‹ Étude descriptive de la grande attaque hystériqueChapitre 10 sur 70 · TROUBLES DE LA. MOTILITÉ · texte numérisé non relu

TROUBLES DE LA. MOTILITÉ

Vamyosthénie existe comme symptôme permanent de l’hystéroépilepsie, et .accompagne toujours l’anesthésie, dont elle semble partager le sort, apparaissant ou disparaissant avec elle. Mais à l’approche des attaques, la faiblesse musculaire augmente, souvent la malade ne peut se servir du bras anesthésié. Elle ne peut se peigner le matin et laisse facilement échapper les objets. Ler... dit qu’elle a son bras droit aussi lourd à lever qu’un poids de cent dix livres : « on dirait que j’ai du plomb dans le bras ». Au dynamomètre elle marque six divisions avec la main droite, tandis qu’avec la main gauche elle atteint jusqu’à vingt et un.

La démarche est mal assurée, les malades ne sont pas « solides sur leurs jambes ». Celle du côté hémi-anesthésique surtout fléchit sous leur poids. Ler... « tremble comme si elle avait commis un crime » et parfois elle s’affaisse subitement, ses jambes lui refusant tout service.

Il se produit souvent des ci^ampes douloureuses, des secousses, ou un tremblement analogue à la trépidation. Le membre est dans cet état particulier qui permet l’exagération du mouvement réflexe, par la percussion du tendon rotulien.

hes.secoasses qui agitent par instants nos malades, sont semblables à celles qui se rencontrent dans l’épilepsie vraie. La secousse consiste en une tétanisation brusque d’un groupe musculaire, de peu de durée et cessant aussi subitement qu’elle s’est produite : d’où résulte un mouvement rapide dans les leviers sur lesquels les muscles atteints prennent leur point d’attache. Ce mouvement est absolument comparable à celui que produit la décharge électrique.

La secousse peut être partielle, affecter un seul côté du corps — et al ors c’est de préférence du côté anesthésique, — un seul membre, la face, le ventre, etc., ou bien elle est générale et le corps tout entier participe au mouvement. Quand elle marche, la malade peut être renversée à terre; quand elle se trouve assise, elle est brusque-

ment soulevée de son siège, pour y retomber lourdement. C’est de préférence la nuit, au moment où le sommeil arrive, que surviennent les secousses; mais cependant elles peuvent se montrer dans le jour. La malade est réveillée en sursaut; il lui semble qu’elle tombe à bas de son lit, ce qui arrive effectivement quelquefois.

Ces secousses ou commotions épileptoïdes s’observent en dehors des attaques, et nous aurons occasion plus loin de démontrer qu’elles peuvent être considérées comme des ébauches de la période épileptoïde.

Dans les prodromes de l’attaque, les secousses sont comme le prélude de la convulsion épileptiforme, et dans les quelques secondes qui précèdent l’accès, elles vont quelquefois en se précipitant et en se rapprochant de plus en plus, jusqu’au moment où le tétanisme épileptoïde qui inaugure l’attaque, semble résulter de leur fusion.

La contracture est très souvent un phénomène précurseur des accès. Nous l’avons observée bien des fois. Elle est le plus ordinairement partielle et débute brusquement. Elle passe d’un membre dans l’autre, cesse pour revenir, et se généralise peu à peu au point d’envahir parfois les quatre membres quelques instants avant l’attaque.

L’attitude des membres contracturés est des plus vai’iables ; toutefois, chez une même malade, elle se reproduit presque toujours d’une façon identique. Chez Gen..., la contracture commence habituellement par le bras gauche, envahit ensuite la jambe droite, puis les autres membres. (Voy. pl. 1, pag. 7.)

Lesp..., au moment d’être malade, se sent envahir par une contracture générale qui immobilise tout le corps, dans la situation qu’il occupe, quand elle survient. La langue est contracturée, la pointe se fixe derrière les incisives inférieures, ou dans le coin gauche de la bouche. La malade entend encore tout ce qui se passe autour d’elle, mais elle ne peut parler ni faire aucun mouvement.

Gl..., peu d’instants avanfl’attaque, sent la pointe de sa langue qui se retourne en haut et se colle au palais. Ses mâchoires se serrent l’une contre l’autre, elle ne peut plus parler.

PRODROMES

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