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Introdaction.
Dans la dogmaliqne dirélicnne il y a deux sortes de doctrines essentiellement différentes. Les unes traitent de Dieu, de l'homme et du rapport entre Dieu et rtiomme: ce sont les dogmes proprement dits, les vérités qui forment l'essence même du christianisme; nous aimons à ks appeler les doctrines matérielles du cbristianisme. Les autres traitent de la manifestation {Enehdmmg) du christianisme parmi les hommes : ce sont les doctrines formelles, les doctrines rdalives à rÉglise, n son essence, à son ministère, à son organisalioD , à sa discipline, à ses lois, à son gouvernement Toute celte dernière série de doctrines dépend et découle naturollenient de l'idée de l'Église.
Depuis plus de quarante ans h question de l'Église est l'objet d'une grande lutte religieuse, et c'est l'intérêt que uuus portons à cette lutte qui nous a déteruiiué à faire un travail dogmatique sur l'idée de r^tise.
Précisons d'abord la. valeur et rimporlance que nous croyons devoir donner à notre sujet. Il est évident que le chrbtianisme repose uniquwient les doctrines
matérielles; oe sont elles qui sont les doctrines principales et fondamentales. Les doctrines formelles ne sont que secondaires, et des divergences <fopinions par rapport à celles-ci ne doivent pas donner lieu à des séparations en diiïérentes communions ^'excluant mutuellement. Dans le cas d'un accord parfait relativement aux doctrines matérielles, il ne pourra plus se présenter des opinions absolument hétérogènes quant aux doctrines formelles. Car les dernières ont leur base et leur point de départ dans les premières. Jamais les doctrines formelles ne devront être placées sur la même ligne que les doctrines matérielles (Parole de Dieu et sacrements), qui seules doivent déterminer Tunion entre les chrétiens (Gonf. d'Augsb.» TII).
Néanmoins les doctrines formelles ont une trèsgrande importance qu'il ne faut pas méconnaître. Elles ont surtout dans la pratique une portée immense et peuvent, selon qu'elles sont justes ou fausses, être trèsavantageuses ou nuire considérablement à l'influence , à la conservation cl à la propagation du christianisme. Il est donc du devoir de tout chrétien de s'appliquer consciencieusement à la recherche de la vérité dans des questions de ce genre. — Ces observations suffiront pour indiquer la valeur que nous attachons à Tidée de l*ÉgIise et le rapport dans lequel nous la plaçons avec la doctrine chrétienne.
La méthode que nous avons suivie don? notre travail est celle qui, à notre avis, est la seule vraie pour tout travail dogmatique. Nous avons pris pour souriîe et pour point de départ notre conscience chrétienne {dos christliche Bewmslsein) et pour norme la Bible (spécialement le iSouveau Testament) et le témoi-
gnage de l'Église, déposé essenliellemenl dans ses confessions de foi et dans ses livres de culte officiels.
Parmi les confessions de foi des différentes communautés chrétiennes, nous attachons le plus grand prix aux livres symboliques de l'Église luthérienne, parce que, d'après notre conviction, ils reposent absolument sur les principes de l'Église primitive et que seuls ils nous présentent le développement normal des doctrines chrétiennes. Nous croyons que tout développement ultérieur, et spécialement celui de l'idée de l'Église, devra marcher dans les traces de cette œuvre grandiose de nos Réformateurs.
Nous avons suivi dans ce travail une marche trèssimple. Dans un premier chapitre nous faisons l'analyse de l'idée de l'Église; dans un second chapitre nous donnons le développement des résultats de l'analyse, et un troisième chapitre est consacré à la synthèse de l'idée de l'Église.
La difficulté de notre tâche ne nous a pas échappé; aussi notre travail est-il resté bien loin derrière nos espérances et nos vœux ; cependant nous espérons que, du moins en petit, il répondra au but de tout travail dogmatique, qui n'est pas de prouver la vérité du dogme devant le forum de la raison , mais de donner au chrétien plus de lumière sur les faits du christianisme, comme l'exprime si bien un théologien allemand, qui dit: Die Dogmatik hat weder die Aufgabe den Glauben an Chri^tum zu luirkeny noch viel weniger die ij'àttliche Thorheit dem naturlichen Verstande annehmbar zu machen, sondern, wie der Apostel sagt, denen welche des Geistes sind^ dos was des Geistes ist, zu deuten {Zeitsckr. fur Prot. u. Kirche., 1860, p. 198).