‹ Étude Du Ganglion Lymphatique Dans Les Infections AiguéesChapitre 53 sur 65 · ÉTUDE SYNTHÉTIQUE DES DIVERS PROCESSUS INFECTIEUX DANS LES GANGLIONS · texte numérisé non relu

ÉTUDE SYNTHÉTIQUE DES DIVERS PROCESSUS INFECTIEUX DANS LES GANGLIONS

Dans les précédents chapitres, j'ai étudié successivement les altérations histologiques des ganglions recueillis dans les autopsies et les modifications apportées aux ganglions par les infections expérimentales. Jai déjà, à cette occasion, fait remarquer l'insuffisance des renseignements fournis par l'examen anatomopathologique chez l’homme ou chez l’animal mort spontanément; cet examen ne montre en effet que la fin de la lutte, l'état du ganglion vaincu, mais il ne fournit aucune donnée sur la manière dont s’est comporté le ganglion pendant toute la durée de la maladie. |

Pour tout organe, et à plus forte raison pour le ganglion qui est, comme la rate, un organe mésodermique, c'est-à-dire un organe d'activité et de combat, c'est cette lutte elle-même qui est intéressante à étudier. La méthode qui combine l'expérimentation et l'anatomie pathologique, est la méthode de choix pour cette étude; elle permet de saisir sur le vif les processus de réaction vilale des ganglions chez les animaux et de les contrôler par l'examen anatomo-pathologique chez l'homme.

Dans toute infection, il faut avoir soin de distinguer les phénomènes réactionnels des phénomènes de destruction organique. Si dans les organes très hautement différenciés, tel que

le foie, Le rein, il semble que les éléments histologiques subissent, au cours de l'infection, surtout des phénomènes de destruction, il n'en est pas de même dans un organe à structure aussi élémentaire que le ganglion. Iei le processus de destruction ne survient que tardivement après la phase de réaction ; ainsi les cellules du réticulum commencent par se gonfler et par manifester des propriétés phagocytaires ; ce n’est que plus tard, et lorsque l'infection est très intense, qu’elles se nécrosent.

Le ganglion est un organe assez complexe, on peut y considérer deux parties principales :

1° Le système des voies lymphatiques qui n’est que la prolongation du tissu conjonctif et dans lequel se poursuivront, sur une très large surface, les phénomènes que l’on observe déjà au point d'inoculation, dans le territoire qui commande le ganglion. C’est ainsi qu'on retrouve la même espèce de cellules tuméfiées, puis vitreuses, et les mêmes leucocytes polynucléaires dans le tissu conjonctif enflammé et dans les voies lymphatiques ;

2 Le système folliculaire que les recherches histologiques ont montré bien distinct du système précédent; malgré ses rapports de contiguité, le système folliculaire ne communique que difficilement avec les voies lymphatiques; au contraire, sa richesse en vaisseaux sanguins le met dans un rapport intime avec la circulation générale.

Ces deux systèmes ont une structure et un rôle physiologique différents; le premier est surtout en rapport avec l'infection locale, le second avec l'infection générale.

Cependant cette formule ne doit pas être prise à la lettre; de même qu'il n'y a jamais d'infection locale, sans que l'économie tout entière y participe, de même le système des voies Iymphatiques réagit aussi, quoique plus légèrement, dans l'infection générale, le système folliculaire réagit autant dans l'infection locale que dans l’infection générale.

Les ganglions ne sont pas seulement en rapport avec les processus locaux ; ils peuvent aussi répercuter des impressions ressenties par l'organisme en des points très éloignés.

Page 1