‹ Etude des troubles mictionnels: Dans la tuberculose de la prostateChapitre 17 sur 42 · ER CE · texte numérisé non relu

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cette taille n’est pas aussi complet que dans la taille périnéale. Pendant fort longtemps on ne pratiquait guère la taille basse, c’est-à-dire par la voie périnéale. Mais depuis quelques années sous l’impulsion de Legueu, d’Augagneur, de Rochet, cetie méthode jouit d’une certaine faveur. Elle a comme avantages de mieux drainer la vessie et surtout d'évacuer rapidement le bas-fond vésical. En effet, dans la taille haute il séjourne des produits purulents dans le bas-fond parfois assez longtemps avant d’être éliminés.

De plus la taille basse permet la spinctérotomie qui à une action sédative considérable sur certaines douleurs et certains ténesmes que la taille hypogastrique modifie très peu. Elle fait aussi tomber le spasme du col mieux que la taille haute et comme le dit le professeur Rochet supprime « la douleur des contractions vésicales qui ne viennent pas buter sur un sphincter fermé, mais tombent vite devant la porte périnéale largement ouverte ».

Voici en quoi consiste cette taille basse : on ouvre l’urèthre profond, on sectionne largement avec le lithotome double du frère Côme, par exemple, le sphincter prostatique et on met à demeure un très gros drain périnéal que l’on conservera pendant les premiers jours qui suivent l'intervention. On obtient ainsi des résultats qui pour n'être point parfaits procurent au malade un soulagement considérable. De plus cette opération a un autre avantage : en sectionnant le sphincter en effet, on ouvre la prostate et ainsi on peut intervenir sur les

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lésions bacillaires elles-mêmes. On pourra craindre avec raison la tuberculisation de la plaie opératoire quoi qu’il soit de notion courante que l’exposition à l’air des lésions tuberculeuses est un bon facteur de guérison.

La sphinctérotomie trouvera également son ïindication dans le cas de rétention par spasme douloureux du col ; en effet, elle supprime le spasme. Malheureusement elle crée à l1 place de la rétention une incontinence qui subsiste seulement quelques jours après l’intervention.

On emploiera aussi la sphinctérotomie dans les cas d’incontinence dûs à une pollakiurie exagérée et qui reconnaissent pour cause toujours un spasme sphinctérien. Dans le cas d’incontinence par destructions associées de la vessie et de la prostate cette méthode ne sera d’aucune utilité et il faudra songer à autre chose. À cette période il est assez indiqué s1 l’état général est assez satisfaisant et permet l'intervention de venir nettoyer et drainer la prostate qui subit la fonte caséeuse et de supprimer par conséquent un foyer putride ce qui est toujours utile. Evidemment dans ce cas la voie d'accès sur la glande prostatique est la voie périnéale. Quels seront les résultats d’une intervention pareille ? Probablement peu favorables car les lésions ne seront pas localisées à la prostate et s’il fallait intervenir sur tout ce que le processus tuberculeux à touché on serait obligé de supprimer toute la région du « carrefour uro-génital ».

Dans les cas de rétention incomplète doit-on 1n-

tervenir ? et comment ? Il est utile je crois d’institituer un traitement à cause des conséquences graves que cette rétention pourra avoir sur la fonction urinaire.

Pour éviter l'infection ascendante il faudra dès que ce trouble mictionnel sera diagnostiqué faire son possible pour faire évacuer complètement cette vessie paresseuse ou impuissante. Le sondage évidemment est une bonne méthode mais il a un inconvénient considérable ; en effet, la sonde peut refouler dans la vessie, les produits purulents contenant l’agent tuberculeux qui se trouvent dans l’urèthre prostatique et par conséquent infecter cette vessie, avec d'autant plus de chance de succès que cette dernière est en état de moindre résistance. Il sera donc employé avec beaucoup de prudence et de circonspection.

Si l'infection ascendante est proche, la situation est plus embarrassante pour le chirurgien. Là encore la sphinctérotomie, ou même seulement l’incision du sphincter sera d’une très grande ressource. Elle permettra aussi d'enlever la prostate légèrement hypertrophiée et qui par son volume est aussi un élément important de dysurie et de rétension. En somme dans presque tous les cas, 1l sera utile de bien examiner le malade de façon à se rendre compte exactement des lésions et cela ne sera que lorsqu'on aura un certain doigté et une grande expérience de ces cas très difficiles, que l’on pourra se permettre de trancher en faveur de telle ou telle intervention.

HENPA

Pour résumer l'étude du traitement des troubles mictionnels de la tuberculose de la prostate, nous dirons que le praticien trouvera dans la cystostomie sus-pubienne temporaire et surtout dans la spinctérotomie périnéale une méthode merveilleuse qui, si elle ne donne pas des résultats radicaux au point de vue de la guérison, procure un soulasement considérable au malade, soulagement qui parfois lui permet de passer quelques jours assez tranquilles avant de succomber aux étreintes fatales du terrible mal.

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