‹ Étude descriptive de la grande attaque hystériqueChapitre 20 sur 70 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

DEUXIÈME PÉIIIOÜE. — PÉRIODE DES CONTORSIONS ET DES GRANDS MOUVEMENTS (CLONISME)

Après un repos assez court, mais le plus souvent bien marqué, commence la deuxième période.

La deuxième période dans ses différentes phases et dans ses variétés semblé répondre à un même principe et n’avoir qu’un seul but, celui d’une dépense exagérée de force musculaire. C’est, si l’on veut me passer une expression un peu vulgaire, la période des tours de force; et ce n’est pas sans raison que M. Charcot lui a donné le nom pittoresque de clonisme, rappelant par là les exercices musculaires auxquels se livrent les acrobates.

En effet, cette période comprend deux phases, celle des attitudes illogiques ou contorsions et celle des grands mouvements, toutes deux exigeant une souplesse, une agilité et une force musculaire bien faites pour étonner le spectateur, et qui, au temps des convulsionnaires de Saint-Médard, avaient paru tellement au-dessus des ressources de la nature que l’intervention divine seule semblait devoir les expliquer.

§ l". — PHASE DES CONTORSIONS OU ATTITUDES ILLOGIQUES

Ici la malade prend les positions les plus variées, les plus imprévues, les plus invraisemblables.

Parmi ces attitudes qualifiées d’illogiques par M. Charcot pour es opposer aux attitudes de la troisième période, attitudes pas-

PL.i:!

-Fi^2.

2? PÉRIODE PÈRIODE DE CLOWNISME

Phase des grands mouvements

-Fig’. 1.

PÉRIODE DES CONTORSIONS ET DES GRANDS MOUVEMENTS. 51 sionnelles, qui toujours sont la représentation d’une idée ou d’un sentiment, il en est une pour laquelle la plupart des malades semblent avoir une préférence marquée. Elle se reproduit chez presque toutes et à peu près de la même façon. Le corps est courbé en arrière en forme d’arc, ne reposant sur le lit que par la tête et les pieds. Le ventre souvent météorisé forme le sommet de la courbe (pl. III, fig. 2). La rigidité de tous les membres est telle, qu’on peut déplacer la malade, la mettre sur le ventre ou sur le côté sans modifier cette attitude.

Cette forme de la contorsion se présente avec quelques variétés. Gen...., accumulant en quelque sorte les difficultés, soulève le plus souvent la jambe droite et ne repose plus que sur un seul pied.

La courbe du corps peut être plus ou moins accusée et la tête se rapprocher des talons.

Au lieu de reposer sur les pieds et la tête, la malade peut ne porter que sur un point du ventre, le reste du corps conservant sa position courbée. Quelquefois elle repose sur le côté.

Enfin, au lieu d’être courbé en arrière, le corps se fléchit, formant un arc de cercle anguleux à concavité intérieure.

11 arrive parfois que ces attitudes revêtent un caractère effrayant; les muscles de la face participent à la contracture générale, et reproduisent les expressions les plus terrifiantes. Les yeux sont démesurément ouverts, les sourcils contractés, la bouche béante et la langue sortie. Les traits, tirés en divers sens, rendent la face asymétrique. C’est l’image des possédés.

D’autres fois la grimace est moins terrible et se rapproche des contorsions grimaçantes des clowns.

Enfin, la situation que peut prendre le corps ne semble soumise à aucune loi, si ce n’est la loi de l’impossible (Fig. 15). Tout ce qu’une imagination en délire peut enfanter d’attitudes bizarres est susceptible d’être représenté. Je me réserve de revenir un peu plus loin et avec plus de détails sur ces attitudes, qui présentent leur plus haut degré de développement dans la variété démoniaque de l’attaque d’hystéro-épilepsie.

Les contorsions se distinguent des attitudes tétaniques de la pé-

riode épileptoïde, en ce que leur durée est beaucoup plus longue. La même attitude, Parc de cercle, par exemple, est souvent gardée par Gen... pendant cinq à dix minutes. De plus, la respiration s’exerce plus ou moins facilement, mais elle n’est pas suspendue. Le spasme respiratoire n’existe pas, d’où l’absence de turgescence de la face. Il n’y a pas d’écume. On ne voit point non plus apparaître les petits mouvements cloniques qui sont la terminaison des attitudes toniques de l’épilepsie.

Lorsque cette phase des contorsions est suffisamment développée, l’on voit plusieurs des attitudes illogiques que nous venons d’indiquer se succéder; et la malade passe de l’une à l’autre sans transition.

Page 1