VIII. — Les sept paroles de Jésus ei> Croix
63. — Le pardon de la miséricorde. — Jusque dans la mort, Jésus montre combien il aime les pécheurs. Rompant le silence tragique du
JESUS, SA PASSION ET SA MORT
crucifiement, au moment où les clous s’enfoncent dans ses mains et dans ses pieds, il cherche à diminuer la gravité du crime de ses bourreaux et de ses ennemis, en plaidant auprès de son Père l’ignorance qui les aveugle, et en le suppliant, au nom de son sang versé, de leur faire miséricorde.
« Père , pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu ils font. »
Luc, xxiii, 34.
64. La promesse du ciel faite au pécheur repentant. — Jésus ne fait que passer sur cette terre. Il vient du ciel et il y retourne ; sa mission, comme son bonheur, est d’y entraîner les âmes â sa suite. Le premier à qui il assure une place dans son royaume est un pécheur repentant qui va expirer à ses côtés ; dans quelques instants, il s’en fera accompagner dans les limbes, où les justes attendent l’heure de la résurrection.
ce En vérité, je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis. »
Luc, xxiii, 43.
65. — Le testament de la tendresse. — De son regard mourant Jésus fixe tendrement sa Mère debout au pied de la croix. En l’associant étroitement à son Sacrifice, il veut la
JESUS ENSEIGNÉ PAR LUI-MEME
faire participer à ses fruits de salut. Il meurt par amour pour l’humanité ; mais il a fait le cœur de sa Mère sur le modèle du sien, et c’est à sa tendresse maternelle que, dans la personne de Jean, il confie tous les hommes.
(< Femme , voilà votre fils. »
Jean, xix, 26.
66. — Jésus ne s’est pas contenté de nous donner sa vie, mais il a voulu nous donner aussi celle de qui il tenait le sang qui coulait dans ses veines. En nous faisant ainsi ses frères, il a déposé dans nos cœurs l’affection filiale qu’il porte à sa Mère devenue la nôtre ; son testament d’amour est complet.
« Voilà voire 1^1 ère. »
Jean, xix, 27.
67. — L’intensité de la douleur. — Sous l’effet des cruelles souffrances qui l’envahissent, tout autant que pour accomplir les prédictions de l’Ecriture, le divin Crucifié laisse entendre une plainte d’agonie.
ce Fai soif. »
Jean, xix, 28.
68. — Le cri de l’angoisse suprême. — Rien n’est comparable à l’abîme insondable de douleur dans lequel est plongé Jésus. Victime divine, il éprouve l’impression du plus terrible
JÉSUS, SA PASSION ET SA MORT
des abandons, sans cependant que cette impression porte atteinte à sa confiance filiale envers son Père, dont il reconnaît les justes jugements : c’est le double sentiment qu’il exprime dans' ce cri déchirant de désolation.
« Tflon Dieu, mon Dieu, pourquoi m avezvous abandonné ? »
Mat., xxvii, 46.
69. Le divin « Consummatum est ». — Les Ecritures sont accomplies, la mission de l’Homme-Dieu est à son terme, la justice divine est apaisée, l’humanité est rachetée: Jésus le crie au monde comme un cri de victoire.
ce Tout est consommé. »
Jean, xix, 3o.
70. — La grande parole de l’éternel amour. — C’est dans le divin baiser de la confiance filiale et de l’amour paternel que Jésus expire. Celui pour l’amour de qui il meurt est son Père ; c’est dans son sein qu’en tant que Dieu il a été éternellement engendré ; c’est vers lui qu’il monte en tant qu’Homme, et pour y demeurer sans fin dans l’embrassement d’une tendre et indissoluble union.
e Père, je remets mon esprit entre vos mains. »
Luc, xxiii, 46.