‹ Etude du macrocosmeChapitre 10 sur 116 · V. — DE CEUX QUI CONDAMNENT L'EXERCICE DE L'ASTROLOGIE · texte numérisé non relu

V. — DE CEUX QUI CONDAMNENT L'EXERCICE DE L'ASTROLOGIE

Il y a des gens qui ignorent totalement la science des Astres, sont plongés dans les ténèbres de l'erreur et ne peuvent concevoir que ce qui tombe sous leurs sens ; ils voudraient que cette science, qui est celle des ministres de Dieu, ne soit pas pratiquée, alléguant qu'il n'est pas légitime de spéculer si haut et de fouiller scrupuleusement et minutieusement dans les secrets du Créateur. D'autres, ainsi qu'il a été dit, prétendent que l'Astrologie n'est pas une science, mais un art frivole et parfaitement mensonger.

Nous avons répondu à ces derniers dans le chapitre précédent. Quant aux seconds, qui leur sont voisins, nous les renvoyons, afin de dissiper leurs doutes, à la préface du Traité Général du Macrocosme ; qu'ils la lisent et qu'ils examinent ensuite s'il ne convient pas plus à un animal qu'à un homme, être supérieur, paré d'une Mens, d'avoir de tels sentiments, de formuler des assertions aussi viles et de porter des jugements aussi méprisables. La Mens, du reste, se refuse à de pareilles choses,

car le Créateur ne l'a octroyée à l'homme que pour qu'il entre en communication avec lui et qu'il atteigne la béatitude suprême en suivant pour monter au Ciel la même échelle i que la Mens a prise pour descendre du Ciel dans le corps humain.

Hermès Trismégiste est de cet avis ; dans son premier discours de Pimandre, il parle ainsi de la connaissance humaine en Astrologie : « L'homme possède en lui-même une puissance souveraine, mais sept principes gouvernent ses actes : ils concourent tous ensemble à l'exercice de sa Mens et le font, chacun en particulier, participer au mouvement général. L'homme acquiert d'abord la notion du temps, puis étudie la nature en elle-même, cherche ensuite à pénétrer et à analyser le mouvement circulaire et arrive enfin à comprendre l'essence de celui qui gouverne et administre le Feu. » Ces paroles d'Hermès Trismégiste sont divines ; elles exaltent l'âme vers les cîmes supérieures ; elle apprennent que l'homme, par son excellence, peut connaître la nature certaine des Astres et de leurs influx, elle lui ouvrent la porte de la science astrologique et de la spéculation métaphysique, avec la permission de Dieu. Plus loin, il dit encore : « Dieu a créé l'homme à son image et il l'aime à l'excès à cause de cette ressemblance, aussi lui a-t-il cédé l'usage de toutes seis

' Allusion à l'échelle de Jacob, symbole de l'évolution précédée d'involution.

oeuvres. » Il est donc bien certain que la Mens, supérieure et divine, étincelle et rayon de la lumière de Dieu, tend naturellement et de toute fa- ■çon à s'élever vers les régions suprêmes et même jusqu'à Dieu, car dans ce monde inférieur où elle ■est rivée malgré elle, où elle est véhiculée par le Spiritus, elle se trouve pour ainsi dire enfermée en un cachot obscur, limitée et contrainte dans l'exercice de sa volonté : elle ne peut sortir d'une région qui est pourtant son domaine. La Mens et le Corps sont, en effet, deux extrêmes : leurs natures respectives sont bien plus contraires que ne sont celles du Chaud et du Froid ou de l'Hmide et du Sec.

Nous conclurons donc avec quelque raison qu'il n'est pas en dehors des capacités humaines de connaître les natures et les dispositions des Astres et de leurs directeurs qu'il n'est pas contraire à la Volonté divine et qu'il est légitime d'atteindre, avec l'aide de la Mens, les régions suprême et de s'entretenir avec Dieu dans une contemplation divine; mais que l'épaisseur et l'opacité du corps aveugle l'âme et lui ôte ses moyens, à la façon d'un bandeau qui, appliqué sur les yeux, empêche d'avoir une notion de l'aspect des objets visibles. C'est par la Révélation que les hommes ont connu les Astres et c'est par la Kabbale qu'ils ont conservé cette connaissance.

' Les forces directrices des mouvements astraux.

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