‹ Étude des tumeurs mélaniques du mésentèreChapitre 5 sur 16 · LD · texte numérisé non relu

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sens etleur confusion possible avec les tumeurs épiploïques. Les auteurs du commencement de ce siècle, sauf Valleix (1), qui n’admet que comme des raretés les affections spéciales au mésentére, re traitent pas du tout des tumeurs de cet organe.

C’est seulement depuis que les progrès de l’antisepsie ont permis aux chirurgiens d'opérer les tumeurs abdominales que les néoplasies du mésentère ont été bien étudiées. M. Péan leur consacre un chapitre dans son Traité des tumeurs abdominales, M, Tillaux a inspiré la thèse du Dr Collet sur les kystes du mésentére en 1884, M. Terrillon, en 1886, publia dans les Archives générales de médecine une série d'articles sur les tumeurs graiseuses de cet organe, M. Augagneur, la même année, fit des tumeurs du mésentère une étude complète dans sa thèse d’agrégation. Enfin un certain nombre d'Observations en ont été publiées dans diverses revues ou dans les Bulletins de la Société analomique.

Mais dans aucun de ces travaux il n’est question des tumeurs mélaniques. C'est que l’histoire des tumeurs mélaniques est encore fort obscure, et, bien que des travaux récents aient jeté un peu de lumière sur ce sujet, bien des points en restent encore discutés et incertains.

Leur étude ne remonte pas loin; jusqu’au commencement de ce s'écle, les auteurs comprenaient sous le

(1) Valleix. Guide du medecin praticien.

nom de tumeurs mélaniques les productions les plus diverses , aussi bien les masses ganglionnaires infiltrées de poussières charbonneuses, ou différentes tumeurs colorées par des altérations de la matière colorante du sang, que les néoplasies mélaniques propremenut dites. Laënnec semble avoir entrevu la nature véritable de la mélanose. Il appelle ainsi une production pathologique de couleur noire qui n’a point d’analogue parmi les tissus naturels. Quant à sa nature, il la considère comme une espèce distincte du cancer. Mais Lobstein (1), commentant ces idées de Laënnec, reprend l’opinion ancienne : « J'avoue, dit-il, que j'ai peine à me rendre à cette opinion... Je ne puis voir dans tous ces cas qu'un dépôt accidentel de matière noire dans des masses pathologiques... Je ne sais si je ne m’abuse, mais la formation de la matière noire me paraît être le résultat d’une stase du sang dans le réseau capillaire et d'un changement chimique qui s'opère dans cette humeur, d'où je conclus que la mélanose n’est point un produit pathologique sui generis, mais une simple coloration en noir, tantôt d'un tissu altéré, et tantôt d’un tissu accidentellement développé; et que c’est par erreur que Laënnec en avait fait un tissu particulier ». Quant à l'espèce pathologique des tumeurs qui présentaient cette particularité, on pensait que c'était toujours un carcinôme, et que le pigment occupait soit les cellules propres de ce

(1) Lobstein. Anatomie pathologique, t. T, p. 456.

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tiseu, soit le suc cancéreux lui-même. Flus tard, on reconnut que d'autres tumeurs, des sarcômes, des fibromes, pouvaient être imprégnées de matière noire ; ctmême MM. Cornil et Trasbot (1) disent n'avoir jamais rencontré le carcinôme mélanique, n1 chez l'homme, m chez le cheval. Enfin, les travaux des vétérivaires sur ces productions pathologiques très communes chez le cheval attirérent l'attention sur une forme particulière de tumeurs mélaniques, qui constitue la grande majorité des cas de mélanose chez cet animal, et que l’on rencontre quelquefois chez Phomme ; avec cette différence, toutefois, que chez l'homme elle comporte un pronostic extrèmement grave, tandis que le cheval n’en semble pas incommodé : ce sont des accumulations de pigment dans Îes tissus normaux de l'organisme, auxquelles on a donné le nom de mélanomes.

Depuis quelques années; de nombreux cas de tumeurs mélaniques ont été étudiés ; et, si les auteurs ne sont pas d'accord sur la nature du pigment, du moins l'histoire clinique de ces affections est assez bien connue.

Toutefois, presque tous les cas observés se rapportent à des tumeurs Siégeantprimitivement soit à la peau, soit dans l'œil, ou dans les organes extérieurs et facilement aecéssibles. Il n'est fait mention de semblables tumeurs dans les organes internes que par suite de

(1) Cornil et Trasbot. Mémoires de l'Acidémie de Médecine, 1888.

leur généralisation. Wirchow (1) dit : « On ne connait presque pas de mélano-sarcômes primitifs d'organes internes. Quelques données contraires se rapportent à d’autres tumeurs colorées, dans lesquelles le pigment provenait d'une stagnation ou d’une extrovasation sanguine.. Les métastases produites sur l'estomac et l'intestin ne sont au contraire pas rares. Quant aux glandes lymphatiques, ils restent souvent indemnes; en tout cas, les ganglions du médiastin et du mésentére sont plus disposés à en être affectés que les ganglions périphériques ». M. Humbert (2) dit que le sarcôme mélanique des ganglions lymphatiques est excessivement rare. M. Augagneur (3) hésite à admettre l’existence de tumeurs mélaniques primitives du mésentère : « L'’impression que laisse l'examen des cas publiés. dit-il, c'est que ces cancers, ces sarcômes, sont tous développés dans les ganglions. Or, nous savons par la pathologie des autres régions combien sont rares les tumeurs malignes ganglionnaires primitives. En généralisant ces données au mésentère, nous en arrivons. forcément à conclure que la localisation primitive a pu échapper aux observateurs. Nous avons rapporté des faits montrant que les colonies secondaires développées dans les ganglions mésentériques dépassent vite l'importance de la lésion primitive. C’est encore une

(1) Wirchow. Pathologie des tumeurs, t. Il, p. 280. €) Humbert. Th. d'ugrégation, 18%8. p. 64.

(3) Augagneur. Th. d'agrégation, 1886.

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