‹ Étude descriptive de la grande attaque hystériqueChapitre 6 sur 70 · Gl... est anesthésique à droite · texte numérisé non relu

Gl... est anesthésique à droite

Les hallucinations nocturnes ont souvent un caractère érotique, qui indique que le sens génital y prend une large part L

Baillarger cite l’histoire d’une dame renfermée depuis plus de dix ans dans un hospice, et qui se plaint souvent qu’un jeune médecin abuse d’elle pendant la nuit; mais, en outre, vingt fois par jour elle croitavoir à se défendre contre des manœuvres indiscrètes qu’on exerce sur elle à distance, et par des moyens cachés.

La plupart de nos malades et Gen... en particulier ^ nous offrent des exemples bien curieux de ce genre d’hallucinations nocturnes.

L’hallucination que nous venons de voir occuper une si grande place dans les phénomènes qui précèdent de plusieurs jours l’attaque hystéro-épileptique, fait quelquefois partie de l’aura et marque le début de l’accès.

Chez Alphonsine B... l’hallucination inaugure toujours l’attaque et se joint aux phénomènes ordinaires de l’aura. Le 16 juin l’hallucination est triste et la vision terrible. La malade veut se détacher pour fuir et crie d’une voix forte : « Oh! terreur! terreur!! il vient pour me faire du mal, celui-là! » Puis la respiration pressée

1. Les exemples d’hallucination des organes génitaux ne sont pas rares dans les auteurs. Elles acquièrent parfois une violence extrême, et ou lira avec intérêt l’observation rapportée à ce sujet par Baillarger {Des halhicinations, p. 344). Ces sortes d’hallucinations ne sont pas constantes chez les hystériques; et nous pouvons citer l’exemple de Ler...,une de nos hystéro-épileptiques remarquable par l’ancienneté de sa maladie, parla violence de ses attaques et chez laquelle les hallucinations sont d’un autre ordre. Mais l’on peut dire néanmoins que les hallucinations du sens génital sont fréquentes chez les hystéro-épileptiques.

Baillarger fait suivre son observation des remarques suivantes : « Si on se reporte à une autre époque, si on suppose d’autres idées et d’autres croyances, on concevra facilement celte variété de la démonomanie dont les hallucinations génitales formaient le symptôme principal, et qui portait tant de malheureuses aliénées à confesseiiqu’elles avaient eu pendant plusieurs années commerce avec le diable, etc.»

2. Son imagination malade a forgé tout un roman. Elle aurait été fiancée dans sa jeunesse à un certain Camille, qu’une fièvre typhoïde enleva, avant l’accomplissement de ses vœux. Malgré les nombreuses aventures qui depuis ontmarqué son existence, Camille est demeuré l’idéal qu’elle a toujours appelé dans ses attaques. Mais voilà qu’un jour en arrivant à la Salpêtrière, elle croit reconnaître dans M. X..., Camille qui n’aurait simulé la mort que pour échapper à ses engagements. Bientôt ce qui n’était qu’un pressentiment devient une certitude, car M. X... vient la visiter une nuit et lui avoue tout. Sa conviction depuis est tellement profonde qu’aucun raisonnement ne saurait l’en dissuader; elle a réponse à toutes les objections; depuis ce. temps M. X... vient très fréquemment, dans ses visites nocturnes, la dédommager de son abandon. (Voy. Incon. phot., t. II, p. 202.)

PRODROMES

s’arrête subitement et l’attaque commence. Le 24 juin, les attaques ont changé de caractère et l’hallucination est gaie. Elle entre dans une sorte d’extase, rit, échange même quelques mots avec la vision, qui s’arrête aux pieds de son lit. Cependant les autres phénomènes de l’aura s’accusent, douleur de ventre, constriction épigastrique, palpitations, oppression. Alors le fantôme s’approche, mais il l’étreint trop violemment, elle étouffe, c’est la période épileptoïde qui survient.

Page 1