‹ Étude du Cousso Brayera AnthelminticaChapitre 7 sur 7 · POLE · texte numérisé non relu

POLE

ration est des plus simples. Sur 20 grammes de fleurs pulvérisées, on verse 250 grammes d’eau tiède. On laisse infuser pendant un quari d'heure, et le malade avale le mélange sans rien laisser. Le Cousso provoque la soif, mais on doit éviter de boire, autant que possible jusqu’à eftet.

Comme lemédicament peut provoquer des nausées, on ajoute au mélange le suc exprimé d’un citron. Cette addition a le doubleavantage de calmer la soif et de prévenir les vomissements. C’est ordinairement au bout d’une heure que l'effet commence par l'évacuation des matières contenues dans l'intestin. Les premières selles contiennent souvent des débris du tænia, mais c’est à la troisième ou à la quatrième que cet entozoaire est complétement épuisé, et cela sans coliques ni fièvre. Si une dose ne suffit pas, ce qui est rare, on en donne une seconde. Quelquefois on aide l’action du Cousso par une purgation d'huile de ricin.

Pour que le Cousso agisse, il est indispensabie (1) que le malade ait rendu des anneaux de fænia la veille ou l’avant-veille de l’administration du remède.

Pour éviter le dégoût que le médicament peut inspirer, M. Mentel, sur les conseils de M. Bouchardat, a granulé le Cousso dans les proportions de À partie de poudre et 2 parties de sucre. On avale le matin à jeun, à l’aide de 200 grammes d’infusion froide de tilleul, 48 grammes de granules contenant 46 grammes de Cousso. On divise les 48 grammes de granules en cinq ou six cuillerées ; on prend le tout dans l’espace d’une demi-heure. Il est quelquefois utile d’administrer 60 grammes d'huile de ricin.

Voici d’après Martin (Répertoire de Buchner), quelques formules à base de brayera.

(1) Bouchardat, Journal de pharmacie et de chimie.

Sirop de résine de brayera.

Résine de brayera . . . . . . . 0,60 AICOBAMEEMN HÉSEEGENONLO Aer à 4, 00 Sirop de manne . . . . . . . . 40,00

Émulsion du brayera.

Résine de brayera . . . . . . . 0, 60 Aleoobsessatiantts s siertat. stri 4, 00 Gomme arabique. . . . . . 16 8, 00 Huile d'amandes. . . . . . . , 8, 00 Faut au if doi bi % 8, 00 Sirop de framboises . . . . . . 24, 00

F. 5. a. une émulsion.

Pilules de brayera.

Extrait aqueux de brayera. . . . 8, 00 Poudre de brayera 1 0. .S.

Pour faire 60 pilules.

Électuaire du brayera.

Extraittdé Drayéra L ane nent, 10,00 Pulpede.tamarin, 139% 608858, "21 30,00

De toutes ces préparations aucune ne doit être adoptée pour l'usage médical; on devra toujours préférer la poudre délayée dans de l'eau. Le Cousso ainsi administré ne cause pas beaucoup de répugnance aux malades.

Quelques médecins qui ont voyagé en Abyssinie, regardent le

Martin.

A Cousso comme un purgalif violent, même comme un drastique; mais cette opinion est, exagérée, et nous croyons que le véritable Cousso ne mérite pas ce reproche.

Voici du:reste l’opinion d’un homme qui est une autorité en pareille matière, et nous ne pouvons mieux terminer cette courte notice qu’en reproduisant une observation que M. le D' Auberi-Roche rapporte dans son mémoire. | |

J'avais rapporté, dit M. Aubert-Roche, une certaine quantité de Cousso que je fis réduire en poudre très-fine. J'en fis incorporer 16 grammes dans du miel, et le soir, à onze heures, j’avalai le tout en plusieurs fois, entouré de-pains à chanter,-accompagnant chaque paquet d’un demi-verre de vin blanc de Chablis. Je voulais par là remplacer l’hydromel: fermenté- des Abyssiniens (Mez.), qui, disentils, favorise l’action du médicament. Ce jour, je n’avais pris qu’une tasse de café au lait, à dix heures du matin. Toute la nuit j'ai très-bien dormi, ne ressentant aucune colique, etle matin, à mon réveil, ayant pris 32 grammes de sel de Sedlitz, dans deux verres d’eau, je rendis une selle avec le tænia presque entier ; il s'était brisé en plusieurs morceaux; malheureusement je n’avais pas la tête. Je fus convaincu, à la vue des anneaux du cou, qu’iln’en restait pas 2 centimètres ; le reste avait 3 mètres de longueur.

Je pensais cependant être complétement débarrassé, croyant que la tête était partie dans d’autres selles, comme cela arrive souvent, ainsi que le rapporte Bremser, lorsque, après trois mois, j’aperçus de nouveaux cucurbitains. Puisque j'avais le tænia et qu’il ne me gênait pas, je voulus, avant de le tuer, connaître quel était l'effet du Cousso incorporé seulement au miel. Je suivis le même régime et la même règle que la première fois, remplaçant le vin blanc par de l’eau, et je m'endormis fort tranquillèment jusqu'au matin. Je ne sentis dans la journée aucune envie d’allér à la selle; au contraire, j'étais constipé. Le surlendemain seulement, j'aperçus dans la première selle de nombreux fragments de tænia, ainsi que dans la sui-

vante; mais la tête n’avait pas été emportée, car deux mois après les cucurbitains étaient revenus. | |

Gette fois, je résolus de le tuer et de répéter les doses. Voici comment je dirigeai mon traitement : Au lieu d’incorporer les fleurs avec dû miel, j'en fis infuser 20 grammes dans deux verres d’eau pendant douze heures; le soir je mangeai peu, et le matin, à une heure de distance, je bus. deux verres, puis je vaquai-à mes affaires. De temps en temps je ressentais bien quelques pesanteurs d'estomac, mais fort légères; vers midi, j'eus une selle ordinaire, sans fragments ; le soir je mangeai comme à mon ordinaire; ce fut seulement le lendemain que, dans une selle, je rendis une multitude de fragments.

Trois jours après, je renouvelai la dose comme ci-dessus ; seulement, avant le premier verre, j’avalai 32 grammes de sel de Sedlitz dans deux verres d’eau, afin de débarrasser l'intestin des matières fécales ; puis je pris les deux verres à une heure de distance. Cette fois je n'éprouvai aucune pesanteur. Quatre heures après, je pris de nouveau 32 grammes de sel de Sedlitz, et la première selle amena le tænia en peloton ; il avait 35 centimètres de longueur; il était encore brisé près du cou. Plusieurs selles étant survenues, ont probablement entraîné la tête. Je craignais qu'il n’en fût pour cette fois comme pour la première, mais comme il y aura un an, à la fin d'octobre, que je n’ai plus revu de cucurbitains, cela me donne l'assurance que je dois en être complétement débarrasse.

Le Cousso ne peut donc être considéré comme un drastique. C'est un médicament précieux, exempt de tout danger et d’un effet presque toujours certain. MM. Grisolle, Bouchardat, Davaine, Pruner-Bey, Hamon (Presse médicale belge, 1852), r’ont eu qu’à s’en louer, et il serait à désirer que l’emploi en fût plus répandu. Malheureusement son prix élevé ne le met pas à la portée de toutes les bourses et en fait, en quelque sorte, un médicament de luxe.

Les fleurs de Cousso n’ont été l’objet d’aucune fraude ; nous n’avons du moins trouvé ce fait dans aucun auteur.

ne O0 de Cependant, en raison des différences que nous avons indiquées entre Coussos de provenances diverses, il serait à désirer que l’on ne trouvât dans le commerce que des plantes d’origine certaine. Dans tous les cas, il convient de ne pas acheter les fleurs pulvérisées, .car la falsification est alors facile, et on s’exposerait à avoir un mélange de poudre de Cousso et de poudre d’écorce de grenadier, Un fait de cegenreja été cité par Pereira. C’est le seul exemple de falsification qui soit à notre connaissance.

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Vu : Bon à imprimer, Le Directeur de l’Ecole de pharmacie,

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