TROUBLES DES FONCTIONS DIGESTIVES
Dans l’ordre chronologique les troubles digestifs sont des premiers à apparaître, parmi les prodromes de l’attaque. Avec les troubles cérébraux dont nous venons de parler, ils précèdent habituellement de plusieurs jours l’apparition des phénomènes douloureux.
Ils paraissent constants. La malade a de l’inappétence, ou bien le goût se pervertit. Souvent des vomissements rejettent presque immédiatement les aliments ingérés. En dehors des repas il se produit parfois des nausées, dues à la contraction spasmodique du diaphragme, de l’estomac et de l’œsophage; d’où peut résulter un état nauséeux qui se prolonge et devient très pénible.
Le .spasme de la gorge, c’est-à-dire, la suffocation hystérique^ peut siéger, soit dans le pharynx et dans l’œsophage, soit dans le larynx et dans la partie supérieure de la trachée (Briquet).
« Si l’on fait attention, dit Briquet, à ce qui se passe chez les femmes qui éprouvent une émotion morale, on saisit facilement la raison de la fréquence si grande de cette névrose (suffocation hystérique). En effet, sur quatre' cents hystériques je n’en ai trouvé que trente qui n’en avaient jamais été atteintes ; toutes en effet éprouvent lors des émotions un sentiment de compression à la ré-
gion épigastrique, et d’étranglement à la gorge. Ces sensations constituent le mode de manifestation le plus ordinaire des passions affectives. Rien d’étonnant que l’un des symptômes les plus communs de l’hystérie soit précisément le trouble que produisent ordinairement les émotions h »
Ce spasme de la gorge, si commun chez les hystériques, et qui peut se rencontrer pendant l’attaque, comme dans l’intervalle des attaques d’hystérie (Briquet), s’observe aussi parmi les prodromes de la grande attaque hystéro-épileptique, et fait ordinairement partie des phénomènes douloureux de l’aura dont nous parlerons plus loin.
Je ne ferai que signaler ici les borborygmes, et la tympanite souvent, si considérable. Gen..., avant ses attaques, sent son ventre qui gonfle. Gl..., par instants, est obligée de dégrafer sa robe sitôt qu’elle.a mangé. Cette augmentation de volume de l’abdomen, due à une accumulation de gaz dans le gros intestin surtout, survient brusquement et cesse de même. Nous retrouverons la tympanite et les borborygmes parmi les signes de l’attaque elle-même.
2" TROXJIÎLES DES SÉCRÉTIONS.
Le ptyalisme, à un degré varié, se retrouve dans le début même de l’attaque, et entre pour quelque chose dans la production de l’écume qui vient aux lèvres dans la période épileptoïde.
B... raconte qu’au moment de l’invasion de l’accès, en même temps qu’elle suffoque, elle sent un flot de liquide qui semble monter de l’estomac et lui emplit la bouche. Il est à remarquer que B..., même dans les accès les plus légers, a toujours la mousse aux lèvres.
« Une de mes clientes, dit Mathieu, est avertie de l’approché d’une attaque par l’abondance de la salive ^ ».
Les urines sont plus abondantes, claires et incolores (urine 'nerveuse).