‹ Étude des tumeurs mélaniques du mésentèreChapitre 9 sur 16 · ANS CE · texte numérisé non relu

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notablement plus petits, de contours et de volume plus irréguliers, de coloration moins égale et moins noire. »

L'opinion la plus généralement admise est celle qui reconnait pour origine au pigment mélanique une élaboration particulière des cellules cancéreuses, ou même des cellules des tissus normaux, sous une influence inconnue. M. Heurtaux s'exprime ainsi dans son article Mélanose du Dictionnaire de médecine et de chrirurgie pratique : « La mélanine paraît être le résultat d'une action propre des cellules, car les cellules de nouvelle formation qui occupent la périphérie de la tumeur ne présentent point de granules au moment même de leur apparition. Il est vraisemblable que les matériaux qui sont convertis en mélanine dérivent du sang, et en particulier de l’hématine. Celle-ci, liquéfiée et imprégnant les tissus, est élaborée par les cellules qui la précipitent sous forme de granulations. Cette action des cellules explique comment les granules se présentent d'emblée avec leurs caractères sans offrir tous les intermédiaires par lesquels passent les globules sanguins, qui, occupant l'épaisseur des tissus, forment des pigments. » Cette hypothèse n’explique pas la production des masses mélaniques qui se rencontrent au milieu des tissus normaux et auxquelles on donne le nom de mélanomes. Aussi, MM. Cornil et Ranvier attribuent aux cellules des tissus normaux le même pouvoir qu'aux cellules cancéreuses : « À létat pathologique, le pigment noir semble être une élaboration particulière des cellules; l'apparition de ce pigment peut en effet se faire loin du système vasculaire,

ct les granulations apparaissent noires d'emblée sans passer par les teintes intermédiaires jaunes et rouges. La formation pathologique du pigment noir a heu soit dans les cellules préexistantes des tissus, et l'on a affaire alors à la mélanose simple; soit dans des éléments cellulaires de nouvelle formation, comme on l'observe dans les tumeurs mélaniques sarcomateuses ou carcinomateuses. » Rindfleisch (1) professe Ia même opinion en s'appuyant sur ce fait que linfiltration pigmentaire débute très souvent par l'épithélium des vaisseaux : « Peut-on interpréter autrement ee fait qu’en admettant que les cellules épithéliales ont absorbé la matière colorante diffuse contenue dans le sang”? que celle-ci se soit précipitée ou cadensée en granules; et si plus tard une pigmentation semblable se montre en dehors des vaisseaux et envahit tout le parenchyme de la tumeur, je pense qu’on ne peut nullement douter qu'elle ne se produise comme dans lépithélium des vaisseaux par l’absorption d'une matière colorante diffuse contenue dans le sang. ‘Foutes les jeunes cellules d'une tumeur mélanique sont incolores; les cellules prennent la matière colorante dans le liquide nourricier, celle-ci se condense et se précipite, les cellules sarcomateuses Incolores sont devenues pigmentées. La mélanose n'est donc qu'un accident de certaines tumeurs; on comprend done que quelques-unes de <es tumeurs soient partiellement mélaniques. »

(l) Rindfleiseh. Traité d'histologie pathologique.

Cependant nous comprenons difficilement que des celiules aussi différentes que celles qui forment les divers tissus normaux et les diverses tumeurs suscepbles de devenir mélaniques, puissent élaborer une substance définie et présentant des caractères constants comme la mélanine ; que ces cellules puissent transformer l'hématine en une substance réfractaire aux agents chimiques, alors qu’on n’en trouve pas d’analogue dans l’économie. Cette hypothèse ne satisfait donc pas entièrement l'esprit. Aussi M. Bard (1, s'appuyant d’une part sur les différences histologiques et cliniques qui séparent les productions mélaniques des tissus de nouvelle formation auxquels on réserve plus spécialement le nom de tumeurs ; d’autre part sur Punité d'évolution que présente la mélanose dans quelque condition qu'elle se développe ; considére cette affection comme une espèce pathologique tout à fait à part, ayant une pathogénie, une évolution, une symptomatologie à elle propres; et 1l expose nombre de faits à l’appui de cette opinion.

I remarque d'abord que chez l'homme, comme chez le cheval, le foyer primitif est habituellement extérieur, qu'il débute souvent par une plaie, un traumatisme quelconque, un ongle incarné, une opération pratiquée sur une petite tumeur stationnaire, suivie d’une généralisation presque soudaine. Ajoutant à ces données ce fait qu'il n'existe point de production semblable

(1) Loco citato.

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