CHAPITRE VI
Les indications thérapeutiques qu'ils engendrent
Le plus souvent dans la tuberculose de la prostate le médecin aura surtout à lutter contre les troubles mictionnels, et dans la majorité des cas le traitement palliatif de ces troubles sera la seule méthode rationnelle car à cette période d'évolution de la maladie, les lésions sont trop avancées pour espérer un résultat efficace par une intervention directe sur la prostate. Nous n’envisageons dans ce chapitre que le traitement des troubles mictionnels sans nous occuper de la thérapeutique de la tuberculose de la prostate en général ; ce qui revient à dire que nous n’étudierons qu’une thérapeutique symptomatique et non causale.
Nous avons vu qu’un des troubles de la miction les plus fréquents était la pollakiurie douloureuse et qu'il est des cas où ce symptôme fonctionnel « prend un caractère d'intensité tellement marqué, soit que le sujet soit un névropathe, soit que la réaction irritative soit particulièrement marquée autour des lésions, que le sujet arrive lui-même à demander le secours chirurgical ».
Et nous savons que la douleur et la pollakiurie
POM\ADÈRE — 4
qui sont des symptômes corollaires l’une de lautre ont pour point de départ la muqueuse de lurèthre prostatique, qui par ses lésions bacillaires provoque la réaction sphinctérienne douloureuse. I1 semble donc indiqué de mettre au repos cette portion de l’urèthre postérieur et d'empêcher l’urine de venir l’irriter continuellement. Cette indication est nettement remplie par l'ouverture de la vessie qui est en somme à la base de toutes les méthodes palliatives; cette opération agit surtout en détournant la voie de l’urine, en supprimant les contractions vésicales, permettant ainsi à la vessie de se reposer. Sous l'influence de ce repos la tension douloureuse de la vessie disparaît et les douleurs mictionnelles sont abolies puisque la miction ne se fait plus. L’urine en effet ne peut séjourner dans la vessie puisque ce n’est plus un réservoir fermé, et elle s'écoule par l'ouverture qui a été pratiquée. Elle s'écoule goutte à goutte au fur et à mesure de son arrivée dans la vessie. Mais suivant la situation de l’ouverture cet écoulement se produira plus facilement et par suite il ne restera pas dans la vessie de l’urine pouvant irriter les lésions avoisinant le col vésical. Il existe deux voies d'accès pour ouvrir la vessie, ce sont celles employées pour aborder la prostate ; la voie hypogastrique et la voie périnéale.
La cystostomie sus-pubienne permet de se rendre compte de l’état de4a vessie et de voir si le processus tuberculeux ne l’a pas encore envahi surtout dans la région du col, mais le drainage obtenu par