HISTORIQUE
Les tumeurs mélaniques du mésentère n'ont jamais été l’objet d’un travail spécial, ce qui ne saurait étonner, puisque, vu la rareté de ces tumeurs, les documents font presque complétement défaut. C’est, du reste, depuis uñe trentaine d'années seulement que les tumeurs du mésentére, en général, ont été l’objet d’une étude attentive de la part des chirurgiens et des anatomo-pathologistes.
Jusqu'au xvre siècle, ces tumeurs n'étaient même pas soupconnées pendant la vie, et ce sont seulement des autopsies de femmes qui passaient pour être enceintes, qui en ont fourni quelques Observations. Aprés la découverte des chyhferes et de leurs ganglions par Aselli, en 1622, toute l'importance physiologique du mésentère se révéla aux médecins; et Matheus Martini de Halle, en 1625, Baillou, de Genève, en 1672, montrérent les troubles qui résultaient de l’obstacle apporté au cours de la lymphe par les affections de cet organe.
Vers le milieu du xvire siècle, en 1760, Morgagni (1),
(4) Morgagni. Recherches analomiques sur le siège et les causes des maladies.
LE 'ETE Ep
comparant les résultats fournis par des autopsies faites avec beaucoup de soin aux symptômes observés attentivement pendant la vie, avait acquis des notions trés nettes des tumeurs du mésentére, et avait consacré de longs développements à ce sujet. I avait observé notamment que ces tumeurs arrivent souvent au contact dela paroi abdominale antérieure, aprés avoir déjeté les anses intestinales à droite et à gauche.
Malheureusement, les médecins qui vinrent aprés lui abandonnèrent cette voie et les affections mésentériques restérentplongées dans laconfusion. Lieutaud({}, en 1767, en publie un certain nombre d’Observations dans un recueil où sont relatées toutes les autopsies pratiquées par les médecins de l'époque; mais ce recueil ne contient aucune donnée clinique. Puis Sauvages (à), en 1762, et Baume, en 1787, traitant des affections mésentériques les confondent, pour la plupart, avec le carreau. Presque tous leurs contemporains font, du reste, cette confusion, à l'exception de Portal 63}, qui divise ces tumeurs Cn squirrheuses, stéomateuses, pierreuses, cancéreuses, hydatiques, et qui distingue les tumeurs ganglionnaires localisées au mésentére de celles qui Penvahissent, en même que les autres points de l'économie. De plus il indique nettement les caractères cliniques de ces tumeurs : leur mobilité en tous
4) Lieutaud, Historia anatomica medica.
(2) Sauvages. Nasologie méthodique, t. IT.
(3) Portal. Cours d'anatomie médicale. Paris, an XU, t. V.