‹ Étude des Vaccinations associéesChapitre 5 sur 12 · HOUR · texte numérisé non relu

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deux vaccinations en une seule série de piqüres, et enfin elle permettait l'espoir d’enrayer la diphtérie par une immunisation solide des jeunes soldats. Une réaction de Schick pratiquée chez les recrues nouvellement incorporées devait désigner ceux qui, réceptifs pour la diphtérie, devaient être vaccinés par l'anatoxine et le T. A. B., les soldats ayant une réaction de Schick négative ne subissant que la vaccination par le T. A. B. seul.

La technique ayant été réglée, selon les données qu’on possédait, la vaccination associée donna les résultats espérés, confirmant ainsi, avec une expérience de quelques milliers de cas, les données d'ordre biologique de Ramon, Zoeller, Martin, Loiseau et Laffaille. Les résultats confirmèrent encore les constatations de /latogaroff et Kostereff (janvier 1931) au sujet du fléchissement de l’immunité anti-diphtérique, et de la réaction de Schick comme corollaire, à la suite de la fatigue physique inhérente à l'adaptation des jeunes recrues à la vie militaire qui créerait chez eux un état d'anergie passagère.

Grâce à l’activité de Dopter, la vaccination antidiphtérique devient par la loi du 21 décembre 1931 obligatoire dans l’armée française. La vaccination anti-typhique l’étant déjà depuis 1914, la loi prévoit l'application sous forme de vaccination associée de ces deux vaccins chez les jeunes soldats.

En 1932, Dopter publie un bilan des atteintes diphtériques constatées chez les sujets appartenant à

39 groupements de jeunes soldats ayant subi depuis

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avril 1930-mai 1932 la vaccination anti-typhoparatyphique-anti-diphtérique, ainsi que chez ceux n'ayant pas été soumis à la vaccination associée. Les résultats sont nettement en faveur des mesures adoptées.

En 1932, Fricker et Ferrabouc publient un article très documenté sur l'application dans l'armée des vaccinations associées, et les auteurs précisent les points essentiels de la question à la lumière des résultats obtenus en milieu militaire.

En 1933, Dopter fait connaitre les statistiques se rapportant à plus de 15.000 cas de vaccinations dans l’armée et renouvelle ses appréciations favorables à la vaccination associée.

Ramon et Djourichitch donnent les conclusions de leurs études comparatives chez le cobaye et chez le lapin des résultats de la vaccination associée au moyen de divers germes et toxines. Ils formulent des constatations qui ajoutent aux anciennes connaissances celle de la nécessité absolue d’un unique point d'injection simultanée des vaccins associés, seule raison d’une heureuse influence de la réaction locale, due au vaccin microbien sur la production des antitoxines.

Giraud étudie la méthode chez l'enfant en 1934. Meersseman examine avec 13 observations à l'appui les contre-indications rénales et fixe les limites de cette contre-indication majeure qu'est la débilité rénale. Ramon et Djourichitch, rendent compte d’une nouvelle expérimentation. Enfin Suhateanu, Albesco et Tarcoveano publient des statistiques concernant

meurs

l'application de la méthode des vaccinations associées (T. A. B. + anatoxine dipthérique et T. A. B. + anatoxine streptococcique hémolytique) dans l’armée roumaine. Leurs résultats un peu discordants relèvent probablement d’une technique ayant réduit à une semaine les intervalles entre les piqûres.

Tanon et Cambessédès résument dans un article de la Revue de Puériculture, la valeur de la méthode et les avantages incontestables qu’elle présente.

En 1935, Boisserie, Lacroix et Doche publient des comptes rendus de la vaccination associée chez les enfants. Les trois années de pratique de la méthode au sanatorium de Gradignan confèrent aux premiers une autorité dans la matière. Henri, Guilleman et Passa étudient les réactions au cours des vaccinations associées, tant du point de vue clinique que du point de vue des réactions du milieu sanguin.

Déjà, en 1933, Dopter, à la demande de Ramon, pratique la vaccination antitypho-paratyphique-antidiptérique en se servant d’un vaccin T. A. B. additionné d’anatoxine diphtérique à 15 unités anatoxiques par 1 cmc., qu'il injecte à 2 reprises, avec un total de 30 U. A. Les résultats sont excellents, meilleurs qu'avec la méthode des 3 injections (voir technique). En 1935, Ramon constate que la méthode des vaccinations associées au moyen de 2 injections (30 U. A. du total) simplifie cette vaccination, lui promettant un avenir certain dans la pratique courante.

En 1936, Andrieu publie une observation concernant

un cas d'érythrodermie consécutive à une vaccination

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associée et constate qu’il s’agit du seul cas publié, probablement parce qu'extrêmeinent rare.

Dans la Pédiatrie pratique paraît un article de Dreyfus-Sée sur l’application de la vaccination associée chez l'enfant en milieu scolaire, article dont les conclusions sont — ainsi que le souhaitent les médecins inspecteurs des écoles — en faveur d’une vaccination bi-anatoxique anti-tétanique et anti-diphtérique faites à l'école et réservant la vaccination par le T. À. B. + une anatoxine au médecin de famille, car les contreindications chez l'enfant ne peuvent en être connues individuellement que par lui.

Didier Hesse précise des points pratiques et Ramon donne dans le Concours Médical du 5 janvier ainsi que dans L’Echo Médical du Nord du 31 mai 1936 les indi- <çations pratiques complètes avec des précisions de technique et de posologie nécessaires pour une adoption en pratique courante des vaccinations associées.

Enfin, les vaccinations associées en médecine humaine et vétérinaire figurent au programme des discussions du Congrès d’hygiène qui se tient à Paris ‘en octobre 1936.

Statistiques.

Avec le recul de dix ans qu’on a aujourd'hui, la question de savoir si les vaccinations associées doivent être considérées comme un moyen incontestable pour faciliter les mesures préventives ou d'arrêt des épidémies, a reçu pleinement sa réponse affirmative. En effet les statistiques, — publiées depuis que Ramon fit entrevoir cette possibilité de simplification d’une technique qui restait un des obstacles des plus importants non seulement pour la diffusion des vaccinations dans le grand public, mais même dans les collectivités telles que les armées et les écoles — se sont succédées régulièrement chaque année, produisant de nouvelles confirmations de l’excellence de cette méthode prophylactique.

Les résultats obtenus grâce aux connaissances déjà parfaites des indications et surtout des contre-indications des vaccinations simples permettent d'espérer que les vaccinations associées vont se substituer — le temps aidant — aux anciennes vaccinations qui déjà montraient une désignation de vaccinations partielles.

La première statistique publiée fut celle de Ramon

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et Zoeller en 1926 et se rapportant à 20 observations prises par les auteurs chez des individus ayant déjà été vaccinés contre les fièvres typhoïdes et paratyphoïdes, mais ayant un sérum à pouvoir agglutinant faible. Les auteurs remarquent qu'après la vaccination la quantité d’agglutinines du sang avait augmenté, ce: qui ne leur paraît pas garantir l’immunité mais seulement signer une nouvelle introduction de T'. A. B. dans l'organisme. L'immunité antidiphtérique avait été recherchée chez les 20 sujets par la réaction de Schick, et on la trouva variant de 1/10 jusqu'à 1/30 d'unité antitoxique chez 9 sujets. Chez ceux-là la première injection de vaccins associés fit monter le taux de substances neutralisantes à des chiffres de 35 unités: antitoxiques par centimètre cube. Les autres 11 sujets qui au départ avaient une réaction de Schick positive et une réceptivité diphtérique à peine défendue par un taux humoral d’antitoxines de 1/100 d’Unité Antitoxique, une nouvelle prise de sang étant pratiquée au moment de la deuxième injection, c'est-à-dire dix-huit jours après la première injection, fit constater que l’antitoxine avait atteint dans le sérum de 7 sujets un taux supérieur à 1/30 U. A., l’un d'eux avait même 3 U. A. par centimètre cube. Quinze jours après la deuxième injection une nouvelle prise de sang trouva chez 9 sujets sur 11 des taux d’antitoxine dans le sérum dépassant 1/10 U. A. par centimètre cube. Tous ces sujets avaient à ce moment-là une réaction de Schick négative franchement. Les 2 autres sujets avaient une

réaction de Schick faiblement positive et moins de:

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1/30 U. A. par centimètre cube de sérum. La conclusion de cette première série d'observations serait que la vaccination associée donnait 10% de résultats insuffisants chez des individus pris au hasard dont presque la moitié jouissait déjà d'une immunité antidiphtérique contrôlée par la réaction de Schick. La suite prouva qu'une modification de la technique allait remédier considérablement à cette insuffisance. Ramon et Zoeller constatèrent en même temps que le T. A.B. injecté avec de l'anatoxine tétanique produisait la même augmentation du pouvoir agglutinant du sérum que précédemment et que les vaccinés possédaient un sérum neutralisant 1.000-3.000 doses mortelles de toxine tétanique. La conclusion, et c'est cela qui poussa à des nouvelles recherches, en était que les vaccins associés, quoique différents autant que peuvent l'être des bacilles T. A. B. chauffés et l’anatoxine, ne contrecarraient nullement leur action immunisante respective, ils la favorisaient plutôt.

Martin, Loiseau et Laffaille pratiquent chez 30 élèves infirmières, dont 23, c'est-à-dire 76,6 % ayant une réaction de Schick positive — la vaccination associée de T. À. B. + anatoxine diphtérique. La première injection donna trois réactions fébriles moyennes et une réaction forte, la deuxième trois réactions fortes et sept moyennes. La troisième injection ne fut pratiquée que chez 17 élèves avec un mélange renfermant deux volumes d'anatoxine pour un volume de vaccin T. A. B. chauffé de l'Institut Pasteur. Les élèves ayant

fait des réactions fébriles furent évincées d'une vacci-

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