‹ Étude du Jalap: SynthèseChapitre 2 sur 21 · ÉTUDE · texte numérisé non relu

ÉTUDE

LU Jens A Au

CGHAPLTR ES HISTORIQUE.

Avant d'aborder l'étude proprement dite du jalap, il nous paraît utile de donner quelques détails historiques sur l'origine de cetle plante.

Le jalap n’ayant été trouvé que dans l’Amérique, a êté par cela même inconnu des anciens.

Les Mexicains en faisaient un grand usage er médecine, et c’est d’eux que les Européens apprirentàs’en servir. Le nom que ces derniers lui donnèrent vient de Xalappa, ville du Mexique, aux environs de laquelle la plante qui la produit est très- . commune. Si l’on en croit quelques auteurs, Monardès Nicolas, médecin de Séville, est le premier qui en ait fait usage (4); il

(1) Histoire des médicaments du Nouveau-Monde (1570).

l’a décrite dans un ouvrage publié en 1570; mais daps cet ouvrage il traile surtout du mechoacan (convolvulus mechoacan« ).

Antoine Colin, apothicaire à Lyon, a fait une traduction de l'ouvrage de Monardès en 4610 ; c'est à partir de celle époque que ie jalap fut regardé comme une nouvelle importation en Europe; il se répandit, par la voie du commerce, en France, où il fut d’abord connu des Marseillais; de là il fat apporté en Angleterre à la même époque. Mais les marchands qui apportèrent la nouvelle substance médicinale, ne pensèrent pas à se procurer en même temps des renseignements sur la plante qui la produisait, et, de là, pendant longtemps, la plus grande obscurité enveloppa lPhistoire du jalap.

Quelques apparences de formes, jointes à des propriétés identiques, firent penser à Gaspard Baubhin que cette plante était une bryone, qu’il décrivil (4) sous le nom de bryona mechoacana nigricans, ab Alexandrinis el Massiliensibus jala. pium dicla.

Les auteurs aliemands tombèrent dans une erreur analogue, en pensant que celle plante était une espèce de rhubarbe el la désignèrent sous le nom de rhubarbe noire. Cette ignorance où l’on était de la véritable nature du jalap, loin de se dissiper, augmenta, pour ainsi dire, encore davantage par la suite, el jusqu’au milieu du dix-huilième siècle, les plus illustres botanistes ne purent pas éclaircir ce point scientifique

Les botanistes qui vinrent après Bauhin, Ray, Plukenet, Sloane, firent du jalap un convolvulus.

Sur le témoignage de Plumier, qui avait voyagé en Amérique, Tournefort nomma cette plante jalapa mirabilis officinarum fructu rugoso. Linué partagea la même opinion, tout en chan-

(1) Prodomus theatri botaniei (1620).

at as

geant le nom générique et l’allribua au wmirabilis longiflora, parce qu’il avait cru trouver beaucoup de ressemblance entre l’écorce, la texture et la grandeur des racines de la belle-denuit à longues fleurs (mirabilis longiflora) ei celles du jalap. Bergius considéra la belle-de-nuil dichotome {mirabilis dichotoma), comme étant le véritable jalap.

Houston avait rapporté de son voyage en Amérique une plante à racine purgative et semblable au jalap, que Bernard de Jussieu reconnut être un liseron; cette plante fut montrée à Linné el nommée par lui convolvulus jalapa.

Thierry de Ménonville, en 1777, à décrit une plante trouvée près de Véra-Cruz, comme élant celle qui produit le jalap ; celle plante était la méme que celle de Houston et de Linné; Michaux l'avait décrite sous le nom de pomæa macrorrhiza (1).

Desfontaines en fit une nouvelle description, sous le nom de convolvulus jalapa, déjà adopté par Linné.

A celle époque, tout le monde s’accordail à reconnaître que le jalap officinal élait le produit du convolvulus jalapa, il n’en était rien cependant, et Choisy démontra parfaitement que le convolvulus en question était le jalupa batatas.

L'origine botanique vraie du jalap n’a été connue qu’en 4819. Dans ceite même année, le D’ Coxe, de l’Université de Pensylvanie, cultiva dans son Jardin la vraie plante da jalap, il la décrivit et lui donna le norn pomcæu jalapa vel macrorrhiza (2).

Daus un mémoire publié en 1831, Daniel Smith (3) a émis lopinion que la plante décrite par le D’ Coxe élait la seule qui produisit le jalap officinal.

C’est à Ledanoïis, pharmacien français, qu'était réservé l’hon-

(1) Annales du Museum WI volume.

(2) American journal of the medical sciences, 1830. (3) Journal of the philad. pharm., janvier 1834.

AD — neur (délablir d’une manière définitive la famille botanique du jalap vrai.

Etabli à Orizaba, ville du Mexique, il s'était efforcé de se procurer la vraie plante du jalap, mais {outes ses offres étaient refusées par les indigènes qui craignaient de se voir enlever une des sources de leur fortune. Cependant, l’un d’eux pressé d'argent, lui apporta des racines dans un état imparfait de dessiccalion, illes mit en terre et il fut assez heureux pour obtenir plusieurs plantes complètes, dont il adressa une courte description à l’Académie de médecine.

Gabriel Pelletan décrivit alors les échantillons qu'il avait envoyés en France, sous le nom de convolvulus officinalis. Le même jalap fut un peu plus lard étudié par Choisy et Nultal, qui le nommèrent ipomœa purga, faisant ressortir en même temps que celle plante n’avail rien de commun avec le convolvulus jalapa de Desfontaines, auquel ce dernier attribuait à tort le jalap tubéreux véritable. C’est alors que M. Bentham le nomma exogonium purga, nom qui lui est resté d’une manière définitive.

Dans l’état actuel de la science, les jalaps du Mexique sont considérés comme produits par trois espèces mexicaines : ipomæa où exogonium purga (Bentham) ; ipomœa orizabensis (Pellelan) ; v0omœæa simulans (Haubury). |

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