‹ Étude Du Ganglion Lymphatique Dans Les Infections AiguéesChapitre 56 sur 65 · ANSE · texte numérisé non relu

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apparents; ils peuvent atteindre 10 ou 15 fois leur volume

normal, le ganglion étant, comme la rate, une véritable éponge vasculaire. On voit, dans les follicules, de grandes traînées rayonnan tes: dans les cordons folliculaires, on trouve des vaisseaux très dilatés dont le diamètre dépasse de beaucoup le diamètré habituel du cordon, de sorte que celui-ci, comprimé de dedans en dehors, est presque réduit à rien ; le tassement et l'accumulation des cellules lymphatiques autour du vaisseau dilaté pourraient au premier abord faire croire à une périartérite.

Cette congestion varie selon la nature de l'infection et selon

le siège même du ganglion. Elle se présente à son maximum

dans les infections charbonneuses et pneumococeiques; grâce à

leur richesse vasculaire elle peut atteindre un degré plus élevé

dans les ganglions bronchiques que dans tous les autres.

La congestion s'accompagne presque toujours de l'issue de globules rouges dans les voies lymphatiques et quelquefois même dans les cordons. Ce n’est d’ailleurs que l’exagération

d'un processus normal; on trouve en effet des globules rouges

en petit nombre dans la lymphe normale et dans les voies lymphatiques des ganglions sains. >

La congestion, dépassant le but, peut arriver à l’hémorragie et produire dans le ganglion des lésions qui seront étudiées plus loin.

Lorsque l'infection doit se terminer par la guérison (infection staphylococcique), la congestion, qui a atteint son maximum après quelques heures, persiste pendant toute la durée des phénomènes aigus; elle diminue progressivement après quelques jours. Lorsqu’au contraire, le processus infectieux est mortel et à une évolution rapide (infection charbonneuse), la congestion ne diminue pas; dans les cas où la mort ne survient que tardivement, comme dans certaines bronchopneumonies ou dans la fièvre typhoïde, la congestion est toujours moins intense.

Arrivée des leucocytes polynucléaires. — La congestion s'accompagne d'un phénomène capital, l'apparition dans le ganglion des leucocytes polynucléaires.

DS

Les recherches d’histologie normale nous ont montré l’absence complète de ces leucocytes dans les ganglions, aussi bien dans le système des voies Iymphatiques que dans les follicules ; le leucocyte polynucléaire absent de la lymphe normale est exclusivement un leucocyte du sang.

Ces leucocytes arrivent au SP D par 2 voies: la voie lymphatique et la voie sanguine.

4° Voie lymphatique. Toute inoculation de bactéries dans le tissu conjonctif s'accompagne de phénomènes de congestion et de diapédèse des leucocytes polynucléaires, en même temps que de réaction des cellules fixes du tissu conjonctif. L'apport de polynucléaires est, comme on sait, plus ou moins important selon le degré de virulence du microbe ou de résistance de l’individu (chimiotaxie positive ou négative).

L'arrivée de ces leucocytes a pour but de pourvoir à la phagocytose locale, peut-être aussi à la destruction des toxines et à des phénomènes de nutrition cellulaire.

Quoi qu'il en soit, si l’on discute encore sur le rôle des leucocytes polynucléaires, personne ne met en ponte son importance.

Les leucocytes polynucléaires ne restent pas cantonnés au foyer d'infection primitif, mais sont entraînés par les vaisseaux lymphatiques afférents, ils abordent le ganglion au niveau de sa convexité, et, de là, passent dans le système des voies lymphatiques sous-capsulaires, interfolliculaires et caverneuses.

Ces leucocytes sont en plus ou moins grand nombre suivant les cas: peu abondants au cours de l'infection charbonneuse expérimentale, ils sont au contraire très nombreux dans l'infection staphylococcique où il est très facile sur les coupes d'observer leur arrivée par les vaisseaux lymphatiques afférents.

2° Voie sanguine. L'arrivée des polynucléaires ne semble pas se faire par la voie lymphatique seule, et, de même. qu’au point d’inoculation les phénomènes de congestion vasculaire s’accompagnent de diapédèse leucocytique, de même dans le ganglion, la congestion intense déjà signalée s'accompagne en

général d'une leucocytose polynucléaire exagérée, d’une margination des leucocytes, et de l'issue de ceux-ci à travers la paroi du vaisseau par diapédèse.

Ces phénomènes s’observent surtout dans les cordons folliculaires : les capillaires contiennent presque autant de globules blancs que d’hématies et sont entourés d’un véritable manchon de leucocytes polynucléaires.

Aïnsi se continuent, dans l’intérieur du ganglion, des phénomènes réactionnels (congestion, diapédèse) identiques à ceux qui se produisent au point d’inoculation lors de l'arrivée des bactéries.

La distribution des leucocytes Fe re dans le ganglion est sujette à des variations.

On a vu que, dans les premiers stades de l'infection par les staphylocoques, la plus grande accumulation des polynucléaires se rencontrait à la fois dans les sinus périphériques et dans les cordons, comme si l’on surprenait: ainsi leur arrivée dans le ganglion ; plus tard, ils cheminent dans les sinus interfolliculaires et arrivent aux systèmes caverneux, où ils présentent leur nombre le plus élevé à la période d’acmé de l’infection : c'est là qu'ils persistent le plus longtemps.

D'autre part, ils sont inégalement répartis dans les voies Iymphatiques, très nombreux en certains points, presque absents en d'autres, comme si certains territoires du ganglion fonctionnaient indépendamment des autres (on verra plus tard que certaines parties peuvent suppurer, alors que le reste du ganglion est presque indemne).

Les leucocytes polynucléaires ne restent pas toujours absolument cantonnés dans les voies Iymphatiques. On sait déjà qu’on peut les trouver, après diapédèse, dans les cordons folliculaires ; ils peuvent envahir aussi la nappe réticulée, mais cet envahissement est rare et tardif. Le follicule, et son centre germinatif en particulier, n'est jamais envahi ; on peut voir quelquefois les voies Iymphatiques bourrées de polynucléaires, alors que ceux-ci sont complètement absents des follieules. Ce faif, un peu en contradiction avec les idées courantes sur la com-

munication entre les voies lymphatiques et le système folliculaire, est important à noter.

Dans les cas où l'organisme triomphe dans sa lutte contre les bactéries, l’arrivée des leucocytes polynucléaires estun phénomène transitoire ; les voies lymphatiques continuent à apporter au ganglion les leucocytes exsudés au point d’inoculation, mais la leucocytose qui avait accompagné les phénomènes congestifs du début cesse, et la proportion des leucocytes du sang redevient normale. L'apparition précoce de la leucocytose polynucléaire et sa disparition dans la suite, est un phénomène sur lequel les expérimentateurs ont souvent insisté (Borrel l’a signalé dans la tuberculose expérimentale, Werigo dans l'infection charbonneuse, Norrenberg dans l'infection staphylococcique).

Réaction du réticulum. — [La réaction du réticulum des voies lymphatiques est un phénomène très précoce. Elle débute trois quarts d'heure après l’inoculation, dans l'infection staphylococcique expérimentale ; 4 heures après, dans l'infection charbonneuse.

Cette réaction est, en tous points, comparable à celle des cellules fixes du tissu conjonctif, de l’endothélium des alvéoles pulmonaires, et de l’endothélium des séreuses que les travaux intéressants de MM. Cornil et Ranvier nous ont appris à connaître. Les centres nerveux eux-mêmes sont, au niveau des foyers de ramollissement ou des plaques de sclérose médullaires le siège d'allérations analogues (1) . |

Les cellules fixes du réticulum et les cellules endothéliales appliquées à la surface des cordons et des follicules sont à l’état normal aplaties et à peine visibles.

Dans l’inflammation elles se gonflent, deviennent hémisphériques, arrondies, atteignent huit ou dix fois leur volume primitif, puis se pédiculisent, perdent leurs prolongements et enfin se détachent ; leur noyau, normalement mince et allongé,

(1) Basinskr. Sur la sclérose en plaques. Thèse, 1885. ‘

devient vésiculeux et subit une tuméfaction énorme. Les cellules, tuméfiées et desquamées, deviennent libres dans les voies lymphatiques et se mêlent aux gros leucocytes mononuceléaires en cireulation dans la lymphe. Elle s'accumulent parfois en très grand nombre dans les sinus et en amènent l’obstruction. Souvent leur noyau continue à se diviser par karyokinèse ou par division directe, et on peuttrouver dans leur intérieur deux ou plusieurs noyaux ovoïdes constituant une sorte de cellule géante.

Toutes ces cellules ont des propriétés phagocytaires. Elles englobent dans leur protoplasma les hématies, et les transforment en grains de pigment ocre ; c’est là un des moyens de résorplion du sang épanché dans Fe voies lymphatiques. Elles absorbent de même des fragments nucléaires, des débris cellulaires et même des cellules entières; on voit parfois dans leur intérieur un où plusieurs leucocytes polynucléaires à noyau sain ou dégénéré. Ces débris et ces cellules sont généralement entourés d’une vacuole claire. Les phagocytes peuvent enfin absorber des bactéries et les digérer. En un mot, ils jouent le rôle de macrophages destinés à détruire et à emporter hors du ganglion les produits de déchet.

Bientôt ces cellules subissent une nouvelle modification : leur protoplasma devient vitreux, homogène et se teinte fortement par les couleurs acides; leur noyau se contracte et prend plus fortement et uniformément les matières colorantes ; c’est la dégénérescence vitreuse ou hyaline. Cet aspect ne se voit que rarement dans les infections à marche suraiguë comme le charbon ; on l'observe plus souvent dans les infections à durée plus longue (infection staphylococcique, bronchopneumonies).

Lorsque l'infection se prolonge, ou lorsqu'elle est particulièrement toxique, les cellules précédentes subissent une véritable nécrose ; leur protoplasma et leur noyau se colorent à peine, | les bites de la cellule sont indistinctes ; elle arrive à former une sorte de bloc pâle, granuleux, irrégulier, qui tend à se fondre avec les voisins ou à her en Rs Ce sont ces cellules nécrosées qui remplissent les voies lymphatiques des

ganglions mésentériques dans la fièvre typhoïde et des ganglions bronchiques dans certains cas de pneumonie.

Le réticulum des systèmes folliculaires (nappe réticulée, cordons et follicules) réagit à l’inflammation d’une façon analogue, mais cette réaction est plus tardive (elle apparaît à la 18° heure seulement dans l'infection staphylococcique), et beaucoup moins marquée. [1 en est de mème pour le tissu conjonctif de la capsule et des travées. Les noyaux des cellules fixes deviennent clairs, gonflés, allongés, ils se multiplient par division directe ou par karyokinèse, et l’on voit de grandes travées pâles, longitudinales ou circulaires, développées principalement autour des vaisseaux sanguins et pauvres en cellules Iÿmphatiques.

Ces cellules peuvent, comme celles du réticulum, subir la nécrose et se transformer soit en cellules épithélioïdes, soit en cellules vitreuses ; mais ces altérations ne se rencontrent que très rarement dans les infections expérimentales (infection diphtérique avec mort du cobaye) ; on les voit au contraire habituellement dans certaines bronchopneumonies à durée assez longue.

Le gonflement et la multiplication de l’endothélium .des capillaires sanguins avec apparition de figures de karyokinèse est un phénomène du même ordre. Dans le ganglion, comme dans le foie et le rein, ces endothélium servent à la phagocytose des microbes en circulation dans le sang.

Que deviennent plus tard toutes ces cellules desquamées ? Lorsque la mort termine l'infection, nous avons vu que beaucoup d’entre elles étaient déjà réduites à l'état de granulations fibrinoïdes mèlées à la lymphe. Lorsque la guérison survient, il est probable que leur évolution est plus lente, qu'elles sont emportées par la lymphe hors du ganglion, se détruisent peu à peu et sont englobées à leur tour par les macrophages actifs.

Avec l’hypertrophie du tissu conjonctif, coïncide une augmentation très marquée des cellules à granulations basiques ou mastzellen d'Ehrlich. Celles-ci se retrouvent non seulement sous forme de cellules allongées, rameuses, chargées de granulations, mais encore sous l'aspect de cellules arrondies qui sem bles pénétrer dans la lymphe circulante.

Hypertrophie du follicule. — L'augmentation de volume du ganglion n’est pas produite seulement par la congestion, mais aussi par l’hyperplasie cellulaire. Dans toutes les régions du ganglion, aussi bien dans les voies lymphatiques que dans Île système folliculaire, l'augmentation du nombre des cellules est remarquable ; mais nulle part il n'est aussi marqué qu'au niveau des follicules.

Cependant, comme il est impossible de compter les cellules une à une et comme, ainsi que l'a très bien dit Flemming, les centres germinatifs sont en perpétuelle évolution, il est difficile de saisir sur le vif les phénomènes de multiplication cellulaire. Au début de l'infection, les centres germinatifs ont une importance considérable, peut-être plus grande encore qu à l'état normal ; ils remplissent presque tout le follicule qui est lui-même augmenté de diamètre, et les figures de karyokinèse y sont extrèmementnombreuses. ; rs

Pendant les premiers stades de l'infection, la karyokinèse se produit sans être altérée par la maladie ; elle diminue dans la suite, mais on en retrouve des traces jusqu'à une période très avancée de l'infection lorsque celle-ci a duré longtemps, parfois même jusqu'à la fin, alors que des lésions de nécrose ont déjà envahi certaines parties du ganglion. Le follicule lutte jusqu’au bout avec activité. Ce fait peut être vérifié aussi bien dans les infections humaines que dans les infections expérimentales. Enfin chez les individus qui résistent à la maladie, chez les animaux réfractaires par exemple, la multiplication cellulaire indirecte ne cesse jamais dans les follicules.

Aux stades avancés de l'infection, la karyokinèse est plus difficile à observer : la couronne périphérique de lymphocytes du follicule s’épaissit, se tasse et rétrécit un peu le centre germinatif ; celui-ci est de plus envahi par un certain nombre de lymphocytes (1).

(4) Mais, lorsque la guérison survient, la karyokinèse reparait avec toute son intensité, comme s'il se produisait dans le ganglion une véritable rénovation cellulaire, Il est très difficile d'interpréter ce qu'on observe alors. En eflet, si l’on

Les cellules noéosiphiles qu'on trouve normalement en grande quautité dans les cordons folliculaires, dans certaines parties de la nappe réticulée, et dans les voies lymphatiques des ganglions du cobaye et du lapin, semblent disparaître dès le début de l'infection. Elles peuvent reparaître dans la suite : c’est ainsi que Je les ai vues en grand nombre dans les ganglions de trois cobayes morts d’ tacient staphylococcique, d'infection diphtérique et d'infection charbonneuse.

L'état de nos connaissances actuelles sur le rôle osioue que des cellules éosinophiles ne permet pas de tirer la moindre conclusion de ces observations.

Mode de terminaison. — Lorsque la réaction du ganglion ne dépasse pas les stades que je viens de décrire, la restitution ad integrum peut se produire. La congestion diminue, le sang épanché peut rentrer dans la circulation générale où les hématies altérées sont probablement détruites par la rate et le foie. De plus dans le ganglion même, les hématies sont englobées par les macrophages suivant un processus digestif particulier. Les cellules endothéliales du réticulum restées en place suffisent à la restauration de ce tissu ; les cellules desquamées sont emportées par les vaisseaux l'ophatiqueelt )-On ne trouve plus, après

ne tient compte que de la diminution du volume des centres germinatifs et du nombre des karyokinèses, il semble que le follicule envahi par de nombreux lymphocytes soit en train de repasser à l’état indifférent, inactif, et de redevenir ce qu'il était chez le fœtus et fe nouveau-né, ce qu'il sera plus tard chez le vieillard.

Mais si l'on songe que la division cellulaire indirecte dans les centres germi- -natifs donne naissance à de petits lymphocytes qui sont normalement entraînés à la périphérie pour constituer la couronne périphérique du follicule et passer de là dans Ja nappe réticulée et les voies lymphatiques ou dans le sang, si l’on ajoute à cela le fait d'une très grande activité karyokinétique au début de l'infection, on peut considérer comme un phénomène d'activité l'accumulation des lymphocytes sains dans le follicule. Il est possible que ceux-ci, produits en très grande abondance, n'aient pas le temps de s'échapper du follicule et soient contraints de s'accumuler à sa périphérie ; peut-être aussi la pression intraganglionnaire exagérée par l'augmentation du nombre des cellules vient-elle gêner la migration des lymphocytes.

Si l'on pouvait montrer d’une facon certaine l'augmentation du nombre des karyokinèses au début de l'infection, le fait serait démontré; peut-être celles-ci sans être plus nombreuses, se font-elles avec plus de rapidité.

(1) Scuumacuer admet aussi la transformation des cellules du réticulum en

un certain temps (43 jours), la moindre altération du réticulum ; quelquefois il reste cependant un peu épaissi. Lorsque ces processus sont un peu prolongés et surtout répétés, ils peuvent aboutir à la sclérose et à la suppression physiologique de l'organe.

L'activité karyokinétique du système folliculaire persiste et semble même s'exagérer pendant la période de terminaison, comme si elle avait à répondre au besoin de rénovation cellulaire. Dans un cas d'infection staphylococcique guérie, j'ai vu. apparaître une ébauche de centre germinatif dans un cordon folliculaire, alors que ceux-ci n’en contiennent pas normalement. Dans ces cas, la karyokinèse ne se voit pas seulement dans les centres germinatifs; elle diffuse un peu partout dans la nappe réticulée, les cordons et les voies lymphatiques: elle est désorientée.

9 Processus infectieux à distance (Étude du ganglion éloigné du point d'inoculation). — L'étude du ganglion du côté opposé à l’inoculation, celle du ganglion axillaire ou du ganglion mésentérique dans mes expériences, permet de saisir la part que prend Le ganglion dans la réaction générale de l'organisme.

Cette étude comporte cependant une cause d'erreur que je dois signaler, c'est la rapidité avec laquelle l'infection ganglionnaire se propage à des ganglions assez éloignés du point d'inoculation. Six heures après l’inoculation, j'ai vu, dans l'infection staphylococcique, les vaisseaux lymphatiques apporter des leucocytes polynucléaires aux ganglions éloignés.

Ce fait, déjà vrai pour l'infection aiguë, l’est encore plus pour l'infection chronique. Chez un cobaye, dans un cas de staphylococcie chronique ayant duré deux mois et dont le point de départ avait été un abcès du sein gauche, j'ai trouvé tous les ganglions périphériques suppurés ou sclérosés et-reliés entre eux par des cordons de lymphangite ; toutes les étapes de l'infection lym-

phagocytes qui englobent les corps étrangers et les hématies; après qu'ils ont joué leur rôle, un certain nombre de ces phagocytes se détruisent, tandis que les autres reviennent à l'état.de cellules du réticulum, ce qui explique l'apparition de pigment à l'intérieur du réticulum, notée par Frey.

phatique avaient donc été parcourues chez ce cobaye; seule la dernière étape, l'infection sanguine, faisait défaut,

On peut rapprocher de ce fait les observations d’Arloing qui a montré chez le cobaye la généralisation de l'infection tuberculeuse par les voies Ilymphatiques.

En dehors de ce mode d'infection dont il faut toujours tenir compte, on peut arriver à saisir la réaction générale des ganglions aux processus infectieux. Dès le début de l'infection, celle-ci se traduit dans le ganglion éloigné du point d’inoculation par une congestion légère. Cette congestion s’accentue

dans les stades suivants et s'accompagne de diapédèse des hématies et des leucocytes polynucléaires : on voit parfois de véritables hémorragies (charbon). ;

Dans les follicules, la couronne de lymphocytes augmente d'épaisseur et les lymphocytes envahissent le centre germinatif. Les sinus et les systèmes caverneux présentent des phénomènes de phagocytose qui sont parfois très actifs; je les ai observés dans les ganglions inguinaux au cours de la pneunomie et de la fièvre typhoïde.

En somme, à part les altérations des sinus qui relèvent surtout de l’infection par la voie Iymphatique, la réaction générale se traduit principalement, dans les ganglions éloignés, par de la congestion vasculaire avec diapédèse et par une hyperplasie cellulaire dans les follicules. Elle se distingue de la réaction locale par une intensité moindre du processus, par des altéra- ” tions moins accentuées, et surtout par une participation plus fable et plus tardive des voies lymphatiques à l’inflammation.

Quelles sont les causes de cette modification des ganglions éloignés? Outre les voies lymphatiques, les vaisseaux sanguins apportent au ganglion des substances irritantes. Dans certains cas, Où il y à nor générale microbienne, le processus, s'explique facilement : mais la réaction des ganglions éloignés

se voit déjà à une époque où l'infection générale n'existe pas ; par conséquent les toxines microbiennes élaborées au point d'inoculation, et diffusées dans la circulation générale peuvent seules être misesen cause.

3° Processus infectieux généralisé. — Lorsque les microbes sont apportés directement par {la circulation sanguine, comme cela se voit spontanément dans les maladies générales ou comme nous l'avons vu expérimentalement, tous les ganglions de l'organisme réagissent. La congestion est, là encore, le premier phénomène en date, et atteint un degré très marqué : elle peut aller jusqu'à l’hémorragie; elle s'accompagne d’une diapédèse de leucocytes polynucléaires, ce qui explique qu’on puisse retrouver ceux-ci dans les cordons folliculaires et même dans les voies Ilymphatiques voisines.

Sous l'influence de cette hémorragie et de l'apport de toxines, le réticulum des voies lymphatiques réagit et se gonfle ; mais cette réaction est toujours beaucoup moins prononcée que dans le cas d'infection locale. De

L'endothélium des vaisseaux sanguins se gonfle, entre en karyokinèse et se multiplie ; ce gonflement très considérable ici concorde avec le rôle que Wyssokowitch et Wérigo attribuent à l’endothélium vasculaire pour l'englobement des bactéries circulantes et même des leucocytes polynucléaires chargés de ces bactéries et qui circulent dans le sang.

La réaction des follicules est beaucoup moins marquée que dans l'infection locale et s'arrête plus rapidement. |

4° L’injection de toxines microbiennes détermine une réaction analogue à celle des cultures microbiennes, C'est ainsi que les toxines staphylococciques peuvent produire des abcès du tissu cellulaire ou un afflux considérable de leucocytes polynucléaires (Denys, Van de Velde), et que la toxine diphtérique produit des phénomènes de nécrose plus marqués que le bacille lui-même.

Dans l’action des toxines sur les ganglions, il faut avoir soin de distinguer les intoxications eurables et les intoxications mortelles. Dans les premières, il se produit, une-demi-heure après l'inoculation, une hyperleucocytose, comme Chatenay l’a conslaté avec les toxines tétanique, diphtérique, la ricine et l'abrine. Cette hyperleucocytose s'explique facilement par la

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conservation de l’activité des centres germinatifs dans les follicules ; elle assure la défense générale de l'organisme. Les leucocytes polynucléaires sont apportés en grande quantité au ganglion pour assurer la défense locale ; mais au contraire de ce qui se passe dans les infections microbiennes où la sécrétion des toxines est continue, ils disparaissent très rapidement.

Dans les intoxications mortelles, il se faitune hypoleucocytose progressive en rapport avec la nécrose précoce des centres germinatifs; les leucocytes polynucléaires n'arrivent pas au ganglion. |

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