‹ Étude descriptive de la grande attaque hystériqueChapitre 63 sur 70 · II. — .ATTAQUES COMPLIQUÉES DE SOMNAMBULISME ET DE CATALEPSIE · texte numérisé non relu

II. — .ATTAQUES COMPLIQUÉES DE SOMNAMBULISME ET DE CATALEPSIE

Le somnambulisme et la catalepsie surviennent parfois isolément chez une même malade, constituant chacun des accès d’un genre différent. Mais ils peuvent aussi se montrer réunis dans une même attaque, se succédant l’un à l’autre sans que la malade reprenne connaissance.

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On conçoit facilement la possibilité de cette combinaison si l’on se rappelle les connexions qui existent entre notre première variété de léthargie et la catalepsie. La malade peut être rendue instantanément cataleptique par le soulèvement des paupières. Pendant qu’elle exécute un acte quelconque de somnambulisme, il suffit de soulever ses paupières pour l’immobiliser et la rendre immédiatement cataleptique^. Il n’est donc pas étonnant qu’une certaine variété de somnambulisme, sous l’influence d’une cause extérieure accidentelle, ou d’une nouvelle impression morbide, se modifie et se transforme en catalepsie. Briquet dit que les attaques de catalepsie se transforment parfois en léthargie. L’observation suivante, empruntée à Bourdin, nous paraît être un exemple de somnambulisme succédant à la catalepsie dans une même attaque.

Observation XVII, concernant une fille cataleptique et somnambule en même temps, par Sauvage de la Croix {Mém. de VAc. des sc, 1742, p. 409). Mademoiselle Y***, âgée de vingt ans. Plusieurs attaques de catalepsie pure. « Mais dans le mois d’avril et de mai de la même année 1737, elle eut plus de cinquante attaques d’une autre maladie, dans lesquelles on distinguait trois temps; le commencement et la fin étaient des catalepsies parfaites,"telles que nous les avons vues ci-devant, et l’intervalle, qui durait quelquefois un jour entier ou du matin au soir, était rempli par la maladie que les filles de la maison appelaient Yaccident vif, donnant le nom d’accident mort à la catalepsie. » (P. 64.) ,

« Le 5 avril 1737, visitant l’hopitai à dix heures du matin, je trouvai la malade au lit; la faiblesse et le mal de tête l’y retenaient; l’attaque de catalepsie venait de la prendre, et la quitta en cinq à six minutes, ce que l’on connut parce qu’elle bâilla, se leva sur son séant et se disposa à la scène suivante, que les filles de ce quartier avaient déjà observée plusieurs fois. Elle se mit à parler avec une vivacité et un esprit qu’on ne lui voyait jamais hors cet état; elle changeait quelquefois de propos, et semblait parler â plusieurs de ses amies qui s’assemblaient autour de son lit; ce qu’elle disait avait quelque suite avec ce qu’elle avait dit dans son attaque du jour précédent, où, ayant rapporté mot pour mot une instruction en forme de catéchisme qu’elle avait entendue la veille, elle en fit des applications morales et religieuses à des personnes de la maison qu’elle avait soin de désigner sous des noms inventés, accompagnant le tout de gestes et de mouvements des

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