BACTÉRIOLOGIE
Les ganglions étant placés sur le trajet des vaisseaux lympha-
tiques qui naissent à la surface de la peau et des muqueuses,
il est intéressant de savoir si les germes saprophytes qui.
habitent normalement la peau et les diverses cavités muqueuses, arrivent aux ganglions. Les ganglions, qui se laissent pénétrer par des corps étrangers organiques et inorganiques (pigment, charbon), se laissent ils également envahir par les microbes? Certains auteurs n'admettent pas le passage des microbes à lravers la peau ou les muqueuses saines; il n'y aurait donc dans les ganglions que des microbes arrivés à la faveur d’une infection antérieure, et encore scraient-ils toujours peu nombreux. Pour
d'autres auteurs, les innombrables petits traumatismes que
subissent les téguments pourraient expliquer la pénétration des
microbes; les ganglions subiraient un apport continuel de
microbes et en contiendraient constamment.
Perez a étudié la bactériologie des ganglions des diverses régions, chez un cerlain nombre d'animaux (lapin, rat, chien, bœuf, mouton, homme, étc.), et a cru pouvoir établir que les ganglions contenaient normalement des microbes dans leur parenchyme ; seuls les ganglions du fœtus seraient stériles. Il a isolé: 1°des saprophytes : sarcine jaune, mesentericus fuscus, mesentericus ruber, bacterium zopfi, micrococcus flavus liquefaciens; 2° dès pathogènes : staphylocoques, sarcine, microbe typhiforme.
Ces microbes prersisteraient dansles ganglions à l’état de spores el peut être de granulations. Ils seraient très faiblement viru-
tonte. et très peu nombreux. L'examen de la lymphe prélevée dans le canal thoracique après sa ligature (Josué}, ou dans la citerne de Pecquet (Desoubry et Porcher), semble prouver que les microbes intestinaux peuvent traverser la muqueuse intes-
< tinale normale et les ganglions mésentériques.
D'autre part, certains auteurs ont montré par l’inoculation
au cobaye, que les ganglions bronchiques sains en apparence, recueillis chez des sujets non tuberculeux, contiennent très fréquemment le bacille de Koch; celui-ci arriverait aux ganglions
sans déterminer préalablement de lésion sur la muqueuse (Loomis, Pizzini, Kossel).
D'autres bactériologistes sont arrivés à des conclusions différentes. Wyssokowitch, ayant fait ingérer des staphylocoques à
des chiens et à des lapins, constata, 1 heure à 4 heures après,
que les ganglions mésentériques étaient stériles.
Neisser est arrivé aussi à cette conclusion que, même après
une repas chargé de bactéries, le chyle est stérile. Il a examiné
les ganglions de 10 bœufs et de 2 moutons et les a constamment
trouvés stériles.
J'ai fait aussi plus d’une fois l'examen nn de ganglions d'animaux sains et de ganglions d'hommes retirés à l’autopsie ou au cours d’une opération chirurgiale : très souvent, même en ensemencçant largement la pulpe ganglionnaire, J'ai
constaté que les ganglions étaient stériles,
Il ne faut donc pas exagérer l'importance du microbisme
- latent des ganglions. Si ces organes contiennent quelques
germes à l’état normal, ces germes sont toujours très peu
nombreux, et dénués de virulence, de sorte que leur existence
est à peu près négligeable.
(1) Josué. Ligature du canal thoracique. Présence de microbes dans le bout inférieur, tandis que le sang est aseptique. Sociélé de biol., 12 janvier 1895.
(2) Desourry et Poncuer. Présence des microbes dans le chyle normal chez le chien. Société de biol., 9 février 1895.
(3) Neisser. Ub. die Durchgangigkeit des Darmwand f. Bakt. Zeilschr. [. Hyg. u. Infections krank, 1896, vol. XXII, p. 12.