‹ Étude du traitement actuel des hémoptysies tuberculeusesChapitre 32 sur 49 · LES RUES · texte numérisé non relu

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permettra souvent par un temps d'arrêt dans Îles phénomènes hémorragiques d’être en mesure de compléter ultérieurement le traitement hémostatique en cas de persistance du suintement sanguin ou de reprise.

Em premier lieu, on agira sur l’hémoptysie par l’immobihsation ; le repos absolu, physique, moral sera observé. On fera mettre le malade en position demi-assise dans son lit ; son crachoir à portée de la main ; dans certains cas pourtant, on se trouvera bien de la position en déeubitus opposée au côté qui saigne. On évitera toute agitation autour du malade en écartant la famille, en laissant le moins de personnes possible dans la pièce. L’aération maxima de la chambre sera nécessaire.

Au besoin on aidera cette immobilisation par l'injection d’un centigramme de morphine en souscutanée ; néanmoins on tiendra compte pour ce faire de l’état du cœur et des reins du malade. L'action de ce médicament est indiscutable bien qu’assez indirecte. Elle calme la toux, supprime l'anxiété, permet au malade de reposer, mettant ainsi l'organisme dans les meilleures conditions facilitant la coagulation sanguine. L’opium, autre sédatif de la toux et sédatif du système nerveux pourra être utilisé sous la forme de la poudre de Dower qui réunit la double condition de diminuer les quintes et d'aider lexpulsion du sang bacillifère, cause d'accidents infectieux et d’ensemencement. Dans le même but, codéine ou mieux héroïne pourront être

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utilisées contre ces accès de toux, cause si fréquente de la reprise de l’hémoptysie.

La stypticine, dérivée de l’opium est également indiquée, non seulement par son action sédative mais par son action plus directe, car elle est quelque peu coagulant et vaso-constrictive.

Nous n’'insisterons pas sur la nécessité absolue de la diète ; tout au plus un peu de lait froid pourrait être autorisé. L’existence d’un érétisme cardiaque accentué, facteur d’aggravation de l’hémoptysie sera utilement combattu par l’adjonction au traitement précédent de cinq gouttes de digitaline quotidiennement. |

Enfin si l’hémoptysie est particulièrement abondante, la ligature des membres à la racine et surtout celle des membres inférieurs est une méthode simple et peut-être efficace ; ligature que l’on ne fera pas trop serrée de façon à pouvoir être maintenue assez longtemps et que l’on ne relâchera que progressivement.

Il reste maintenant à envisager la: thérapeutique par le froid ; ses indications sont assez discutées maintenant. Depuis fort longtemps, nombre d’auteurs recommandaient l'application de la glace sur la région précordiale, sur le scrotum ou les grandes lèvres, reconnaissant à celles-ci l’avantage de provoquer une certaine vaso-constriction. On est pourtant en droit de se demander si cette vaso-constricüon tout extérieure s'accompagne d’une réaction interne identique. Néanmoins l’application de glace

sur le thorax peut jusqu'à un certain point être tolérée. Il semble d'autre part qu’une telle méthode présente en elle-même quelques avantages : elle oblige le malade à l’immobilité absolue ; n’eût-elle . que cet effet elle serait déjà bienfaisante et justifiée. D'autre part, en dehors de son action hémostatique. possible, son action générale est très marquée : par la réfrigération de la région précordiale, calmant l’érétisme cardiaque ; par la modification de la température intérieure, fait qui n’est pas négligeable chez un tuberculeux fébrile ; par le calme indispensable qu’elle apporte à des malades anxieux, agités, à réaction nerveuse souvent intense. Elle nous paraît done compléter heureusement l’action de la morphine.

IL en est tout autrement de l’ingestion répétée de glace pilée, de la classique indication de faire sucer au malade des morcéaux de glace. La plupart des auteurs precrivent ainsi Putilisation du froid «per os» dans toutes les hémorragies viscérales. Cette cryothérapie des hémorragies ne serait-elle pas en fait un vestige de la médication hippocratique ? Cette pratique n’est, en effet, pas dénuée d’inconvénient Konig, en 1922, montrait que le grand froid influençait défavorablement la durée des hémorragies provoquées : influence démontrée expérimentalement, une réfrigération à 00 augmentant le temps de saignement parfois jusqu’à trente minutes ; les limites les plus favorables paraissant être 109 au-dessus ou au-dessous de la température normale. Néanmoins

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peut-on admettre que le froid dans certaines circonstances jugulerait l’hémorragie à la faveur de la con- : traction des fibres lisses ? Pour M. Loeper, l’ingestion de glace exercerait une action assez analogue à celle de lapplication thoracique externe, provoquant même une vaso-constriction pulmonaire plus nette encore et agissant mieux sur le plexus cardio-pulmonaire. Cependant Falk a constaté expérimentalement que la vessie se contractait peu sous l’action de l’eau froide ou tiède, sa capacité demeurant sensiblement la même ; par contre, son volume diminuait nettement avec l’eau chaude. Enfin, le fait que la musculature intestinale lisse, après contraction sous l'influence de l’eau froide, subissait une vaso-dilatation secondaire incite à la prudence quant à la thérapeutique de la glace en ingestion, le même mécanisme pouvant être invoqué dans certaines reprises d’hémoptysies observées à la suite de telles pratiques.

Toutes ces discussions nous ont éloigné un peu de notre sujet, mais il nous semblait utile de les aborder pour préciser notre point de vue à ce propos.

Après cet exposé des grandes lignes de la thérapeutique hyoiéno-diététique, nous arrivons maintenant aux indications de la médication hémostatique au sens strict du mot.

Ici encore le choix du médicament est une question d'opportunité, d'urgence.

17e Éventualité : l'hémoptysie quoique d’abondance

moyenne ne s'accompagne pas de signes généraux graves ; l’expectoration sanglante se produit à intervalles assez éloignés ; le malade n’est pas agité ; la gène respiratoire est peu accusée ; le pouls est bien frappé, la tension artérielle normale : on a parfois l'impression que lhémoptysie décroit ; l’évolution des hémoptysies de moyenne abondance se fait, en effet dans les 3/4 des cas, vers l'arrêt spontané. Ïl est évident que dans un cas pareil, il ne faut pas se précipiter sur les traitements héroïques, ne pas dé-

cider immédiatement, par exemple, un traitement

collapsothérapique d’extrème urgence. Il faudra utiliser parmi les médicaments coagulants ou à effet vasculaire, les plus maniables et Îles moins choquants, susceptibles de provoquer dans un délai assez rapide l’augmentation de la coagulation sanguine et l’occlusion des capillaires ou vaisseaux qui saignent.

En pareil cas, nous estimons que le traitement le plus rationnel consisterait : en injection d’hypophyse par voie sous-eutanée ou intra-museulaire. Au besoin deux à trois injections de un centicube de lobe postérieur qu’on renouvellera à intervalles suflisamment espacés de façon à ne pas provoquer un réflexe antagoniste de la vaso-constriction recherchée.

Concuremment, on prescrira au malade une potion à base de chlorure de calcium à dose suflisante, mais non excessive, l'excès de calcrum pouvant déterminer une incoagulabilité sanguine.

Son effet ne saurait être évidemment immédiat,

mais il complètera par son action coagulante l’action

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