive, céphalées, etc. etc.

Leur pression artérielle, notamment la pression moyenne, est normale, ainsi que l'examen du rein et des autres organes.

Cependant si on fait un examen attentif en s’orientant du côté du système vago-sympathique, on décèle très souvent les troubles que nous avons déjà décrits.

Nous avons étudié plusieurs cas de ce genre et nous avons constaté que presque toujours il s’agit d’une sympathicotomie plus ou moins marquée.

Voici une observation, parmi beaucoup d’autres, où ces symptômes disparurent à la suite d’un traitement

par les extraits pancréatiques désinsulinés dont nous signalons plus loin l'importance. |

Obs. 3. — Mme H..., 50 ans, vient consulter parce que depuis deux ans environ elle a commencé à souffrir de vertiges et des troubles divers de la vue. Elle accuse, en outre, des bouffées de chaleur très fréquentes et de angoisses detemps | à autre.

A l'examen on ne constate rien de bien particulier. L'examen du cœur est négatif, à part un peu d'éréthisme cardiaque. La pression artérielle notamment est normale : la pression moyenne est de 9,5 cms. Hg. ; la maxima de 14, la minima de 7, chiffres absolument normaux.

L'examen des autres organes, des reins en particulier, ne révèle rien de pathologique.

Dans les antécédents on ne déeèle qu'une coqueluche à l'âge de 9 ans, Elle a été réglée à 13 ans, et est mère de3 enfants bien portants.

A l’âge de 47 ans (il y a 3 ans) elle a eu ses dernières règles et n’a présenté aucun trouble à ce moment.

Ce n'est qu'il y a deux ans qu'elle commença à ressentir les symptômes dont il a été fait mention plus haut et depuis ce moment ils n’ont fait que s’accentuer de plus en plus.

On lui conseille de suivre un régime surtout végétarien peu salé et de prendre pendant 10 jours chaque mois, de la médication ovarienne (sous forme d'extrait ovarien). Le traitement étant prolongé pendant 3 mois l’état de la malade n'a fait qu'empirer. Il en fut de même pour d'autres traitements, notamment pour la médication iodurée et sédative

Sans rien changer à son régime on lui conseille de se faire un traitement par des injections intramusculaires d'extraits pancréatiques désinsulinés à raison de 10 piqüres de 20 unités (une chaque jour), traitement qui est prolongé pendant 4 mois. Au bout de la quatrième injection la malade se sent

tot

déjà très soulagée de ses troubles. Les bouffées de chaleur et les palpitations se sont atténuées d’une façon considérable À la fin de la première série l'amélioration des symptômes subjectifs est telle qu'il ne persiste qu'un peu d’angoisse bien qu'a des moments beaucoup plus rares’ qu’au début. ;

Une semaine après ce premier traitement elle recommence de nouveau à ressentir de légers vertiges, mais l’administration de sirop d’angioxyl (2 cuillerées à café par jour) pendant une semaine les fait disparaître.

La deuxième série d'injections a une action encore plus heureuse et, à la troisième, tout symptôme disparaît.

L'action de la médication pancréatique a paru être définitive puisque 6 mois après la malade se sent absolument bien portante. :

Traitement opothérapique

Les troubles de la ménopause étant dus à la suppression de la sécrétion interne de l’ovaire, il a paru logique tout d’abord de suppléer à cette insuffisance par l’administrafion des extraits d’ovaire.

Les observations récentes ont montré que si les extraits d’ovaire ont une influence heureuse sur les troubles habituels de la ménopause, îls n’ont que peu d’action sur l'hypertension et même dans certains cas, la tension demeure élevée ou augmente encore. D'autres fois on à vu la tension baisser sans traitement ovarien. Il semble donc que les extraits d’ovaire n’ont pas d’action sur l'hypertension, et que dans les cas où la tension baisse en même temps que disparaissent les signes fonctionnels, on doive l’altribuer à une simple coïncidence ou peut-être à des extraits d’ovaire particulièrement actifs. La thérapeutique par les extraits d’ovaire est néanmoins à conserver, car ils ont paru donner dans certains cas une amélioration ou une disparition des troubles subjeclifs de la ménopause.

Au point de vue pratique, on peut négliger les rôles respectifs des différents éléments de l'ovaire, notamment les fonctions attribuées aux follicules et au corps jaune : il est préférable d'employer des extraits totaux.

Ces extraits doivent avoir, autant que possible, une teneur constante en hormones afin que l'effet thérapeutique soit, lui aussi, aussi constant que possible. C’est pourquoi nous insistons sur la nécessité de se servir d'extraits d’une qualité parfaite, fabriqués avec des préparations très fraîches : ce n’est qu’ainsi qu’on peut être sûr d'utiliser tous les principes actifs qui peuvent y exister. D'autre part, les malades sont plus ou moins sensibles aux extraits ovariens d'origines diverses ; il n’est, donc pas indifférent d'employer n'importe quelle préparation. Selon les spécialités employées on peut obtenir des résultats plus ou moins appréciables.

Les extraits d’ovaire seront d’abord employés à doses croissantes. On commencera par 0 gr. 10 par jour, et l’on augmentera progressivement cette dose jusqu’à atteindre 0 gr. 45 ou 0 gr. 50 par jour : on les fera prendre de préférence le matin à jeun, une demi-heure avant le petit déjeuner.

Lorsqu'on n’obtiendra pas un résultat satisfaisant avec les extraits d’ovaire, ce qui arrive souvent, on pourra essayer le corps jaune, mais on devra surveiller sévèrement la posologie car il donne fréquemment des signes d’intolérance. On commencera, dans les cas moyens, par 0 gr. 10 à 0 gr. 15 par jour et l’on augmentera cette dose progressivement et en surveillant la malade, jusqu’à 0 gr. 4ÿ par jour.

D'une façon générale il suffit de faire prendre ces extraits aux malades par voie buccale, mais lorsqu'on n'arrive pas à dès résultats suffisamment satisfaisants on pourra essayer la voie sous-cutanée, généralement bien supportée et qui donne des résultats plus rapides et plus constants. En général il suffit d’injecter 0 gr. 10 à 0 gr. 15 d’ovaire tous les jours ou tous les deux jours.

Il existe dans le commerce une,préparation connue sous le nom de folliculine cui est un produit extrait du liquide contenu dans les follicules ovariens à maturité,

La follhiculine est employée particulièrement chez les femmes ovariotomisées et au momentde la ménopause. On l’emploie sous trois formes : en injections solution huileuse) sous cutanées profondes ou intra-musculaires, en comprimés et en ovules à la glycérine solidifiée.

Les résultats de l’opothérapie seront plus nets lorsqu'on laura prescrite peu de temps après la ménopause, mais ce qui est surtout essentiel c’est que la ma lade suive son traitement avec une grande régularité.

Opothérapie pluriglandulaire

Dans certains cas il est avantageux d'employer l’opothérapie pluriglandulaire au lieu du traitement strictement ovarien. On peut notamment associer l'opothérapie thyroïdienne à l’opothérapie ovarienne : on sait, en effet, que les troubles thyroïdiens sont fréquents au moment de la ménopause, ils sont dus à l’hvper ou à: lhypothyroïdie. Dans certains cas les troubles ovariens peuvent même être masqués par les troubles thyroï-

At

diens. C'est pourquoiil est très important de rechercher si les troubles d’hyperthyroïdie qu’on observe habituellement ne relèvent pas d'une insuffisance ou d’un dérèglement ovarien primitif. Dans les cas d’hyperthyroïdie, en effet, c’est l'extrait opothérapique ovarien qu’il faut donner pour voir disparaître les petits troubles basedowiens observés. Ce sont d’ailleurs, les troubles thyroïdiens qui rendent la déficience ovarienne pénible au moment de la ménopause.

Lorsqu'il s’agit de troubles d'hypothyroïdie on se trouvera bien d’associer les opothérapies ovarienne et thyroïdienne : on donne ainsi le temps à l’organisme de. s'adapter progressivement à son nouvel état endocrinien.

Au point de vue pratique lorsqu'il existe des troubles de disthyroïdie on peut employer la poudre de corps thyroïde (extrait sec total) à la dose de 0 gr. 05 à 0 gr. 25 par jour, selon le cas. Dans les cas où la dysthyroïdie n’est pas très minime de 1/2 à 1 milligramme.

On voit qu’en résumé ce n’est pas seulement l’insuffisance ovarienne qui produit les troubles si pénibles de la ménopause. L’insuffisance ovarienne est à l’origine du déséquilibre endocrinien, et les troubles observés à la ménopause constituent un syndrome pluriglandulaire traduisant le déséquilibre de tout le système endocrinien de l’organisme.

LATE Opothérapie pancréatique

(EXTRAITS PANCRÉATIQUES DÉSINSULINÉS)

On avait remarqué depuis longtemps que certaines insulines, lorsqu'on les administre en vue d’obtenir une amélioration d’autres affections — le diabète — avaient pour effet de diminuer les chiffres de la pression artérielle lorsque celle-ci était élevée.

M. Kisthinios démontra dans sa thèse inaugurale que ce sont les insulines impures qui présentent l’action la plus marquée sur:la pression. Ce même auteur constala

que ces même insulines possèdent un pouvoir antagoniste de celui de l’adrénaline.

Allant encore plus loin, MM. Gley et Kisthinios se demandèrent s’il n'existait pas, à côté de l'insuline, une autre subtance, différente de cette dernière, et n'ayant pas de pouvoir hypoglycémiant. Ils ont ainsi isolé un “autre produit pancréatique qu’ils ont appelé angioxyl.

Nous n’insisterons pas sur les multiples applications de cette intéressante acquisition de la thérapeutique. Les travaux de MM. Vaquez, Gley, Kisthinios, Giroux, etc., en ont fait la mise au point.

Nous ne parlerons ici que de l'application des extraits pancréaliques désinsulinés dans les troubles de la ménopause.

Quelques auteurs ont administré ces extraits avec succès dans divers troubles fonctionnels d'ordre sympathique et d’origine endocrinienne.

MM. Giroux et Kisthinios ont obtenu des résultats très intéressants dans les syndromes basedowiens. La ques-

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