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FALSIFICATIONS DE LA RÉSINE

La résine du commerce est loin d’être toujours pure;

comme elle est d’un prix assez élevé, on la falsifie avec des :

substances d’une bien moindre valeur, telles que l’aloës, l'extrait de réglisse, l'extrait d'agaric, la colophane, la résine de pin, résine commune, et surtout la résine de gayac, ce qui conslilue une falsification classique, si toutefois on peut s'exprimer ainsi.

N'oublions pas de dire également que certains marchands y incorporent du charbon en poudre.

Avant d'entrer dans les détails de l'analyse, il est bon de procéder à un essai préliminaire, qui indique si oui ou non la résine de jalap est dans loute sa pureté. On reconnait qu’elle ne conlient aucune des substances précitées, si en la triturant,

avec de l’eau chaude, elle ne cède rien à ce liquide: à sa complète solubilité dans une solution de potasse caustique, solution qui, si elle renfermait de la colophane ou une résine quelconque, ne les dissoudrail qu’en partie.

Enfin, il reste un troisième procédé : c’est de faire macérer la résine dans l’êther sulfurique, ce dernier ne doit point se colorer, et à plus forte raison dissoudre aucune portion de celte résine.

Alors seulement, on doit recourir à une analyse spéciale, en vue de découvrir la falsificalion employée. Nous nous occuperons surlout des falsifications courantes, et nous Aonnerons les procédés divers qui ont été donnés pour arriver à les décéler.

Si on est en présence de l’aloès, la saveur amère el aloëétique fait bien vite reconnaître cetle fraude. Si on s’est servi de Pextrait de réglisse ou de l'extrait d’agaric, l’eau chaude Îles dissout, sinon en Lotalité, au moins en grande partie. Quant au charbon, l’eau chaude le sépare facilement de la résine.

La colophane.— Lacolophane constitue une des falsifications les plus fréquentes

4° Pour reconnaître la présence de la colophane, on agile une portion de résine pulvérisée avec une pelite quantité d'essence de térébenthine, et l’on fait tomber quelques gouttes de liqueur claire sur une feuille de papier; si la résine ne contient pas de colophane ou toute autre résine, l’essence, en s’évaporant, ne laisse pas de taches; s’il y a coloration. la résine a ête falsifiée.

La même réaction se produit pour la résine de pin, la résine commune et la poix.

2% La pharmacopée de Prusse indique le procédé suivant: On dissout la résine dansune petite quantité d'alcool, on ajoute guanlité suffisante d’eau pour précipiter la résine, on verse ensuite dans la liqueur, lentement et graduellement, cle la potasse caustique, jusqu’à ce que le précipité soil dissout;

ro

ajoutant alors an excès de polasse caustique, il se forme un précipité; on veut en conclare que la résine est souillfe de colophane ; car, le savon de colophane, quoique soluble dans l’eau, ne l’est pas cependant dans la potasse caustique.

3° Buchner donne aussi un procédé lrès-simple; il traite à chaud la résine de jalap par une solution étendue de polasse caustique; elle s’y dissout presque immédiatement, et se converlit en un nouvel acide, dont le caractère le plus saillant est d’être soluble dans l’eau. Aussi peut-on verser un acide dans la liqueur, sans qu'aucun précipité apparaisse immédiatement. Ce caractère n'appartient pas aux substances résineuses, comme la colophane, la résine de pin, etc.; mais comme l'acide qu’elles forment est insoluble dans l’eau, il se produit un précipité, dès qu'on ajoute quelques gouttes d’acide dans la liqueur.

Résine de gayac.— La résine de gayac doit surtout fixer notre allention, parce que la résine de jalap présente très-fréquemment celle falsificalion.

Si la résine de gayac souille la résine de jalap, celle-ci, exposée à la flamme, dégage une odeur aromatique propre à la résine de gayac.

La résine suspecte offre aux yeux de l'observateur une couleur noire luisante avec reflets verts; elle est plus friable, les fragments sont plus transparents, sa poudre fraîche ressemble à l'aloës, mais elle ne tarde pas à prendre une coloration verte au contact de Pair.

4° Un excellenl moyen et bien simple de reconnaître la fraude, est le mucilage de gomme arabique; la falsification se reconnail par la couleur bleue que prend le mucilage.

2° La racine de raifort bleuit aussi la résine de gayac ; on mel un morceau de cette racine dans un verre contenant la

teinture résineuse, peu à peu la liqueur se colore en bleu ; l'exis-

tence de celte coloration bleue ne va pas au-delà de un quart d'heure.

9° Procédé Hoffmann. — Ce sera de la résine de gayac, Si, bouillie avec l’essence de térébenthine, une partie de la résine analysée se précipite par le refroidissement.

En décantant et évaporant ensuite la liqueur, si le produit de l’évaporation se colore d’abord en bleu, ensuile en rouge, el, en dernier lieu, en brun, d’après Hoffmann, il n’y a pas le moindre doute, une telle résine est falsifiée avec la résine de gayac.

4° On verse de l'acide nitrique ordinaire sur la résine pulvérisée ; si elle renferme du gayac, la dissolulion est rouge el s'opère avec effervescence.

»° Sion mel un peu de résine pulvérisée dans un tube avec de l’ammoniaque caustique, la solution sera lrès-mousseuse, si la résine est mélangée de gayac.

6° Réactif de Blacher, pharmacien à Pont-d’Ouilly. — Après avoir trituré dans un mortier de porcelaine 0,50 de résine suspecte et 0,20 d'oxyde noir de cuivre, on ajoute une vinglaine de gouttes d’alcool, il ne se produit lout d’abord aucune réaction ; mais sion verse une petite quantité d’ammoniaque, on obtient par la trituration une belle couleur vert-pomme ; si la résine de jalap est pure, la coloration bleue se maintient constamment.

7° Procédé Pasquier Malines, pharmacien à Fleurus (Belgique). — M. Pasquier triture dans un mortier 0,20 cent. de ‘savon amygdalin, 0,10 de résine suspecte, il ajoute alors 0,05 de

= ANT 2e

sublimé corrosif, aussitôt toutes les parties en contact avec le sel bleuissent et la trituration augmente la coloration.

Mais ce procédé n’est efficace que lorsque la résine de jalap contient au moins un cinquième de résine de gayac; aussi ne faut il pas y avoir recours.

8 D'anres Goblev, le meilleur agent pour reconnaître la pureté du jalap, est l’éther, parce quil permet d'isoler les plus minimes quantités de résine de gayac. Toute résine de jalap qui cède à l’éther une portion de matière résineuse, doit être rejetée.

9 Dans le Traité des falsifications de MM. Boutron-Charlard et Bussy, nous trouvons le procédé suivant:

Dissoudre la résine dans l'alcool, imbiber de cette liqueur une feuille de papier blanc, exposer ensuite à lPaction du gaz nilreux ; si l’alcoolé de résine contient du gayac, il prend une coloration bleue; dans le cas contraire, rien ne se produil.

10° M. Pellier, pharmacien à Doué (Maine-et-Loire), a annoncé que la dissolution alcoolique d’une résine de jalap contenant seulement ‘/4000 de son poids de résine de gayac, devenait par le chlore d’un bleu plus ou moins intense, suivant la quantité de celte dernière. |

M. de Sinedt, pharmacien à Borgerhort, proposa en même temps de substituer au chlore les hypochlorites alcalins, qui sont d’un emploi plus commode; dans une dissolution alcoolique de résine de jalap, ils ne donnent lieu à aucun précipilé; mais pour peu que la liqueur contienne de la résine de gayac, ils donnent naisance à un précipité, dont la couleur, au lieu d’être bleue comme avec le chlore pur, est d’un vert foncé.

M. de Sinedt, prétend que la sophistication est reconnue, lors même que la résine soupçonnée ne contiendrait que ‘/s% de résine de gavac.

de pe

11° M. de Malte a proposé l'emploi de l’iode; voici la manière dont il procédait:

Il trilurait la résine en question avec le quart de son poids d’iode, et si en y ajoutant quelques gouttes d'alcool le mélange se Colorait en bleu, c'était un indice qu’il y avait aductération par la résine de gayac.

12° Enfin, nous devons à M. Bouis un procédé aussi infaillible qu’il est simple; voici son procédé:

Il dissout la résine dans l’alcool; il ajoute deux à trois goultes d’ammoniaque, puis deux ou trois gouttes d’une solution concentrée de sulfate de cuivre; on voit se produire alors un précipité vert-pomme. Cette teinte résulte de linfluence exercée par l’ammoniaque et le sel cuivrique sur la résine de gayac.

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