‹ Étude du Tronc IntestinalChapitre 34 sur 35 · FRE A · texte numérisé non relu

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RÉSULTATS

Nos 45 préparations donnent, à première vue, des résultats disparates, difficiles à classer. Néanmoins, des faits se dégagent de la comparaison des figures, ils modifient considérablement certaines conceptions jusqu’à maintenant classiques.

Nous envisagerons successivement :

1) Les vaisseaux efférents des ganglions mésen-

| tériques supérieurs ;

2) Le tronc intestinal ;

3) Les relations entre les collecteurs lymphatiques des terriloires mésentérique supérieur, hépatique, coronaire stomachique, splénique ;

4) La modalité de constitution du canal thoracique. ;

1) Vaisseaux efférents des ganglions mésentériques supérieurs et leurs relais ganglionnaires

La notion primordiale de la multiplicité et de la divergence des vaisseaux efférents du groupe central de la chaine mésentérique supérieure, celle de la di-

rection descendante de la majorité d’entre eux ont déjà été mises en valeur par M. Rouvikre. Dans son Traité récent, nous relevons : « Il est fréquent de voir le groupe central des ganglions mésentériques qui reçoit en définitive toute la lymphe du territoire mésentérique supérieur donner naissance à plusieurs canaux. Parfois l’un d’eux..…. Tous les autres, sinon tous les canaux efférents du groupe central descendent vers la gauche et se jetlent dans un ganglion latéro-aortique gauche, immédiatement sous-jacent à l'artère rénale. Parfois même il existe un ou plusieurs canaux efférents des ganglions mésentériques qui descendent sur le côté droit de l’aorle et se terminent dans des ganglions latéro-aortiques droits, en particulier dans des ganglions inter-aorlico-veineux silués au-dessous de l’artère rénale droite ».

A ces données générales nous pouvons maintenant ajouter quelques précisions.

Les canaux efférents des ganglions mésentériques supérieurs peuvent être distingués d’après leur direction et leurs connexions ganglionnaires én collecteurs supérieurs et inférieurs.

a) COLLECTEURS SUPÉRIEURS :

Les collecteurs supérieurs ont, selon les cas, un trajet légèrement oblique ou presque horizontal qui les porte sur la face antérieure de l'aorte, audessus du pédicule rénal gauche. Ils se terminent dans des ganglions pré et latéro-aortiques situés au-dessus du plan du pédicule rénal gauche,

Ces vaisseaux supérieurs que nous avons observés 30 fois sur 45 présentent deux modalités :

— les uns sont courts et s’interrompent précocement dans un amas ganglionnaire pré-aortique placé au-dessus de la veine rénale gauche (12 fois) ;

— les autres sont longs, ils croisent le bord gauche de l’aorte (18 fois) et aboutissent à la chaîne latéro-aortique gauche : 16 fois dans le ganglion le plus élevé, 2 fois dans le ganglion situé derrière le pédicule-rénal gauche. | b) COLLECTEURS INFÉRIEURS :

Les collecteurs inférieurs sont les plus nombreux, ils groupent les 2/3 sinon tous les efférents des ganglions mésentériques supérieurs.

Ces canaux lymphatiques ont une direction nettement descendante.

Ils contractent des rapports avec la veine rénale gauche et l'aorte. Tous les collecteurs inférieurs issus du groupe central de la chaîne mésentérique inférieure croisent la face antérieure de la veine rénale gauche, mais sous un angle variable suivant la position des ganglions auxquels ils se rendent :

— Les vaisseaux droits sont perpendiculaires à la veine rénale gauche, ils aboutissent à des ganglions inter-aortico-caves placés au-dessous de la veine rénale ; le relai des collecteurs inférieurs droit diffère selon les cas, nous avons observé sa situation :

— 13 fois contre le bord inférieur de la veine rénale gauche ;

— 13 fois au niveau de l'artère spermatiqué droite ;

— 7 fois au-dessous des amas précédents, (2 fois le ganglion atteint représentait l'élément le plus inférieur de la chaîne inter-aortico-veineuse).

— Les vaisseaux moyens franchissent la veine rénale gauche obliquement, ils se terminent dans les amas ganglionnaires pré-aortiques situés audessous du plan de la veine rénale gauche. Ils longent la face antérieure de l’aorte d'autant plus longtemps que le relai ganglionnaire répond à un niveau plus inférieur, Ces collecteurs moyens atteignent :

— soit le ganglion de l’amas rénal immédiatement sous-jacent à la veine rénale gauche, Ce ganglion est le plus fréquemment injecté, nous l'avons observé 34 fois sur 45 ;

— soit un ganglion placé en regard de lorigine de l’artère spermatique gauche (6). Pour M. Rouvièkre ce ganglion constituerait un relai constant de ia chaîne mésentérique supérieure ;

— soit un ganglion qui répond à la naissance de l’artère mésentérique inférieure, son injection a été constatée 14 fois.

-- soit un ganglion situé immédiatement audessus de la bifurcation aortique. Nous avons rencontré D fois la coloration bleue de ce ganglion, qui reçoit un canal lymphatique unique ;

— 110 = ce dernier descend sur la face antérieure de l’aorte, côtoie les autres amas ganglionnaires auxquels il donne parfois un fin rameau. Il s’agit donc là du vaisseau efférent des ganglions mésentériques supérieurs qui possède le relai le plus éloigné.

— Les vaisseaux lymphatiques gauches chemiuent plus longuement que les précédents sur la face antérieure de la veine rénale gauche ; ils n’abandonnent celte dernière que pour se jeter dans un ganglion de la chaîne latéro-aortique gauche. Ce ganglion se place soit juste au-dessous du pédicule rénal gauche, soit en regard de l’origine de l’artère spermatique gauche.

Au total, les collecteurs inférieurs des ganglions mésentériques supérieurs forment devant la face antérieure de la veine rénale gauche un très épais feutrage ; celui-ci peut être si important qu’il donne quelquefois l'impression d’une boule d’œdème ; mais à la loupe binoculaire on reconnaît rapidement, grâce à leur aspect moniliforme, les différents canaux lymphatiques juxtaposés.

Les dessins que nous avons fournis rendent imparfaitement compte de cette disposition, car, ainsi que nous l’avons déjà dit, un seul trait représente l’ensemble des canaux de même direction. D'ailleurs, l'abondance de ces vaisseaux lymphatiques qui cheminent sur la face antérieure de la veine rénale gauche est connue depuis longtemps ; HaALLER écrivait : « Si vous ne voulez démontrer que le canal thoracique, la chose n’est

nullement difficile, il ne faut que chercher un vaisseau lymphatique qui rampe devant la veine rénale gauche, tel qu'il y en a toujours ...»

2) Tronc intestinal

Sous ce nom nous entendons le ou les troncs qui drainent la lymphe du mésentère. Cependant, le territoire de ces collecteurs ne correspond pas seulement à celui de la mésentérique supérieure ; ces canaux lymphatiques commencent dans le mésentère, mais ils reçoivent aussi la lymphe des organes digestifs placés en amont (foie, pancréas, duodénum, estomac) et collectent également celle de la rate.

Pour rechercher ce tronc nous avons injecté le ganglion central le plus élevé de la chaîne mésentérique supérieure avec du bleu de Prusse ; pour étudier ses connexions avec les vaisseaux qui ne viennent pas de l'intestin, nous avons, dans certains cas, pratiqué, en plus de la précédente, une injection de jaune de cadmium dans un ganglion soit de la chaîne hépatique, soit de la chaîne coronaire stomachique.

Les résultats obtenus se rapprochent de l'opinion restrictive formulée par M. ROUvVIÈRE à propos des vaisseaux eflérents mésentériques supérieurs : « Parfois lun d’eux, plus important que les autres, représente le tronc intestinal proprement dit. Il se porte à gauche et en

‘bas, contourne la face latérale gauche de l'aorte, ordinairement au-dessus de l’artère rénale gauche et se termine dans le tronc lombaire gauche »,

z ii = Nos recherches nous ont cependant permis de constater la rareté du tronc intestinal ainsi compris :

a) Le tronc intestinal unique, collectant toute la lymphe des ganglions mésentériques supérieurs, grossi par tout ou partie dés efférents ganglionnaires satellites des branches du tronc cæliaque ne doit exister, d’après nos observations, que dans un nombre restreint de cas. Nous ne l’avons jamais rencontré. Nous devons dire de plus, qu'il est probable, ainsi que l’a fait M. RouUvVIÈRE, que JossiFow et ceux qui ont décrit un tronc intestinal unique n’ont pas tenu compte des petits canaux anastomotiques reliant les ganglions mésentériques centraux aux éléments pré-aortiques voisins placés immédiatement au-dessous de la mésentérique supérieure et de la veine rénale gauche.

b) Il est moins rare d'observer, parmi le grand nombre des vaisseaux efférents des ganglions mésentériques supérieurs un tronc intestinal allant directement de ces ganglions à l’un des troncs lombaires, le plus souvent au tronc lombaire gauche, D'ailleurs, dans ces cas, le tronc intestinal ne draine qu’une faible partie de la lymphe provenant du mésentère, Cette disposition reste encore, malgré tout, peu fréquente ; nous ne l’avons jamais mise en évidence ; M. Rouviëre l’a cependant observée un certain nombre de fois.

©) Voici, en résumé, ce que nous avons constaté : Sur 18 sujets, les collecteurs efférents des gan-

EH glions mésentériques supérieurs passaient trans: versalement en avant de l'aorte, au-dessus de la veine rénale gauche :

— Trois fois sur 18 tous les canaux efférents des ganglions mésentériques supérieurs se réunissaient en un tronc unique. Ce tronc aboutissait : deux fois au ganglion le plus élevé de la chaîne latéroaortique gauche; sur un seul sujet, il s’interrompait dans un ganglion inter-aortico-cave, ce qui est assurément une disposition anormale et peu fréquente.

— Le plus souvent (15 fois sur 18) un seul efférent des ganglions mésentériques supérieurs restait au-dessus de la veine rénale gauche et se distinguail des autres lympbhatiques par un trajet et une terminaison différents :

— Il cheminait :

6 fois au-dessus de l’artère rénale gauche ;

7 fois au-dessous de lartère rénale gauche.

2 fois sous le bord inférieur de la veine rénale gauche.

.— Il atteignait toujours un ganglion de la chaîne latéro-aortique gauche : soit le plus élevé (13 fois), soit le ganglion situé derrière le pédicule rénal gauche (2 fois).

Au total, nous n’avons jamais rencontré, au cours de nos 45 préparations, un troncinteslinal qui réponde au schéma classique, ou aux données restrictives de M. Rouvire ; en effet, d'après nos observations, les collecteurs supérieurs des ganglions mésentériques supé-

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rieurs se terminent soit dans un amas ganglionnaire pré-aortique, soit dans la chaîne latéro-aortique gauche. 3) Relations entre les vaisseaux efférents mésentériques supérieurs et ceux des chaînes hépatique, coronaire stomachique et splénique.

La méthode des injections polychromes nous a servi pour étudier les relations des canaux efférents des ganglions mésentériques supérieurs, coronaire stomachique, hépatique et splénique. La coloration verte que prennent certains collecteurs témoigne de la jonction de plusieurs canaux provenant de chaines ganglionnaires

différentes.

Voici en détail les résultats obtenus :

a) Nous avons injecté 9 fois la chaîne coronaire stomachique et nous avons constaté 6 fois l’union de ses canaux efférents avec un collecteur issu des ganglions mésentériques supérieurs ;

b) La chaîne hépatique fût également injectée g fois ; 7 fois un de ses vaisseaux cfférents s’anastomosait avec un tronc lymphalique venu des ganglions mésentériques supérieurs :

c) L’injection de la chaîne splénique fût pratiquée 5 fois, nous avons observé 4 fois la réunion de ses canaux efférents avec un collecteur émané des ganglions mésentériques supérieurs (1).

(1) Les préparations de la chaîne ganglionnaire splénique ont été faites

les dernières et leur dissection n’a pu être terminée assez tôt pour être dessinées et reproduites dans ce travail.

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Nos recherches apportent de plus quelques précisions sur les terminaisons des vaisseaux efférents des chaînes coronaire stomachique et hépatique :

a) Chaîne coronaire stomachique.

Dans tous les cas les canaux efférents de ce groupe ganglionnaire prennent deux directions :

— les gauches se jettent 7 fois isolément dans le ganglion latéro-aortique gauche le plus élevé ;

— les droits, les plus nombreux, rejoignent des éléments variés :

: Soit un troncefférent de la chaîne mésentérique

supérieure (5 fois).

Soit un ganglion propre à la chaîne hépatique ou commun avec les vaisseaux efférents des ganglions mésentériques supérieurs. Ce ganglion appartient tantôt à l’amas pré-aortique, et siège :

2 fois au-dessus de la veine rénale gauche ;

2 fois au-dessous de cette veine ; tant à l’amas inter-aortico-cave (2 fois).

De plus, nous avons remarqué que les lymphatiques gauches et descendants du territoire coronairestomachique croisaient en avant les efférents des ganglions mésentériques supérieurs.

b) Chaîne hépatique.

Les canaux efférents de cette chaine suivent la même direction et aboutissent, comme les précédents, à des éléments variés :

— 5 fois à un efférent des ganglions mésentériques supérieurs ; |

— 2 fois à un ganglion pré-aortique situé au-devant de la veine rénale gauche ;

— 2 fois à un ganglion préaortique placé au-dessus

de cette veine ;

—- {, fois à un ganglion latéro-aortique droit situé

entre l’artère et la veine cave inférieure.

4) Origine du canal thoracique

- Nous avons observé 31 fois sur 45 le mode de formation du canal thoracique.

Puisque nous n’avons jamais vu un tronc intestinal gagner directement soit l’un des troncs lombaires, soit la partie initiale du canal thoracique, il s'ensuit que le résultat de nos observations diffère sensiblement de ceux qui ont été jusqu’ici publiés.

Voici le résumé de nos constatations :

— Le canal thoracique naît toujours de la réunion des deux troncs lombaires droit et gauche. Nous n’avons jamais rencontré la 3° racine impaire et médiane décrite par les classiques. M. RouviÈre a mis plusieurs fois en évidence l'apport direct à l’un des deux troncs lombaires ou au canal thoracique de l’un des vaisseaux Iymphatiques issus des ganglions mésentériques supérieurs.

— L'origine du canal thoracique présente 2 modalités principales :

a) Origine du canal thoracique avec dilatation. La citerne ou dilatation ampullaire, due à la fusion

basse des deux troncs lombaires, est une disposition rare (3 fois sur 31, soit 10 9% environ).

De plus, conformément aux travaux de Mrcker.

et de CorREIA nous avons observé, dans un certain nombre de cas, la juxtaposition des deux troncs lombaires, d’où un aspect de fausse citerne.

Enfin, nous ne pouvons affirmer que, dans tous les cas où la citerne existait sur nos préparations, cette dilatation ampullaireinitiale du canal thoracique recevait, en plus des troncs lombaires, d’autres canaux lympbhatiques faisant suite aux collecteurs de la lymphe intestinale. Nous poursuivons nos recherches sur ce point.

D’après nos préparations nous ne pouvons donner aucune indication précise sur l'existence de dilatations non ampullaires, c’est-à-dire allongées de la partie initiale du canal thoracique.

b) Origine du canal thoracique sans dilatation.

Le plus souvent (25 fois sur 31) le canal thoracique à une origine haute, il résulte de la réunion des deux troncs lombaires, mais ceux-ci se présentent différemment suivant les cas :

a) Les deux troncs lombaires peuvent avoir une valeur égale :

Cette disposition n’est pas la plus fréquente, elle existe 10 fois sur 25.

La réunion des deux troncs lombaires forment le canal thoracique. Le calibre de celui-ci peut être

plus grand que celui des troncs constitutifs, sans qu'il y ait dilatation. Cependant dans deux cas (observations 35 et 39) le point de jonction des deux troncs lombaires était surmonté d’une très petite dilatation.

Dans tous les cas les deux troncs lombaires

présentaient de riches anastomoses entre eux.

b) Les deux troncs lombaires peuvent être d’inégale importance.

C’est la disposition la plus fréquente (15 fois sur 25).L’un des deux troncs lombaires, fusiforme, estdilaté par rapport à celui du côté opposé, et paraît être pratiquement le seul élément consütutif du canal thoracique. Celui-ci, d’ailleurs, continue sa direction.

Le tronc lombaire gauche lemporte dans nos préparations 7 fois sur le droit ; 3 fois le droit était le plus volumineux. La prépondérance d’un tronc lombaire sur l'autre n’est pas uniquement due à la confluence d’un ou de plusieurs Canaux Collatéraux.

Nous tenons à dire enfin que ces dilatations fusiformes que lPon observe le long des troncs lombaires peuvent ne pas tenir seulement à l’état même de ces canaux, elles résultent peut-être aussi de la pression exercée par la masse d'injection.

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