‹ Étude d’ÉvangileChapitre 154 sur 188 · VI. — La prédiction du reniement de Pierre · texte numérisé non relu

VI. — La prédiction du reniement de Pierre

et de l’abandon des Apôtres

35. — L’heure des ténèbres est arrivée ; Satan s’attaque violemment au collège apostolique, et particulièrement à son chef. Jésus en prévient Pierre, et s’il l’assure qu’il n’ira pas jusqu’à l’apostasie, il lui dit qu’il commettra cependant une faute telle qu’elle nécessitera une réelle conversion.

« Simon , Simon , voilà que Satan Vous a réclamés pour vous cribler comme le froment. Mais fai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas ; et toi, quand tu seras converti , affermis tes frères. »

Luc, xxii, 3i, 32.

36. — Pierre oublie que son Maître a une connaissance parfaite de l’avenir et qu’il lit dans les consciences ; ses protestations inconsidérées de fidélité lui attirent une prédiction formelle et circonstanciée de sa chute.

« En vérité, je te dis qu aujourd’hui, cette nuit même, avant que le coq ait chanté deux fois, tu me renieras trois fois. »

Marc, xiv, 3o.

JÉSUS, SA PASSION ET SA MORT

37. — Hélas ! Jésus va devenir une occasion de chute pour tous ses Apôtres sans exception : lui, le bon pasteur, sera attaqué directement, et eux, les brebis, s’enfuiront éperdus.

« Tous, vous vous scandaliserez à mon sujet cette nuit , car il est écrit : Je frapperai le pasteur , et les brebis seront dispersées. »

Marc, xiv, 27.

38. — Cette désertion prendra le caractère d’un lâche abandon ; tous, ils abandonneront leur Maître à la merci de ses ennemis. Douloureux contraste avec la douce bonté et la touchante tendresse que Jésus venait de leur exprimer dans son discours d’adieu.

« Voici que l'heure vient , et déjà elle est venue , où vous serez dispersés chacun de votre côté, et vous me laisserez seul. »

Jean, xvi, 3 2.

VIL — De Gethsémani au Calvaire

39. — Grandeur d’àme. — Jésus va de luimême au devant de ses ennemis, pour se constituer leur prisonnier, et le premier il leur adresse la parole.

« Qu/ cherchez-vous ? »

Jean, xviii, 4.

JÉSUS ENSEIGNÉ PAR LUI-MÊME

40. — Trahison de Judas. — A ce moment, Judas, fidèle à la consigne donnée, s’approche de Jésus et lui donne le baiser perfide.

Voir précédemment, nos 33 et 3 4.

41. — Calme et majesté. Jésus tient à se faire connaître lui -même et, pour enlever toute hésitation à ses ennemis, il leur répond qu’il est ce Jésus de Nazareth qu’ils disent être venus chercher.

« C'est moi. »

Jean, xviii, 5.

42. — Désir du Sacrifice. — La puissance divine de la parole de Jésus a terrassé ses ennemis ; mais Jésus, pour qui l’heure du Sacrifice est arrivée, fait cesser leur effroi, en réitérant sa question.

« Qui cherchez-vous ? »

Jean, xviii, 7.

43. ~y~~ Offrande volontaire de la Victime. — Jésus insiste pour convaincre ses ennemis qu’il est bien celui qu’ils cherchent, et par cette nouvelle confession il se livre entre leurs mains.

«Je vous l'ai dit , cest moi. »

Jean, xviii, 8.

JÉSUS, SA PASSION ET SA MORT

44. — Tendre sollicitude pour les siens. — Jusqu’au dernier moment Jésus protège ses Apôtres qu’il aime tant ; attirant de nouveau sur lui l’attention de ses ennemis, il leur enjoint de laisser les siens en liberté.

« Si donc c'est moi que vous cherchez , laissez aller ceux-ci. »

Jean, xviii, 8.

45. — Bonté du Maître. — Au moment où les Juifs allaient mettre la main sur Jésus, Pierre, emporté par l’ardeur de son zèle pour son Maître, tire l’épée qu’il avait apportée et coupe l’oreille d’un de ceux qui composent la troupe. D’un mot Jésus arrête son Apôtre et, plein de bonté pour son ennemi, il opère en sa faveur son dernier miracle de guérison.

e Restez-en là. »

Luc, xxii, 5i.

46* — Le Dieu de la paix. — Outre qu’il est périlleux de se servir du glaive, Jésus condamne la violence de Pierre qui ne cadre nullement avec la clémence de son Maître, et il lui commande de remettre son épée dans le fourreau.

« Remets ton épée à sa place ; car tous ceux qui se serviront de Y épée périront par Yépée. »

Mat., xxvi, 52,

JÉSUS ENSEIGNÉ PAR LUI-MÊME

47. — Confiance en l'assistance d’en-haut. — D’ailleurs, Jésus n’a pas besoin des secours humains ; il lui suffirait de s’adresser à son Père pour en être aussitôt efficacement assisté.

« Penses-tu que je ne puisse pas prier mon Père , qui m'enverrait aussitôt plus de douze légions d'anges ? »

Mat., xxvi, 53.

48. — Souverain respect des desseins de Dieu. — Mais il ne demandera pas ce secours au ciel, car alors les décrets éternels, qui le vouent à la souffrance et a la mort, ne pourraient s’accomplir.

<f Comment donc s' accompliront les Ecritures qui attestent qu'il en doit être ainsi ? »

49. — Soumission amoureuse aux volontés divines. — Jésus ne veut que ce que veut son Père ; il est prêt à mourir, et l’heure en est venue.

e Le calice que le Père m'a donné , ne le boirai-je pas ? »

Jean, xviir, 11.

50. — L'humiliation ouvre la série publique des scènes douloureuses de la passion. Jésus est publiquement traité

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comme un voleur et un bandit ; il le reproche noblement à ses ennemis, d’autant plus qu’il ne s’est jamais soustrait à leurs poursuites et qu’il vivait sans défense à leurs côtés.

e Vous êtes venus me prendre avec des épées et des bâtons , comme pour un voleur ; tous les jours fêtais assis parmi vous , enseignant dans le temple , et vous ne m’avez pas saisi. »

Mat., xxvi, 55.

51. — Triomphe passager de l’enfer et de ses suppôts. — Si Jésus permet à ses ennemis de mettre la main sur lui, c’est que Satan a reçu de lui l’autorisation de les pousser au crime.

ce Triais voici votre heure et la puissance des ténèbres. »

Luc, xxii, 53.

52. — La doctrine de Jésus est une doctrine universelle comme la vérité. — Interrogé sur sa doctrine par Caïphe devant le Sanhédrin, dans l’espérance de trouver matière à sa condamnation, Jésus proteste hautement de l’universalité de sa doctrine et de la publicité qu’il a toujours donnée à ses enseignements; et en répondant au grand-prêtre de s’adresser

JÉSUS ENSEIGNÉ PAR LUI-MÊME

à ses nombreux auditeurs, il réduit son artifice à néant.

« J'ai parlé publiquement au monde. J'ai toujours enseigné dans la synagogue et dans le temple où se rassemblent tous les Juifs , et je n'ai rien dit en secret. Pourquoi m'interrogez-vous ? Interrogez ceux qui ont entendu ce que je leur ai dit , ceux-là savent ce que j'ai dit. »

Jean, xviii, 20, 21.

53. — Digne et douce protestation contre un mauvais traitement. — Souffleté par un misérable, Jésus lui en demande raison : qu’il prouve que ce qu’il vient de dire n’est pas selon la vérité, et en quoi il est condamnable d’avoir répondu de la sorte.

« Si j'ai mal parlé , fais voir ce que j'ai dit de mal ; mais si j'ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? »

Jean, xviii, 23.

54. — Manifeste mauvaise foi des juges qui vont condamner Jésus, Conduit de nouveau devant le Sanhédrin, Jésus, interrogé cette fois sur sa divinité, déclare tout d’abord qu’il ne se méprend pas sur la mauvaise foi

JÉSUS, SA PASSION ET SA MORT

qui a toujours animé ses ennemis et sur la malice de leur question.

cr Si je vous le dis , vous ne me croirez pas ; et si je vous interroge , vous ne me répondrez pas et ne me relâcherez pas. »

Luc, XXII, 67, 68.

55, — Confession solennelle de sa Divinité. — A la suite du prince des prêtres, tous les membres du grand conseil adjurent Jésus de déclarer s’il est le Fils de Dieu ; et Jésus, sachant que sa réponse serait sa condamnation, proclame hautement sa filiation divine.

Cf Vous le dites, je le suis. »

Luc, xxn, 70.

56. — Prédiction de la glorification de son Humanité. — L’humilité de sa condition présente n’infirme en rien la déclaration qu’il vient de faire; car, en tant que Messie, il va bientôt être glorifié, et un jour il en exercera solennellement les fonctions judiciaires dans la gloire et la puissance de Dieu son Père.

Cf En effet , je vous le dis , un jour vous verrez le Fils de ïhomme siégeant à la droite de la puissance de Dieu et venant sur les nuées du ciel. »

Mat., xxvi, 64.

JÉSUS ENSEIGNÉ PAR LUI-MÊME

57. — La confession et le caractère de sa royauté. — A la question de Pilate, lui demandant s’il est le roi des Juifs, Jésus, sachant que ses ennemis l’ont accusé auprès du gouverneur romain de vouloir usurper la royauté afin d’amener plus sûrement le juge à le condamner, interroge à son tour Pilate pour savoir quel sens politique ou religieux il attache à ce titre.

(( Dis-tu cela de foi- même, ou d’autres te Font-ils dit de moi ? »

Jean, xviii, 34.

58. — Comme Pilate indique clairement qu’il n’a parlé que d’après l’instigation des Juifs, Jésus tient à le renseigner sur le caractère surnaturel de sa royauté ; son royaume est un royaume tout céleste, et c’est ce qui explique pourquoi il est livré sans défenseurs à ses ennemis.

(( Tflon royaume nesi pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde , mes serviteurs combattraient pour que je ne fusse pas livré aux Juifs ; mais maintenant mon royaume nest pas d’ici-bas. »

Jean, xviii, 36.

59. — Afin de convaincre Pilate, qui l’interroge de nouveau, Jésus proclame solennellement

JÉSUS, SA PASSION ET SA MORT

qu’il est roi, que sa mission royale ici-bas est de confesser la vérité, même au prix de sa vie, et que la vérité est le caractère distinctif de tous les sujets qui composent son royaume.

« Tu le dis, je suis roi. Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité ; quiconque est de la vérité écoute ma voix. »

Jean, xviii, 37.

60. — Condamnation de l'abus d’autorité de ses juges. — Quoique toute autorité humaine dépende de la puissance divine, les juges de ce monde portent une responsabilité personnelle. Au gouverneur romain si orgueilleux de son pouvoir, Jésus rappelle sa dépendance ; et, sans l’innocenter de la condamnation que par lâcheté il allait porter contre lui, il déclare que le crime de Caïphe qui a agi par malice est plus grand que le sien.

« Tu n aurais sur moi aucun pouvoir , s il ne t’avait pas été donné d’en-haut. C’est pourquoi celui qui ma livré à toi a un plus grand péché. »

Jean, xix, h.

61. — Dernières paroles de Jésus, sur la route du Calvaire. — Jésus avait pleuré sur Jérusalem quelques jours auparavant ; il in-

JÉSUS ENSEIGNÉ PAR LUI-MEMË

vite maintenant quelques femmes pieuses, qui s’apitoient sur son sort, à réserver leurs larmes pour pleurer les malheurs qui vont fondre sur la ville déicide et sur ses habitants, en punition de sa mort.

« Filles de Jérusalem , ne pleurez pas sur moi y mais pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants. Car voici que des jours viendront où l'on dira : Heureuses les stériles et les entrailles qui noni pas engendré et les mamelles qui nont pas allaité ! »

Luc, xxiii, 28, 29.

62. — Jésus dépeint, en des images terrifiantes, les châtiments futurs de la vengeance divine ; car si lui, le juste, est traité si cruellement, qu’en sera-t-il des pécheurs et des déicides ?

e FUors ils commenceront à dire aux montagnes : tombez sur nous ; et aux collines : couvrez-nous. Car si ïon traite ainsi le bois vert y que sera-ce du bois sec? »

Luc, xxiii, 3o, 3i.

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