A SES PARENTS
A M. Le Proresseur L. TANON
Qui nous a fait le grand honneur d'accepter la présidence de cette thèse.
Hommage respectueux.
A M. ze Docreur H. CAMBESSÉDÈS
Témoignage de notre reconnaissance pour les précieuses indications qu'il a bien voulu nous donner.
Étude des Vaccinations associées par Vaccins mixtes en Médecine humaine
Historique.
La vaccination associée est une méthode d’immunisation active consistant dans l'introduction dans un organisme vivant, d’une façon concomitante et par une unique voie d'introduction, d’un mélange de deux ou plusieurs vaccins, c’est-à-dire cultures microbiennes atténuées ou toxines d’origine microbienne simples ou traitées selon la méthode des anatoxines de Ramon, dans le but de faire naître dans l’organisme ainsi vacciné une immunité multiple à l’égard de ces antigènes. L'intérêt de cette méthode réside dans sa supériorité sur les vaccinations simples, car non seulement elle confère l’immunité contre plusieurs antigènes à la fois, mais encore semble avoir comme résultat un renforcement de l’immunité, dû aux réactions de l'organisme, contre certains d’autres ; en résumé, c’est une méthode de vaccination réalisant une simplification de la echnique d'administration des vaccins pour obtenir
des résultats d’immunisation incontestablement meil-
eure.
SHC HER
La vaccination associée prend naissance de l'observation que fit en 1924 Ramon, qui en injectant à un cheval de la toxine dyphtérique remarqua que la quantité d’anlitoxine augmentait dans le sérum du cheval chaque fois qu’il se produisait une réaction locale, au lieu d'injection, plus forte. Ceci l’amena à associer à la toxine diphtérique destinée aux chevaux producteurs de sérum antidiphtérique, de la poudre de tapioca. Un abcès ainsi causé au lieu d'injection déterminait une augmentation notable de l’antitoxine diphtérique dans le sérum.
La réaction causée par la poudre de tapioca présentant des inconvénients dans la pratique humaine, Ramon et Zoeller en 1926 eurent l’idée d'associer à l’anatoxine diphtérique — qui avait gagné déjà droit de cité dans la thérapeutique et les sciences prophylactiques — un vaccin microbien, agent d’une réaction locale plus modérée — en l'espèce le vaccin antitypho-paratyphique (T. A. B.) — pour envisager ainsi l'application de la méthode chez l’homme. Ils firent des essais aussi avec une association vaccinale bianatoxique tétanique et diphtérique sans adjonction de vaccin microbien. Les résultats furent de deux sortes :
— une production simultanée d’immunités (contrôlée par les méthodes biologiques dont on dispose : réaction de Schick, recherche des agglutinines, dosage du pouvoir neutralisant du sérum) contre les antigènes administrés.
— une augmentation notable des antitoxines diphté-
TO
rique ou tétanique du sérum, et, semble-t-il aussi, des aggJlutinines anti T. A. B.
En 1928, la thèse de Noury, inspirée par Martin, précise les connaissances en matière de vaccination associée et conclut aux mêmes avantages incontestables de cette méthode.
La même année, en septembre, Martin, Loiseau et Laffaille publient dans les Annales de l’Institut Pasteur, les résultats obtenus par la vaccination associée chez les élèves d'une école d’infirmières, et après avoir analysé les indications, les contre-indications ainsi que les réactions observées, ils se demandent si les réactions locales obtenues par l’adjonction de corps microbiens — ainsi que l'avait déjà fait Ribadeau-Dumas et Chabrun chez le nourrisson — ou d’un vaccin microbien aux anatoxines n'était de nature à renforcer constamment la vaccination par les anatoxines. Ils consiatent en même temps une augmentation du pouvoir
agglutinant chez lous les sujets vaccinés.
En octobre 1928, Zoeller dans une communication à l’Académie de Médecine, définit sa méthode des vaccinations associées comme une méthode se servant d’une association d’antigènes de nature assez différente et s'adressant par une même série de manœuvres à des maladies dissemblables, septicémiques comme la fièvre typhoïde, et infectieuses comme la diphtérie et le tétanos. Il définit le rôle de la réaction locale et linnocuité des vaccinations associées. L'auteur communique aussi les, constatations qu’il a faites lorsqu'il
A.-H. IVANOVICI 2
(re
a vacciné sur l’invitation du D’ Cartier dans un orphelinat.
Il propose la création de centres de vaccination pour intensifier la propagande en faveur des vaecinations.
Louis Martin précise dans la discussion qui s'ensuit la valeur double anti-typhique et anti-diphtérique de cette méthode, valeur contrôlable par les réactions biologiques dont on dispose.
Les conclusions sur lesquelles tout le monde est d'accord sont l'innocuité et l'efficacité de la méthode, avec la réserve pour l’innocuité d’une sélection sérieuse des sujets à vacciner, les contre-indications à observer étant les mêmes que pour les vaccinations ‘avec chaque antigène à part. Une réaction générale forte doit arrêter l'application de la vaccination par voie sous-cutanée en cours, autorisant seulement sa poursuite par voie nasale. Une condition de réussite est aussi, l'espacement des injections vaccinales à des intervalles d’une durée suffisante, chacun des éléments vaccinaux produisant ainsi des réactions immunisantes plus complètes. L'avantage du point de vue de la diffusion sociale de la vaccination associée se trouve dans la réduction des actes de petite chirurgie — piqûres — à un minimum tout en assurant une immunisation multiple.
En 1929, grâce aux critiques concernant la technique des vaccinations associées formulées par le D' Duigon, le Dr M. Coffin donne des précisions quant aux durées optimae des intervalles entre les injections vaccinales.
En 1930, Ramon expose dans un article de la Revue Médicale Française, les points capitaux des vaccinations par anatoxines et de la vaccination associée. Dopter fait en 1931, son premier ‘compte rendu de l’applicalion de la vaccination associée en milieu militaire et indique que cette méthode prophylactique qui présente pour l’armée un triple avantage : sanitaire, militaire et budgétaire, a son application depuis 1927 dans ce milieu. Pendant la période 1927-1930, environ 7.000 vaccinations ont été pratiquées avec un résultat excellent, car on n’a enregistré que 4 cas de diphtérie chez les vaccinés pendant cette époque. La vaccination anti-typhique est obligatoire dans l’armée française depuis 1914, la vaccination anti-diphtérique a été administrée aux volontaires seulement, néanmoins en cas d'urgence la vaccination collective anti-diphtérique restait possible sous la réserve d’une décision ministérielle spéciale.
La diphtérie faisant des poussées régulièrement consécutives aux nouvelles incorporations — les recrues ne jouissent pas de l’immunité acquise par les anciens soldats au contact d’un milieu où la diphtérie sévit d’une manière endémique et quelquefois épidémique — l’auteur obtient du Conseil Supérieur d'Hygiène et Epidémiologie Militaire de prendre des mesures pour une vaccination anti-diphtérique collective associée à la vaccination anti-typhique. Cette association des vaccins présentait pour l’armée l’avantage de réduire le temps perdu pour l'instruction à un minimum, de simplifier les opérations de vaccination en cumulant