‹ Étude du traitement actuel des hémoptysies tuberculeusesChapitre 14 sur 49 · C) ERGOT DE SEIGLE ET ERGOTINE · texte numérisé non relu

C) ERGOT DE SEIGLE ET ERGOTINE

Leur emploi était très fréquent contre les hémoptysies 1l y a une trentaine d'années. Gubler, Huchard, Bucquoy disaient les avoir utilisés avec succès. Par contre, Gilbert, Hutinel, Grancher ont déclaré n’avoir jamais constaté l’eflicacité de l’ergotine comme hémostatique pulmonaire.

L’ergot excite nettement la contractilité des fibres lisses de l’économie et semble avoir une action spécifique sur celles de l’utérus. Cela ne veut pas du tout dire qu’il soit un vaso-constricteur pulmonaire. Senator, en insistant sur la faible richesse en fibres musculaires lisses du poumon et la faible tonicité de ses vaisseaux a montré l’erreur que l’on commettrait en comparant l’action de l’ergot dans les métrorragies et dans les hémoptysies. Il ne nous semble pas que son argument soit valable puisque d’autres substances ont provoqué de la vaso-constriction pulmonaire indiscutable. Mais la faible action de l’ergotine est prouvée : l’ergotinine de Tanret n’a aucune influence sur kes vaisseaux pulmonaires tout en élevant la pression artérielle. Seules les expériences de Plumier qui a constaté une vaso-constriction éner-

P. Pasquier. 2

SPA re)

pique au niveau du poumon sont en contradiction

avec ces données physiologiques.

Mode d'administration. — On emploie lergot sous forme de poudre (2 à 4 gr. par jour en doses fractionnées) qu’on administre par voie buccale, soit en injection sous-cutanée d'extrait fluide (1 à 3 centicubes). Mais, ainsi que le fait remarquer Skreinka, ces petites doses semblent inutiles et de plus fortes seraient dangereuses en raison de l'hypertension considérable qu’elles provoquent et des effets cardiaques

secondaires.

D) NiTRITE D’AMYLE

Dans une série d'expériences, Pic et Petitjean ont constaté que le nitrite d’amyle, vaso-dilatateur pour les petits vaisseaux de la périphérie et pour la plupart des viscères, serait, au contraire, vaso-constricteur pour la circulation pulmonaire. «Il s’agit d’une action

hémostatique si puissante, disent-ils, que si au mo-

ment où on fait l'injection intra-veineuse de nitrite d’amyle, on pratique une section du parenchyme pulmonaire, l’hémorragie abondante s’arrête comme si on avait appliqué sur les vaisseaux une véritable lhigature. » Ces auteurs vantaient l’innocuité et la rapidité d’action du nouvel hémostatique qu’ils préconisaient.

Des observations dans ce sens furent rapportées par Lemoine, Rouget, Guinard. D’autres auteurs,

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