MÉCANISME DE L'ÉVOLUTION DU GOITRE VERS LE THORAX
Le goitre à point de départ cervical tend à augmenter de volume au cours de son évolution. Les mouvements d'ascension et de descente au cours de la déglutition, la position basse de la glande thyroïde sont des facteurs qui favorisent l’évolution inférieure de la tumeur. Mais surtout cette dernière va résulter de l'influence de deux facteurs : la disposition anatomique de la région cervicale, la respiration.
Quelle que soit la conception adoptée en ce qui concerne la gaine viscérale du cou, il faut admettre l'existence d’une condensation conjonctive que l’on effondre pour aborder le corps thyroïde. — On peut, en envisageant l'ensemble du corps thyroïde etide sa gaine, décrire une loge thyroïdienne dont les parois offrent une résistance inégale aux hypertrophies de la glande (DrBuLArÉ). Celles-ci font saillie dans une direction déterminée par le point de départ de l'affection. La tonicité des parois de la loge peut guider, dans une certaine mesure, cette orrentation.
En arrière la trachée cartilagineuse, reposant par l’intermédiaire de Fœsophage sur la colonne vertébrale, forme un mur résistant qui s'oppose à l’évolution de la tumeur.
En avant la paroïestessentiellement musculo-aponévrotique. Elle forme une étoffe plus ou moins épaisse et plus ou moins tendue suivant l’état du développement et de tonicité de la musculature du sujet (DreuLaré). Cette pa-
roi est située en avant et au-dessous du corps thyroïde. C'est de ce côté que, grâce à la pesanteur et à la faiblesse de la paroi, s’extériorisera le goitre cervical typique. Mais cette paroi peut être suffisamment résistante pour s'opposer à l'évolution de la tumeur. Cette dernière est bridée sur les côtés par les muscles scalènes et sterno-cléido-mastoïdiens qui forment une solide barrière.
Que la musculature du cou soit puissante, que l’hypertrophie siège au bord inférieur du corps thyroïde et alors une voie de propagation se présente : celle qui descend vèrs le médiastin. En effet, l'étude de cette troisième paroi de la loge thvroïdienne permet d'expliquer que éertains goitres évoluent vers Ie thorax sans qu'un volumie particulièrement considérable de la tumeur puisse le justifier.
La trachée s'écarte nettement en arrière, élargissant progressivement le diamètre antéro-postérieur de Ia loge. Le muscle sterno-thyroïdien, inséré à la face postérieure du sternum, constitue par sa face profonde une surface lisse sur laquelle le goitre glisse en direction du thorax. Le thymus qui, chez l'enfant, comble le médiastin antérosupérieur est considérablement atrophié chez l'adulte. Il laisse en arrière du sternum un espace celluleux facilement dépressible. Les autres formations, lames vasculaires ou dépendances aponévrotiques, ne s’interposent que d'une manière insuffisante entre le corps thyroïde et le sommet du péricarde. Enfin, il est à noter que la capsule péri-thyroïdienne n'adhère pas fortement aux organes voisins si bien qu'on a pu décrire un espace celluleux péti-thyroïdien extra-capsulaire qui se continue avec celui du médiastin.
La descente de la masse goitreuse dans le thorax résulte de son évolution vers la zone de moindre résistance. Aucun plan véritablement résistant ne sépare la région cervicale du médiastin. Quand la tumeur a franchi le défilé cervico-thoracique, elle peut s’extérioriser facilement. Mais, à mesure qu'elle se développe, un moment vient