PÉRIODE DES CONTORSIONS ET DES GRANDS MOUVEMENTS
Fig. 20.
seulement, puis elle se laisse retomber sur le lit. Elle rebondit ainsi quinze à vingt fois de suite (Fig. 19).
Marc.... exécute encore un grand mouvement qui a beaucoup plus d’ampleur (fig. 20) : elle lance les jambes en l’air et passant par les trois positions figurées ci-contre, elle retombe sur son lit, qui fait l’office de tremplin, et ce grand mouvement recommence jusqu’à dix et quinze fois de suite.
Cri. Cette phase est souvent marquée au début par un cri d’un caractère tout spécial. Il est perçant, semblable à un sifflet de locomotive, prolongé et parfois modulé. Il se répète plusieurs fois de suite, le plus souvent trois fois.
pour pousser ce cri.
Il se produit avant les grands mouvements réguliers, entre deux grands’ mouvements ou après.
Il est distinct de celui qui s’observe à la même période, au milieu des mouvements désordonnés.
B. — Les grands mouvements en effet, n’ont pas toujours la régularité que je viens de décrire. Ils consistent parfois en une sorte de lutte. La malade se tourne dans tous les sens, elle essaye de se débarrasser des liens qui la retiennent (fig. 21).
C. — Survient quelquefois une sorte de rage. La malade entre en furie contre elle-même. Elle cherche à se déchirer la figure, à s’ar-
PÉRIODE DES CONTORSIONS ET DES GRANDS MOUVEMENTS. 57 vacheries cheveux. Elle pousse des cris lamentables. Ler... se frappe si violemment la poitrine avec son poing, qu’on est obligé d’interposer un coussin.
La malade s’en prend aux personnes qui l’entourent, elle cherche à mordre (fig. 22). Si elle ne peut les atteindre, elle déchire tout ce qui est à sa portée, ses draps, ses vêtements.
Elle pousse alors de véritables cris de rage ou des hurlements de bête fauve (fig. 23).
Elle frappe son lit de la tête en même temps que des poings, ré-
pétant ce mouvement jusqu’à satiété, puis la tête est animée d’un mouvement de rotation rapide. Elle se redresse, jette les bras de tous côtés, fléchit les jambes pour les étendre brusquement, secoue la tête en la balançant d’avant en arrière et en poussant de petits cris rauques; ou bien, assise, elle tourne alternativement
la partie supérieure du tronc de côté et d’autre, en faisant une sorte de salut et en agitant les bras (fig. 24), Ces mouvements sont entremêlésdecris et se prolongent souvent foi’t longtemps. J’ai vu Gen... s’agiter ainsi pendant près d’une demi-heure. Elle est essoufflée, la face est congestionnée, le cou gonflé; la respiration, précipitée, est accompagnée d’un bruit analogue à celui d’un soufflet de forge. Et cependant rien n’arrête la rapidité de ses mouvements.
Je n’insiste pas en terminant sur les variétés de cette deuxième période de l’attaque. Les contorsions et les mouvements peuvent se prêter à diverses combinaisons. Le plus souvent la phase des contorsions précède celle des mouvements, mais ces deux phases peuvent se mêler en quelque sorte, et une attitude illogique apparaître au milieu du désordre des mouvements.
Malgré leurs aspects si variés, il est à remarquer que les contorsions et les grands mouvements se présentent presque toujours avec les mêmes caractères chez la même malade. Je montrerai