‹ Étude descriptive de la grande attaque hystériqueChapitre 9 sur 70 · TROUBLES DE LA CIRCULATION · texte numérisé non relu

TROUBLES DE LA CIRCULATION

Les palpitations cardiaques tiennent une grande place dans les prodromes de l’attaque hystéro-épileptique.

Toutes les malades s’en plaignent. Elles se montrent d’abord isolées, revenant par accès, sous le plus léger motif ou sans cause appréciable. Puis elles accompagnent constamment les phénomènes douloureux de l’aura hystérique. Ces palpitations sont tellement intenses, que les malades les perçoivent dans toute la poitrine, jusque dans le cou et dans les tempes.

Les troubles vaso-moteurs ne sont pas rares : Gen..., avant ses attaques, a souvent ce qu’elle appelle ses rougeurs h

Rosenthal rapporte un fait intéressant à plus d’un titre et dans lequel l’attaque avait pour signe précurseur une sensation de froid et une décoloration des mains et du bout des doigts.

1. 5 février. —Deux heures après midi, Gen... est au lit, contracturée des membres, elle sent que ses attaques vont la prendre. Depuis une heure elle a le front, les deux joues et les oreilles très rouges, contrastant avec le bas de la figure qui est très pâle. Les parties rouges sont chaudes au toucher. Les bras sont plus raides que le matin, surtout le gauche. Elle dit que scs rougeurs vont bientôt cesser parce que son ventre gonfle.

Quelques instants après elle avait ses attaques.

KICHER. 3

Une jeune fille de vingt-trois ans, que j’avais soignée antérieurement pour des attaques d’hystérie et de catalepsie, fut prise d’une récidive à la suite d’un coup violent sur la mamelle gauche; elle avait un hoquet opiniâtre avec paroxysmes, qui à certains jours alternait avec des attaques épileptiformes. Celles-ci avaient pour signes précurseurs une sensation subjective de froid et une décoloration des mains et du bout des doigts. Les deux mains devenaient très pâles, le bout des doigts et les ongles d’un bleu foncé ; la malade ressentait dans les mains un froid désagréable, leur température qui était de 33“,4 c. à l’état normal, descendait à 30“,6, c; le pouls baissait de 72 à 65 ou 66. Après la fin de l’attaque hystéro-épileptique, la température des mains remontait à 35“,6 ou 35“,8, la chaleur reparaissait, les doigts et les ongles devenaient très rouges, étaient le siège d’une transpiration abondante, et le pouls se relevait à 84-88.

Pendant les heures qui précédaient l’attaque, plus rarement pendant les jours qui se passaient sans attaques, il se manifestait un symptôme curieux : c’était une hyperesthésie de la peau, sur différents points du tronc, plus souvent à gauche qu’à droite; quelquefois elle était croisée, occupant le bras gauche et la jambe droite; les muscles présentaient aussi de l’hyperesthésie à la pression et au contact du lit, et la malade était obligée de changer souvent de position. On constatait alors une élévation notable de température sur le côtédu corps hyperesthésié; à la main, il y avait 35“,5,une fois même 36,1, au lieu de la normale 34“,4; au pied 35“,3, au lieu de 34“,2; dans l’aisselle, du même côté, la température était légèrement abaissée.

Les jours où l’hyperesthésie précédait les attaques, elle durait jusqu’à l’apparition des symptômes décrits plus haut, pâleur et cyanose des mains et du bout des doigts. Dès que ces symptômes se manifestaient, l’hypereslhésie diminuait, et aux mains, outre le refroidissement appréciable que nous avons signalé, elle faisait place à de l’anesthésie, avec sensation d’engourdissement dans les doigts et les orteils. Ces signes indiquaient toujours infailliblement l’approche de l’attaque. Vers la fin de l’attaque, si l’on touchait les mains ou les doigts, ils s’écartaient par un mouvement réflexe, bien qu’à ce moment la connaissance fût encore abolie, les pupilles insensibles à la lumière. Ce retour de la sensibilité qui gagnait progressivement de la périphérie au centre, était un signe certain du retour prochain de la connaissance. Tant que les doigts ou les orteils restaient insensibles, on pouvait être certain que l’attaque durerait encore longtemps. Cet état ayant persisté environ trois mois, survint tout d’un coup un mouvement fébrile, qui céda dès le jour suivant à de fortes doses de quinine ; les règles supprimées depuis plusieurs mois, reparurent, le hoquet, les vomissements et les attaques cessèrent subitement, et ma onvalescente retourna très satisfaite dans son pays *.

1. Rosenthal, Traité clinique des maladies du système nerveux, p. 471. (Traduction du docteur Lubanski.)

PRODROMES

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