ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE DU MEÉSENTERE
Le mésentère, d'une facon générale, est un double feuillet du péritoine qui enveloppe l'intestin grêle et ie fixe au devant de la colonne vertébrale. Considérons une coupe horizontale de l'abdomen passant au niveau de Pombilic, et suivons le péritoine dans ses circuits autour des différents viscéres abdominaux. Nous voyons qu'après avoir recouvert le rein et ses vaisseaux, il arrive sur l'aorte abdominale, et rencontre les vaisseaux mésentériques sur lequel il se réfléchit pour se porter directement en avant jusqu’à l'intestin grêle, le contourner, et suivre à nouveau, jusqu’à la colonne lombaire, les vaisseaux mésentériques. Ceux-ci se trouvent contenus, ainsi que l'intestin auquel ils se rendent, entre ces deux membranes accolées qui portent le nom de mésentère. Considéré dans son ensemble, ce repli affecte vaguement la forme d’un trapèze à côtés parallèles très inégaux, dont le plus petit serait fixé à la colonne vertébrale et dont le plus grand, beaucoup plus long, aurait été gaufré; ce qui l'a fait comparer à ces collerettes gaufrées que l'on portait au xvie siècle.
Ainsi configuré, le mésentère se trouve encadré par un cercle membraneux, formé de la continuité des replis qu’envoie le péritoine au gros intestin : le mesocæcum et le mésôcolon ascendant à droite, le mésôcolon transverse en haut, le mésôcolon descendant et le mésôcolon iliaque à gauche, le mésorectum en bas.
Son insertion fixe se fait en arrière sur une ligne partant du côté gauche du corps de la deuxième vertèbre lombaire et descendant jusqu’à la fosse iliaque droite, de telle sorte, qu’il est obliquement dirigé de haut en bas et de gauche à droite et qu’il croise, un peu obliquement, la colonne lombaire. Les deux feuillets qui le composent ne sont unis que par un tissu conjonctif extrêmement lâche, à travers lequel cheminent les vaisseaux, les lymphatiques et les nerfs qui se rendent à l'intestin grêle. En arrivant sur l'intestin, la séreuse lui estunie par un tissu conjonctif encore lâche, mais qui devient de plus en plus serré; et sur les parois latérale et antérieure, elle lui adhère intimement. À la partie postérieure, au contraire, les deux feuillets s’écartent de plus en plus pour se porter chacun sur le côté correspondant de la colonne vertébrale, délimitant ainsi un espace rempli par l'aorte abdominale, la veine cave inférieure et les ganglions prévertébraux. La surface interne de ces feuillets, comme celle de toutes les membranes séreuses, présente une surface polie et humide, partout en conctact avec ellemême, formant une cavité virtuelle.
ils sont essentiellement constitués par un réseau de lames élastiques fenêtrées etun réseau de fibresconjonc-
tives recouverts d’un endothélium parimenteux formé d'une seule couche de cellules polygonales. Les artérioles qui viennent s'y perdre sont très clairsemées ; ils ne contiennent pas de vaisseaux lympathiques. Le mésentère tire uniquement son origine du feuillet moven du blastoderme.
Le rôle physiologique du mésentère esttrès complexe et présente une importance considérable au point de vue des affections pathologiques qui peuvent se développer dans cet organe.
Il fixe l'intestin grêle au-devant de la colonne vertébrale, tout en lui laissant une certaine liberté qui lui permet de flotter et de se mouvoir dans la cavité abdominale. Ses deux feuillets, étant unis par un tissu conjonctif très lâche, peuvent s’écarter aisément quand l'intestin se distend et se rapprocher avec une égale facilité quand il revient sur lui-même. C'est donc à l’état de vacuité que l’intestin possède la mobilité la plus grande, puisque les feuillets du mésentère étant accolés dans leur plus grande étendue, celui-ci mesure sa plus grande hauteur. Ce repli du péritoine est, en quelque sorte, le pédicule de l'intestin grêle : il sert de véhicule aux vaisseaux qui doivent nourrir ses parois, comme aux vaisseaux qui vont plonger dans ses vilosités pour y absorber les produits de la digestion.
On peut se rendre compte, par cet exposé sommaire de la topographie et du rôle physiologique du mésentère, de la gravité des troubles qu’apporteront dans l’économie les tumeurs qui viendront à s'y développer.