‹ Étude du Cousso Brayera AnthelminticaChapitre 5 sur 7 · PIE · texte numérisé non relu

PIE

M. Stanislas Martin obtient les cristaux, en traitant {par l’alcool bouillant l'extrait alcoolique de Cousso. Il leur donne le nom de cosséine ou kwoséine. Ces cristaux sont blancs, soyeux, d’une saveur styptique, solubles dans l'alcool et l’éther sulfurique; les acides sulfhydrique, azotique et chlorhydrique les dissolvent sans les décomposer. Chauffés dans un tube de verre, ils fondent en décrépitant légèrement, et leur vapeur bleuit le papier de tournesol.

Le D' Kurr, de concert avec le D' Plieninger, a étudié le Cousso. L'infusion aqueuse des fleurs a une couleur jaune clair; elle est d’un goût astringent et nauséeux; sans action sur le papier de tournesol : l’acétate de plomb y produit un précipité jaune sale, et le sulfate de fer une coloration foncée d’un noir bleuûtre.

La solution évaporée fournit un extrait d'où l'alcool retire une matière résineuse ; cet extrait fournit en outre une proportion assez abondante de tannin.

M. Grimault à retiré des fleurs de Cousso une huile volatile et une résine. Celle-ci est obtenue en épuisant les fleurs par de l'alcool, et reprenant la teinture alcoolique par Q. $S. d’eau, qui en précipite toute la résine sous forme de flocons d’un blanc verdâtre.

MM. Viale et Latini ont trouvé dans le Cousso un produit ammoniacal qu’ils ont proposé d'appeler agénate d’ammoniaque, mais ils n'ont pas isolé n1 caractérisé l’acide agénique, ni déterminé si c’était le principe actif.

M. Stromeyer a trouvé dans cette plante :

1° Une résine amère;

2° Du tannin ;

3° Un alcali végétal qu’il a nommé cossine ou coussine.

CG. Willing en a isolé :

4° Une huile volatile ;

2° Une résine amère et astringente ayant l’odeur de l'huile.

Peireira y trouve une huile volatile.

En 1859, Bedail trouva dans les pédoncules des fleurs :

OT

1° Une résine blanche amère:

2° Une matière tannante verdissant le fer ; 3° Du sucre;

4° De l’amidon ;

5° De la gomme;

6° De la cire;

1° De la chlorophylle;

8 De Pacide oxalique;

9° De Pacide Hactique ?

Ayant analysé les fleurs il y retrouva les mêmes principes, et de plus :

De l’ammoniaque ;

Une huile de la nature de la stéarine;

De l'acide valérianique ;

De l'acide acétique ;

De l’acide borique.

Il ne put y constater la présence de l'acide lactique.

Pavési traite les fleurs de Cousso de la manière suivante : il les réduit en poudre et en prend 300 grammes qu'il mélange avec 25 grammes de chaux hydratée. Le mélange est mis à macérer pendant quatre heures dans 1000 gr. d'alcool, à une température de 75°. La teinture alcoolique est séparée, et le résidu est soumis deux fois au même traitement. Après filtration des liqueurs, le résidu est exprimé et mis à digérer pendant trois heures avec 600 grammes d’eau bouillante. Les colatures sont distillées pour en séparer l’alcool.

Le résidu de la disüillation est ensuite précipité par l'acide acétique qui en sépare une matière blanchâtre résineuse, à laquelle M. Pavesi donne le nom de koussine ou tœniine. D’après M. Bedall, cette koussine ne serait autre chose que la résine amère qu'il a

obtenue, et qui, à l’élat de pureté, se présente sous forme de poudre blanche.

M. Bedall regarde cette résine comme le principe actif du Gousso, el il a reconnu que quelques centigrammes de koussine, sufliraient pour chasser le tænia en quelques heures. D'après ce savant, la koussine aurait pour formule : C*H#0; elle ne serait pas sublimable, se décomposgerait à chaud, et émettrait des vapeurs acides d'une odeur de cuir de Russie.

Le professeur Ditterich, dans le Blütter für Heihoissenschuft (A), parle d’un principe actif du Cousso auquel il donne lenom dekoussine, et qu’il regarde comme un remède infaillible contre le tœnia. Il la donne à la dose de 2 scrupules (2,80).

Au premier abord, le corps obtenu par le professeur Ditterich paraît être le même que celui de M. Bedall. Cependant, il doit y avoir entre ces deux corps une différence sur laquelle il nous est impossible de nous prononcer, n’ayant pas les éléments nécessaires pour cela. Mais, ce que nous avancons ressort évidemment des doses différentes auxquelles les deux savants emploient un principe qu'ils appellent du même nom. Ainsi, M. Bedall affirme que quelques eentigrammes suffisent pour débarrasser du tænia, et M. Dilterich ordonne jusqu’à 2,80 de sa koussine. Comment M. Ditterich prépare-t-1l son produit? Faut-il admettre que sa koussine est moins pure que celle de M. Bedall, d’où nécessité de l’employer à plus hautes doses? ou bien faut-il croire que nous avons affaire à un produit tout différent ? Il nous est impossible de trancher la question; mais, en considérant l'analogie qui existe dans les effets physiologiques produits par l'un et l’autre médicament, nous inclinons à penser que les deux corps sont identiques et ne diffèrent que par un plus ou moins grand état de pureté.

M. Amédée Vée a bien voulu nous faire part de quelques travaux qu'il a entrepris sur cette question. Le procédé qu'il a suivi pour

A — — eq

(1) Journal de médecine, chirurgie et pharmacologie. Bruxelle, 32° volume, février 1871, page 155.

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