B. — RECHERCHES PERSONNELLES SUR LA STRUCTURE DU GANGLION NORMAL
Tandis que Ja structure du tissu réliculé et le mode de distribution des vaisseaux ont été merveilleusement définis par les recherches de MM. Ranvier, Renaut, etc., l'étude cytologique du ganglion a été très négligée en France. Les auteurs français se bornent à dire que le tissu réticulé contient des leucocytes analogues à ceux du sang, et ne cherchent pas à préciser la nature de ces leucocytes, pas plus que la distribution exacte des diverses variétés cellulaires que l’on trouve dans chacun des segments du ganglion.
Par contre, l'étude cytologique a été poussée très loin en Allemagne. Les travaux de Flemming, d’Arnold, de Hoyer, etc., permettent de saisir la structure fine du ganglion.
M. le D' Bezançon-et moi, à l’aide d’une technique appropriée, nous avons facilement vérifié ces recherches et constaté que la description de Flemming en particulier est de tous points exacte. Nous avons pu même préciser certains détails de structure qui avaient passé inaperçus. L’intérèt de ces recherches n'est pas purement anatomique : de grosses questions de physiologie et de pathologie générale se rattachent à cette étude; enfin, faute de connaître la structure précise du ganglion, on serait tenté de décrire comme pathologiques des aspects qu'on rencontre dans le ganglion normal.
Technique. — La fixation par l'acide osmique ou le liquide de Flemming qui donne d'excellents résultats pour le réticulum du ganglion et la recherche de la graisse, n’est pas absolument nécessaire pour l'étude cytologique du ganglion ; et même ces procédés de technique rendent la coloration des cellules particulièrement difficile. La technique suivante, qui est en somme la technique générale applicable à tous les organes, et qui permet
la coloration de toutes les variétés cellulaires (globules rouges,
cellules éosinophiles, mastzellen, plasmazellen), qui d'autre
part fixe les cellules en karyokinèse, doit être préférée : | 4 Fixation des pièces dans le sublimé acétique.
Sublimé. A LR Pet Lie dE CR OR 5 ACIDE nr Du pue La. à: 2 ID Eau distillée. . .. QE 100
Laisser les pièces 24 heures; puis les laver à l'eau courante pendant 24 à 48 heures.
2° Inclusion des pièces dans la paraffine. Pour cela, passages successifs dans les bains suivants :
AlCOOL 4000 OT M ET PT TR RMI 2 M HOUTES:
ATCOOUL ADS OM RP RIT RE RRe PRO —
DA LO) PRET PE — Xylol paraffiné (mélange à à par ties égales de xylol et de paraffine mis à létuve à 370). . RER — Pâraffine pure fusible à 55°. . . ; 3 ou 4 heures. Inclure définitivement la pièce dans de la paraffine n'ayant pas encore servi et fondue dans l’étuve à 55, - 3° Faire des coupes aussi minces que possible, et ne les coller par l’eau albumineuse que lorsque les coupes se dissolvent sous l'influence des réactifs. Le collage des coupes masque le réticulura du ganglion.
4° Coloration. — Il n'est pas nécessaire de se servir de la technique compliquée donnée par Ehrlich pour l'étude des cellules à granulation, ni du bleu polychrome indiqué par Unna pour l'étude des mastzellen et des plasma zellen. La technique suivante, extrêmement simple, remplit loutes les indications. a. Triple coloration par l’hématéinc-eosine-aurantia. — On colore pendant deux ou trois minutes dans l’hématéine de Meyer, puis on lave soigneusement à l’eau ; au sortir de ce bain, les coupes sont plongées dans un mélange d’éosine et d’aurantia où elles restent deux à trois minutes. L'hématéine colore en violet foncé les noyaux et leurs granulations et permet déjà l'étude des figures karyokinétiques. L’éosine colore en rose certains protoplasmas cellulaires, le
RE re
rél iculum, Je tissu conjonetif et les ananete éosinophiles ; : l'aura tia colore en Jaune orangé les globules rouges. Coloration par la thionine phéniquée de Nicolle. — On ; plonge les coupes deux minutes dans la solution, puis on lave neusement à l’eau. Cette matière vélorante permet une. très phone du Laopen et de tous les PRÉRRÈNE de
ions nt des balles qui on à en violet rouge et pour le protoplasma des plasmazellen qui est teinté en violet. Elle colore les globules rouges en vert et la fibrine en bleu verdâtre. : %
Æ ee Ye Coloration des microbes. — La thionine sert pour les - Le <> microbes ne prenant pas le Gram, et la méthode de Weigert < = us ès bactéries qui restent alice par la méthode de RES
tin ere de re de tabs: dentant et d'homme, ecuetllis dans les conditions les oi pour la conser-
| Les animaux de laboratoire ont tous, à peu de différence près, les ganglions construits de la même manière. Le cobaye a été le plus employé dans nos expériences : c'est donc le ganglion de cet animal qui servira de type à la description.
= De plus, dans chaque animal, les divers ganglions inguinaux, axillaires, bronchiques, mésentériques, elc., sont à peu près 4. identiques ; ce qui sera dit de l’un sera donc vrai aussi de l'autre; j'indiquerai toutefois en terminant, quelques aspects “paiticuliers qui les distinguent.
Cobaye. — Ganglion de laine. — Examinons-le d'abord à un Î : faible grossissement pour nous rendre comple de sa topogra- LL [AE Le ganglion est entouré par une capsule qui n'envoie que des prolongements peu nombreux et ténus dans son intérieur.
Immédiatement sous la capsule, existe un sinus étroitrempli de RES LaBBé. 2
HR CRE à | cellules. Ce sinus sépare la capsule d’une nappe à peu près homogène de tissu réticulé, qui occupe toute la région corticale, et qui donne naissance dans la région médullaire à une série de cordons folliculaires. k
La nappe réticulée présente un aspect homogène; c'est à peine si l’on peut y distinguer, de place en place, quelques rudiments de sinus. Son épaisseur varie suivant le point considéré : ici elle atteint presque le centre du ganglion, là elle est réduite à une mince lame périphérique.
Du sein de cette nappe réticulée, émergent une douzaine de masses arrondies ou ovoïdes qui se distinguent par le tassement plus considérable des cellules qui les composent : ce sont les follicules. Ils sont disposés sur un ou deux rangs, à la périphérie du ganglion, sous la capsule qui présente souvent une saillie à leur niveau, d'où l'aspect bosselé du ganglion. Nulle part ils ne sont entourés d’un sinus apparent.
Ces follicules se présentent sous deux aspects différents :
1° Les uns sont formés d’un centre clair entouré par une zone de cellulestassées, disposées encouronnecomplèteou enfer à cheval;
2 Les autres ne sont formés que par une seule espèce de cellules très tassées, et ne possèdent pas de centre clair.
Enfin, du côté de la substance médullaire, la nappe réticulée se continue avec les cordons folliculaires qui sont séparés les uns des autres par des systèmes caverneux très nets. à
En résumé, le ganglion offre à considérer :
1° Dans la substance corticale, une nappe réticulée séparée de la capsule par un sinus périphérique, et au sein de laquelle sont plongées des nasses folliculaires ;
2° Dans la substance médullaire, des cordons folliculaires et des sysièmes caverneur. |
Reprenons maintenant, avec un fort grossissement, l'étude détaillée de ces diverses formations. |
Nappe réticulée (A). — La nappe de tissu réticulé est com-
(1) La nappe réticulée me semble pouvoir être identifiée au « Zwischen Gewebe » décrit par Schumacher dans l'écorce des ganglions du macaque.
l de cobaye sain).
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