C. — Terminaison
Une notion domine la terminaison du tronc intestinal : Il est directement ou indirectement l’un des affluents principaux dé l’origine du canal thoracique. A toutes les époques les auteurs s'accordent sur ce point.
Les anciens admetlaient son union avec le tronc lymphatique lombaire droit. «Hs (les troncs lactés ultimes) vont, dit HaLLEr, avec l’artère mésentérique au côlé droit. Ils s'unissent avec les vaisseaux lymphatiques à peu près vers la fin de la dernière vertèbre du dos et de la première des lombes ».
__ Les travaux de Jossirow sur les origines et les affluents du canal thoracique, admis et reproduits par tous, ont considérablement éclairé la question. Ils apportent également des faits nouveaux, nous ne pouvons que les résumer succinctement :
1° — Le canal thoracique résulte de la confluence de trois grands troncs lymphatiques « notamment du tronc lymphatique lombaire droit, du tronc lymphatique lombaire gauche et du tronc Fymphatique intestinal ». «Le tronc intestinal, d’après Porrier et CUNEO, constitue alors une troisième racine impaire et médiane ».
Jossirow dégage les trois traits principaux de cette
réunion tronculaire :
PS Le Es
— son niveau : « Le point de confluence de ces trois troncs est au niveau des deux premières lombaires, derrière cette partie de l’aorte située entre les piliers du diaphragme ».
— sa modalité : « Parfois le point de jonction est marqué par une dilatation de forme et de grandeur diverses ».
— sa fréquence : « 5o à 60 % des cas ».
29.— La confluence des trois racines est loin d’être constante.
Dans 40 à 50 % des cas les éléments se disposent d’une façon différente :
a) Le plus souvent le tronc lymphatique intestinal se déverse dans l’un des troncs lombaires et celui qui le reçoit acquiert, de ce fait, un volume plus grand:
— dans les deuxtiers de ces cas le tronc intestinal atteint, contrairement au {ype normal,déerit par les classiques, le tronc lymphatique lombaire gauche ;
— dans un dixième de ces cas il gagne le tronc lymphatique lombaire droit ;
b) Dans les cas restants le tronc intestinal s’abouche directement à la partie inférieure du canal thoracique,
c) BARTELS ajoute aux conclusions de Jossirow : « Les troncs constilulifs gardent souvent une certaine indépendance », Il en résulte une disposition plexiforme qui ne se prête pas à une description d'ensemble,
39 — La varielé d’origine du canal thoracique est
PHONE
influencée par le mode de terminaison du tronc intestinal :
— Ce derniér se jette toujours dans le tronc lymphatique lombaire gauche lorsque le canal thoracique naît baut (D; D); cette origine affecte tantôt la forme d’un réseau à larges mailles, tantôt celles d’un réseau à mailles serrées, ou de deux troncs dilatés en ampoule.
— Lorsque le canal thoracique naît bas (L,; L;):
— ou bien le tronc intestinal s’abouche encore dans le tronc lymphatique lombaire gauche et l’origine du canal thoracique se présente comme « une dilatation en rosace » ;
— ou bien « le tronc intestinal solitaire ou multiple s’abouche au-dessus de la confluence des deux troncs lymphatiques et notamment dans la partie inférieure dilatée du canal thoracique. Au point d’abouchement du tronc intestinal se trouve une dilatation de forme ampullaire qui est longue de 1 Cm. 2 à 1 me. 7 et large de 2 cm. 3 à 4 cm. 5 ».
D. — M. Rouviëre reprenant l'étude du tronc intestinal met au point un certain nombre de faits nou- VEAUX : |
«Il est fréquent de voir le groupe central des ganglions mésentériques qui reçoit, en définitive, toute la lymphe du territoire mésentérique supérieur donner naissance à plusieurs canaux. Parfois l’un d'eux, plus important que les autres, représente le tronc intestinal proprement dit. Il se porte en bas et à gauche en pas-
sant ordinairement au-dessus de l’artère rénale et se termine dans le tronc lombaire gauche ».
2. — L'apport des chaînes coronaire, hépatique, splénique au tronc intestinal.
3. — Les relations possibles entre ces différents territoires lymphatiques. « J’ai décrit séparément Îles troncs collecteurs efférents des chaînes coronaire, splénique, hépatique, parce que je les ai observés sur des préparations spéciales pour chacune des chaînes, Mais il est vraisemblable aue la plupart de ces troncs se confondent, tout au moins au voisinage de leur terminaison ».
Origine du canal thoracique
Les notions classiques concernant l’origine du canal thoracique sont trop bien connues pour que nous reprenions ici tous leurs détails :
PecouxTr obsérva le premier, chez des animaux, une dilatation au niveau de la confluence des trois troncs lymphatiques principaux de l’étage sous-diaphragmatique. Il la décrivit sous le nom de receptaculum ou citerne du chyle et l’interpréta comme le début du canal thoracique.
Après PEecquer, de nombreux anatomisles discutèrent au cours des années, sur lexistence de la « cisterna chyii » :
Hexce la rencontre constamment chez les chiens mais assure que chez l’homme elle n'est pas plus fréquente que les autres dilatations,
Sapprey ne la conçoit qu’en cas de confluence des trois troncs lymphatiques.
Jossirow, dans un admirable travail, semble avoir définitivement mis au point les faits que rapportaient, de Pecouer jusqu’à lui, les différents auteurs. Puisque nous les avons signalés au cours du précédent chapitre, nous rappellerons seulement ici les enseignements principaux de JossiFow :
— origine haute ou basse du canal thoracique suivant que ce dernier se forme :
dans l’abdomen (40 %) ; dans le thorax (35 04) ;
— convergence des trois troncs lymphatiques sous-diaphragmatiques principaux (troncs lombaires droit et gauche, tronc intestinal) avec leurs manières particulières de s’unir selon les cas ;
— aspects Spéciaux de l’origine du canal thora-
cique dictés par le siège et la modalité de la réunion des troncs constitutifs.
Poirier et Cunéo utilisent presque uniquement les conclusions de Jossirow lorsqu'ils décrivent les origines du canal thoracique.
RouviÈRE lient compte,en plus, des travaux de MEckEL et de CorEriA, de ses observations personnelles.